Zind-Humbrecht 2007 : les notes du domaine

Les notes d'Olivier Humbrecht sur les vins produits par le domaine dans le millésime 2007 démontrent que le millésime n'était peut-être pas aussi facile qu'on a bien voulu le croire, et que chaque cuvée a connu une évolution propre, tant au niveau de la date des vendanges que du cycle de fermentation. Un morceau de choix publié chaque année, qui permet de comprendre le profil des vins, à l'aube de leur mise en vente. En 2007 les rieslings sont majoritairement secs, et l'indice 1 est régulièrement utilisé pour ce cépage mais aussi pour les autres. Le millésime aura donné des vins de terroir exceptionnel, tant sur le Rangen que sur le Clos WIndsbuhl, dans un style plus classique qu'en 2006.

Le millésime 2007
Domaine Zind-Humbrecht
(notes Olivier Humbrecht)

2007 est ma dix-huitième récolte, et je ne peux comparer ce millésime avec aucun des précédents. Il présente un profil climatique des plus intéressants, et a donné naissance à des vins de styles étonnants et variés...

 

Le débourrement fut extrêmement précoce, survenant dès la fin mars dans la plupart des terroirs. Mi-avril, les vignes étaient déjà bien vertes, nous faisant craindre le pire en cas de gelées. Avril et mai étaient très chauds et secs, provoquant une floraison très précoce, tout comme en 2003. La floraison fut rapide et homogène dans tous les terroirs, les grappes étaient régulières et de belle taille. En juin, juillet, et tout spécialement août, des périodes chaudes alternèrent avec des journées plus fraîches et plus humides. A la mi-juillet, la vendange était encore prévue pour la fin août, mais progressivement, avec le raisin mûrissant plus lentement dans des conditions plus fraîches, le début des vendanges fut repoussé à début septembre. L’humidité persistante et des précipitations importantes ont amené des conditions de travail difficiles tout au long de l’été. Il fallait savoir profiter de chaque période d’accalmie pour pouvoir traiter les vignes. Les préparations biodynamiques et les décoctions de plantes nous ont aidés à ne pas augmenter les doses et la fréquence des traitements. Bien évidemment, il y a eu un peu de mildiou sur les jeunes feuilles sur le haut du palissage, mais sans que cela puisse nuire à la qualité. Fin août, le temps était redevenu beaucoup plus sec et chaud, permettant aux raisins d’atteindre une bonne concentration tout en gardant une superbe acidité et un excellent état sanitaire.

La récolte sur le domaine a commencé très tôt, le 7 septembre, et le temps sec nous a permis d’étaler la vendange jusqu’à la mi-octobre et de profiter ainsi du potentiel de cet extraordinaire millésime. La pourriture noble a commencé à s’installer sur les raisins vers la fin septembre, particulièrement sur les cépages Pinot gris et Gewürztraminer.

En 2007, les raisins ont disposé d’une très longue saison de maturation, sans aucun stress hydrique ou thermique pendant l’été, et bénéficié de journées fraîches et ensoleillées en septembre et octobre. Que rêver de mieux ? Les raisins sont restés sains, marqués par une superbe acidité, mûrissant lentement et développant des arômes complexes. 2007 est assurément un grand millésime.

Plus qu’en toute autre année, il a été important de s’adapter aux conditions climatiques particulières. Les vignobles ont été labourés tôt, pour éviter une compétition excessive avec l’herbe pendant les mois secs d’avril et mai, mais lorsque les pluies sont devenues de plus en plus importantes, nous avons laissé pousser l’herbe entre les rangs pour pouvoir accéder à la vigne quel que soit le temps. Les investissements réalisés les années précédentes (chenillards plus petits et plus légers, micro-tracteurs) se sont révélés très utiles en 2007. Ces engins ne causent pas de tassement, et permettent d’entrer dans les vignes même lorsque les sols sont très glissants et fragiles. Le contrôle des maladies (particulièrement le mildiou) a été crucial. Les moisissures se développent de nuit par une humidité de 100% et au-dessus d’un certain seuil de température. Ces conditions ont été rencontrées de manière presque permanente pendant l’été 2007. Des problèmes se sont produits lorsque la cadence des traitements ne pouvait être maintenue (parce que cela aurait impliqué de travailler le week-end, ou bien très tôt ou très tard dans la journée, ou que les engins lourds ne pouvaient entrer dans les vignes après de fortes pluies). En culture biologique et biodynamique, nous utilisons la bouillie bordelaise (sulfate de cuivre) fortement diluée. Comme nous voulons limiter les doses de cuivre, la bouillie est souvent mêlée à des décoctions de plantes ou des préparations pour rendre la vigne plus résistante et lui permettre de se défendre par elle-même. Cependant, ces faibles doses nous ont parfois obligés à répéter les traitements chaque semaine.

Le fait que les raisins soient restés sains, avec une très forte acidité, nous a permis de produire des vins très secs sur le cépage Riesling. Pratiquement tout ce qui a été vendangé vers la mi-septembre a fermenté complètement sec ou presque. Nous avons presque envisagé de donner un indice 0 à certains vins (l’échelle normale va de 1 à 5, 1 étant le plus sec). Les rendements ont été un peu plus élevés que d’habitude, mais au vu de la qualité exceptionnelle, nous ne nous en plaindrons pas. La moyenne a été de 47 hl/ha en AOC Alsace et 31 hl/ha en grand cru.

2007 est encore un autre de ces millésimes passionnants qui démontre tout le bien-fondé de la culture biodynamique.

Indice: Niveau de sucrosité au palais. Cette note essaye de combiner les sucres résiduels, l’alcool, l’acidité et la structure générale du vin pour mieux en comprendre son style. Il est clair que cette perception peut varier d’une personne à l’autre et cet indice n’est là que pour éviter d’éventuelles erreurs de service du vin. Echelle de 1 à 5 : 1 : vin techniquement sec ou se goûtant sec. 2 : pas techniquement sec, mais les sucres ne sont pas apparents de façon évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une légère rondeur en fin de bouche. Ces vins se goûteront sec avec un certain vieillissement en bouteille. 3 : sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, qui s’estompera progressivement avec l’âge. 4 : vin moelleux. 5 : Vin moelleux, très proche d’une vendange tardive. Alc : alcool acquis en fin de fermentation, SR : sucres résiduels.


Pinot d’Alsace 2007 - Mise en bouteille : 9/2008,  Alcool acquis : 13.7°, SR : 2 g/l, Rendement 75 hl/ha, Optimum de dégustation: 2009/2015, Age moyen des vignes: 32 ans, Surface: 1.2 ha, Terroir: calcaire et graves, Indice 1.
Depuis 2004, ce vin est maintenant produit à partir de raisins issus des sols graveleux du Herrenweg (Auxerrois et Pinot Blanc) et des sols argilo-calcaires du Rotenberg (Auxerrois). Les deux terroirs sont en proportion égale et le cépage Auxerrois représente 70% de l’assemblage. Le Pinot Blanc est bien connu, mais l’Auxerrois reste souvent un cépage un peu mystérieux, même si très présent en Alsace. Il arrive même à certains vignerons de le confondre avec le Chardonnay, car les plants sont très ressemblants (à par un petit détail sur la feuille), mais les vins qui en sont issus sont très différents. L’Auxerrois est plus aromatique, un peu moins précoce et possède une acidité plus faible que le Chardonnay, mais il est par contre plus riche que le Pinot Blanc. Le Pinot Blanc et l’Auxerrois se complètent bien ensemble. En 2007, ces cépages ont fermenté assez rapidement pour produire un vin sec.
12/2008 : le nez est caractéristiques d’arômes fermentaires, marqué par un long séjour sur lies totales (lies de fermentations, différentes des lies fines), exprimant une belle minéralité soulignée par des arômes délicats toastés, de pain grillé, noisettes et, après un certain contact à l’air, s’ouvre sur des arômes plus fruités. La bouche est assez puissante pour ce type de vin et la finale est marquée par une structure nette, grâce à l’excellent état sanitaire des raisins. C’est un vin vraiment sec, mais qui présente une souplesse liée à son élevage et de la richesse.

Zind 2007 - Mise en bouteille : 2/ 2009, Alcool acquis 12.6°, SR: 12 g/l, Rendement : 50 hl/ha, Optimum de dégustation 2009/2019, Age moyen des vignes : 18 ans, Surface : 2.4 ha, Terroir : calcaire muschelkalk, Indice 2.
Le ‘Zind’ est classé Vin de Table depuis 2001 car il est produit en parti à partir du cépage Chardonnay qui est interdit en Alsace en vin tranquille. L’ensemble des Auxerrois (35%) et des Chardonnay (65%) qui composent ce vin sont issus du Clos Windsbuhl à Hunawihr. Le sol de calcaire muchelkalk (calcaire coquiller) et le climat tardif et frais de ce clos ainsi que sont altitude plus élevée expliquent pourquoi les raisins sont récoltés très sains et avec une belle acidité. Le Clos Windsbuhl était vendangé beaucoup plus tard que les vignes qui composent le Pinot d’Alsace mais avec une acidité bien supérieure. La fermentation était donc beaucoup plus lente, finissant sur un alcool plus bas et quelques sucres résiduels.
2/2009 : l’influence calcaire est évidente sur ce vin. Le nez présente un aspect minéral et incisif inhabituel pour ces cépages en Alsace. Une aération prolongée rendra le nez plus fruité et ouvert. Le palais est délicat et ciselé par une acidité très fine qui finit par s’ouvrir sur une certaine rondeur. A ce stade précoce, ce vin est encore en devenir et devrait s’orienter vers une définition plus fruitée au bout de quelques années de vieillissement. Un contact prolongé avec les lies explique ce caractère encore fermé et dense. Un niveau d’alcool raisonnable rend le palais très élégant et facile à boire. Les sucres sont finement présents et bien équilibrés par une belle acidité.

Clos Windsbuhl 2007 - Mise en bouteille : 9/ 2008, Alcool acquis 13.3°, SR: 1.7 g/l, Rendement : 35 hl/ha, Optimum de dégustation 2009/2019, Age moyen des vignes : 18 ans, Terroir : calcaire muchelkalk, Indice 1.
Certains millésimes, lorsque les Chardonnay du Clos Windsbuhl sont parfaitement murs et très sains, et lorsque les volumes le permettent aussi, nous vinifions une petite fraction de ce vin à part dans des pièces, sans assemblage avec l’Auxerrois. Pour ce vin, nous travaillons par gravité pour toutes les opérations, avec élevage sur lies totales jusqu’à la mise en bouteille, sans collage ou filtration et avec apport très réduits de sulfites. Nous avons donc produit 8 pièces ayant déjà contenu de 2 à 4 vins préalablement, pour ne pas trop marquer ce vin par des arômes de fûts neufs et aussi éviter des phénomènes oxydatifs liés au bois neuf. Plutôt que de bâtonner ces pièces, ce qui a pour conséquence de fatiguer les vins prématurément, nous préférons compenser par une fermentation très lente et un élevage sur lies totales jusqu’à la mise en bouteille.
12/2008 : le nez est déjà très explosif avec beaucoup d’arômes de miel, fruits mûrs (poire, pomme, pêche des vignes…) et les arômes classique issus d’une vinification lente (biscuit, noix…).Le palais révèle pleinement le caractère du Clos Windsbuhl : très sec, marqué par une superbe acidité et une forte minéralité.

Muscat Herrenweg 2007 - Mise en bouteille : 7/2008, Alcool acquis 13.9°, SR:2.2 g/l, Rendement 55 hl/ha, Optimum de dégustation : 2009-2010, Age moyen des vignes : 28 ans, Surface : 0.65 ha, Terroir : Graves du quaternaire, 80% Muscat d’Alsace et 20% Ottonel. Indice 1.
Le Muscat (Ottonel et Muscat d’Alsace à petits grains) est une famille de cépages qui préfère un climat frais en été pour conserver son fruité et des belles acidités, mais qui tirera profit d’une belle période ensoleillée pendant les vendanges, comme en 2007, pour mûrir les peaux et affiner les arômes, parfois grossiers, de ce cépage compliqué. Le Herrenweg est un terroir précoce et bien drainé, réussissant très bien les millésimes plus humides et frais en été, car en prenant plus de temps pour mûrir, les maturités phénoliques sont meilleures. La proportion de muscats d’Alsace a beaucoup augmenté car nous avons aujourd’hui une nouvelle parcelle en production. Le cépage Ottonel, moins bien structuré et mûrissant trop vite, sera à l’avenir condamné à disparaître dans les terroirs précoces d’Alsace dans l’avenir. Les raisins ont été vendangés très tôt en 2007 et parfaitement sains. La fermentation fut très rapide sans sucres résiduels. Ce vin, comme beaucoup dans ce millésime très pur, ne fut jamais soutiré pour obtenir une autolyse complète des lies. Ceci nous permet de gagner en complexité et stabilité, mais demande aussi une aération plus longue des vins lors de la dégustation.
12/2008 : le nez est de plus en plus ouvert et dévoilera toute sa panoplie aromatique dans quelques mois. Le nez est partagé entre des arômes minéraux, étonnant pour le Herrenweg, des arômes d’élevage sur lies et de fruité de muscat intense. Le palais est sec et très pur, sans pour autant être sévère. La finale est harmonieuse.

Muscat Goldert 2007 - Mise en bouteille : 7/2008; Alcool acquis : 12.8° ; SR: 6 g/l ; Rendement : 56 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2022+ ; Age moyen des vignes : 20 ans ; Surface : 0.36 ha, Terroir : calcaire oolithique exposé est, 90 % Muscat d’Alsace, 10 % Ottonel. Indice 1
Le Grand Cru Goldert a toujours eu dans le passé une grande réputation pour ses muscats, issus de la variété muscats ‘petits grains’. Ce dernier, planté dans le Goldert, acquiers surtout une grande structure, peut être au détriment d’arômes fruités immédiats, et un grand potentiel de garde. Grâce au terroir calcaire et à un climat tardif, il est possible de récolter ce cépage trop précoce tardivement, ce qui permet d’obtenir une meilleure maturité physiologique. En 2007, l’équilibre des raisins a permis une fermentation qui donne un aspect très sec au vin. A l’aveugle, ce muscat se confond assez facilement avec un riesling, tant la structure en acidité et minéralité sont importantes. La fermentation fut assez rapide et ce vin fut mis en bouteille directement des lies de fermentation, sans soutirage.
12/2008 : encore très jeune, il est nécessaire d’aérer ce vin avant dégustation. Cela permettra de révéler tout son potentiel aromatique et sa complexité. Le palais peut paraître austère, voire sévère pour un muscat, mais c’est là toute la nature du Goldert dans des millésimes complexes comme 2007. L’acidité et la minéralité prime ! Il faudra au moins 10 ans pour que ce vin s’exprime complètement.

Riesling 2007 - Mise en bouteille : 2/2009 ; Alcool acquis : 12.6° ; Sucres résiduels : 9 g/l ; Rendement: 75 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2019 ; Age moyen des vignes: 28 ans ; Surface: 1.3 ha ; Terroir: graves du quaternaire, marnes, calcaire; Indice 1
Septembre 2007 était un mois idéal pour la maturation des raisins : chaud sans excès, sec et ensoleillé avec des nuits fraîches. Le cépage riesling a pu mûrir doucement sans jamais atteindre des niveaux de surmaturité. Un excellent état sanitaire, des acidités vibrantes et une bonne maturité phénolique garantissent des Riesling de style secs, nerveux, racés et ayant une belle minéralité en 2007. Ce vin est issu principalement des vignes les plus jeunes des terroirs de graves et d’alluvions du Herrenweg de Turckheim, mais nous y ajoutons aussi quelques raisins issus de parcelles calcaires, car il faut bien arriver à remplir le fût ! Ceci explique pourquoi ce Riesling est toujours très ouvert dans sa jeunesse, mais si conservé quelques années, il pourra développer une belle minéralité. Notre désir est de pouvoir récolter une Riesling élégant et potentiellement sec. L’absence de botrytis et une maturité normale est une aide précieuse. Toutefois, la fermentation fut assez paresseuse et lente, et dura presque 9 mois.
2/2009 : ce vin est sur le point d’être mis en bouteille et est toujours sur ses lies, mais il dévoile déjà toute la complexité du millésime à travers une expression très aromatique (floral, pierres humides et minéral...). Le palais est élégant, harmonieux et très délicat en finale, conséquence d’un alcool peu élevé. Grâce à son acidité, ce vin se goûte sec.

Riesling Turckheim 2007 - Mise en bouteille : 2/2008 ; Alcool acquis : 13.2° ; Sucres résiduels : 3.5g/l ; Rendement: 58 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2022 ; Age moyen des vignes: 24 ans ; Surface: 0.7 ha ; Terroir: granite, marnes; Indice 1
Les vins de ‘Village’ sont issus d’un assemblage de parcelles situées dans un même village. Dans certains cas, ces parcelles peuvent être situées sur des très beaux terroirs, mais pour diverses raisons (âge des vignes, maturité, petite taille de la parcelle…), nous décidons de déclasser certaines d’entre elles. Le Riesling Turckheim provient de parcelles plantées entre 2001 et 1978, situées en grande partie dans le Brand de Turckheim, mais aussi d’une petite parcelle sur graves marneuses située juste en dessous du Clos Jebsal. Bien qu’étant récoltés à belle maturité, les raisins étaient incroyablement sains. Une vendange relativement précoce et un temps très sec sont aussi propices à une fermentation vigoureuse, car il y a beaucoup plus de levures actives sur les baies de raisins. Ceci explique une fermentation particulièrement vigoureuse pour ce vin.
2/2009 : ce vin est peut être le riesling le plus typique dans notre sélection en 2007. Il peut paraître encore fermé aujourd’hui, mais une aération modérée (carafage par exemple) lui apportera l’oxygène nécessaire pour lui faire révéler toute sa complexité aromatique. Le palais est classique : très sec, acidité vibrante et marquée et une longue minéralité en fin de bouche avec un certain volume. La qualité du terroir d’origine en fait un vin ayant une longueur inhabituelle.

Riesling Gueberschwihr 2007 - Mise : 9/2008; Alcool acquis : 13.1° ; Sucres résiduels: 4.8 g/l ; Rendement 68 hl/ha ; Optimum dégustation: 2010-2020 ; Age du vignoble : 33 ans ; Surface : 1.2 ha ; Terroir : Argilo-Calcaro-Siliceux, exposé est et sud. Faible pente ; Indice 1
Ce vin est issu de nos 8 petites parcelles de riesling, plantées dans les années 1970, éparpillées autour du village de Gueberschwihr au sud de Colmar. Tous les crus de cette commune sont situés sur des substrats calcaires ou argilo-calcaires, avec par endroits des petits recouvrements de grès des Vosges, provenant du massif montagneux situé au-dessus du village. Gueberschwihr bénéficie d’un climat légèrement plus tardif que le secteur de Colmar, soit une floraison et une vendange décalée d’une dizaine de jours plus tard. Cela se traduit souvent par un style de vin aux arômes plus minéraux et un corps plus corpulent. Le climat de 2007 a permis une maturité idéale des raisins, qui ont conservé de superbes acidités et surtout, a produit un vin qui a su finir presque complètement sa fermentation grâce à un parfait état sanitaire.
11/2008 : ce vin dévoile encore peu son potentiel aromatique. La structure calcaire du terroir confère des arômes minéraux, et surtout, un aspect encore fermé et austère. Toute la subtilité de ce vin réside aujourd’hui dans l’expression de la structure en bouche. Ce vin se présente sec, avec toutefois une finesse et un joli gras en finale. Il est possible de sentir l’influence très solaire de septembre sur les raisins. Encore quelques mois, et il devrait livrer tout son potentiel…

Riesling Herrenweg de Turckheim 2007 - Mise en bouteille : 2/2009 ; Alcool acquis : 13.5 ; Sucres résiduels : 9.8 g/l ; Rendement: 55 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2019 ; Age moyen des vignes : 32 ans ; Surface : 2.1 ha; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 2.
Cela peut paraître difficile à comprendre, mais le terroir du Herrenweg à Turckheim se comporte mieux lorsque l’été n’est pas trop sec ni trop chaud. Ce terroir est situé sur le cône de déjection de la rivière Fecht et est composé d’un substrat graveleux et limoneux pauvre, bien drainé, à l’extrémité de la vallée de Munster, ce qui lui confère aussi un climat très sec avec des courants d’airs desséchants. La pluviométrie importante de juin et juillet 2007 a été en fait nécessaire pour permettre à la vigne de ne pas souffrir de stress hydrique en août et septembre, beaucoup plus chauds et secs. Cela a surtout permis une très bonne maturité, pas trop précoce avec des acidités supérieures à la normale. Ce Riesling fermenta pendant 12 mois et il fut possible de le soutirer juste quelques jours avant la vendange 2008 du même terroir !
2/2009 : le nez est très typique de ce terroir, avec des arômes intenses de fruits blancs (pêche, poire), fleurs et miel d’acacia. Ce style très ouvert explique le succès de ce terroir dans le passé. Bien qu’il soit encore sur lies, le palais est déjà en train de dévoiler tout son caractère: délicat, harmonieux avec une acidité fine qui masque bien les quelques sucres résiduels.

Riesling Clos Häuserer 2007 - Mise en bouteille:2/2009, Alcool acquis : 12.5°; Sucres résiduels: 7 g/l ; Rendement: 67 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2019+ ; Vignoble planté en 1973. 100% Riesling ; Surface : 1.2 ha ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène. Coluvium de pente. Exposé est, très faible pente. Indice 1.
Le Clos Häuserer est situé au pied de la colline du Hengst, juste à la limite du Grand Cru, là où la pente s’adoucit et le sol devient plus profond. La roche de calcaire oligocène est en dessous de 60 à 100cm de marnes calcaires très riches. Ce cru bénéficie d’un climat très secs et solaire, entouré par des collines et donc protégé des vents, mais aussi capable d’extrêmes (très chaud en été et plus froid en hiver). C’était un pari risqué que de choisir le Riesling dans ce terroir, car la richesse du sol est difficile à maîtriser et cela peut donner lieu à des excès de vigueur dommageables pour la qualité, et aussi un style de vin trop vert et acide. Cependant, les moindres périodes chaudes permettent à ce terroir de compenser et d’atteindre des belles maturités. Lorsque l’année est favorable, le Clos Häuserer peut permettre le développement de la pourriture noble, mais ceci ne fut pas le cas en 2007. Les raisins étaient très sains, et malgré un potentiel alcoolique normal, la fermentation fut très lente et de ce fait ce vin resta sur ses lies de fermentation pendant 18 mois !
2/2009 : le contact prolongé sur lies de fermentation renforce le caractère minéral de ce terroir calcaire, surtout dans une année à maturation lente pour le riesling. Le nez est très typé ‘Clos Häuserer’ dans la mesure où il est encore sur sa réserve et exprime surtout des arômes de pierres, minéraux et légèrement réducteurs. Le palais surprend par sa délicatesse et son acidité très sapide. Cette fausse légèreté en fait un vin très facile à boire à table ! Ce vin se rapproche beaucoup du millésime 2001…

Riesling Heimbourg 2007 - Mise en bouteille:2/2009; Alcool acquis : 13.56°; Sucres résiduels 10.2 g/l;  Rendement : 44 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2022+; Planté en 1994 ; Surface : 1.06 ha ; Terroir : Calcaire oligocène, exposé sud sud-ouest, très forte pente. ; Indice 2
Le versant sud sud-ouest du petit lieu-dit Heimbourg (9 ha) est idéalement situé pour la culture du riesling : exposition très solaire et chaude, excellent drainage du à la forte pente et sol calcaire riche en roche et marneux en profondeur, ce qui rend les températures plus froides au niveau des racines. C’est un vignoble relativement jeune, mais planté sur une parcelle à l’abandon depuis plus de 60 ans et cultivé en bio-dynamie. De ce fait, la pousse de ces vignes et leur système racinaire sont exceptionnels. Elles se comportent comme des vignes beaucoup plus vieilles ! Un plant de vigne ne s’améliore pas avec l’âge, mais en vieillissant, le système racinaire s’enfonce plus profondément  dans le sol et par conséquent le plant devient aussi moins vigoureux et plus régulier et plus à l’abri des aléas climatiques de surface. Ceci est difficile à obtenir avec des jeunes vignes, mais dans certaines situations, surtout en coteau très raide comme ici, le plant à un développement qualitatif plus précoce. En 2007, ces raisins étaient très sains et récoltés à pleine maturité. La fermentation fut très lente.
2/2009 : ce vin est dans la continuité des millésimes précédents. Le nez est déjà très aromatique et ouvert, dévoilant des arômes de fruits, pêche, poire et miel. La minéralité de ce terroir calcaire s’exprime déjà très tôt au nez comme en bouche. Le palais est élégant et délicat. Une petite touche de rondeur est à peine perceptible, car vite dominée par une acidité très sapide. 

Riesling Clos Windsbuhl 2007 - Mise en bouteille: 9/2008; Alcool acquis : 13.1°; Sucre résiduel: 1.4 g/l ; Rendement : 49hl/ha ; Optimum de dégustation: 2015-2025+; Age moyen des vignes : 33 ans ; Surface : 0.9 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est. Indice 1
Le Clos Windsbuhl est situé en altitude (300-350m) et bénéficie d’un méso climat tardif. Il n’est pas rare de constater que la floraison se déroule 2 semaines plus tard que le Brand ! Cela impacte bien sûr la date de vendange qui est décalée d’autant de jours. En 2007, le riesling Clos Windsbuhl fut la dernière parcelle vendangée sur le domaine, le 12 novembre 2007. Les raisins étaient en parfait état sanitaire. Il n’était pas possible de trouver une grappe altérée sur toute la parcelle. Le caractère tardif du cru, mais aussi la nature pauvre du calcaire Muschelkalk et l’excellent drainage naturel ont permis ce résultat. Au vu de la floraison exceptionnellement précoce de ce millésime (tout début juin au Windsbuhl), les raisins ont donc mûri plus de 120 jours sur ce cru. Malgré l’acidité très élevée de ce vin, la fermentation fut incroyablement puissante, transformant tous les sucres.
11/2008 : le Windsbuhl n’est jamais le plus expressif des rieslings dans la jeunesse, mais en 2007, malgré une structure très sévère, il dévoile déjà aujourd’hui une puissance minérale extraordinaire de complexité, se goûte très sec et relevée par une acidité vibrante. Encore trop jeune, ce vin a vraiment besoin de s’ouvrir pour dévoiler tout son potentiel, mais il est facile aujourd’hui de trouver toute la minéralité du Windsbuhl.

Riesling Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2007 - Mise en bt: 2/2009; Alcool acquis : 13.5 °; Sucres résiduels: 2 g/l ; Rdt: 36 hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2032+; Age moyen des vignes : 45 ans ; Surface : 2.1 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. ; Indice 1.
Le terroir du Rangen est situe sur la commune de Thann, à l’extrême sud de l’Alsace, ce qui explique l’altitude plus élevée de ce terroir (350m à 450m). La proximité des montagnes et les vents de vallée importants augmentent le caractère tardif de ce Grand Cru, qui n’est compensé que tard dans la saison, quand la forte pente et les roches sombres volcaniques capturent pleinement l’énergie solaire. Ironiquement, alors que le Rangen est l’un des derniers vignobles à débourrer et fleurir, ce terroir a la capacité de rattraper son retard, voire même de dépasser en maturité des terroirs beaucoup plus précoces grâce à sa topographie extraordinaire et son sol qui bénéficie aussi de l’apport d’énergie de la rivière qui coule à ses pieds. Le Rangen fut vendangé début octobre. Les petits raisins dorés étaient parfaitement sains et très mûrs. La fermentation dura une année, ce qui est très lent pour le Rangen, mais permis d’obtenir un vin parfaitement sec.
2/2009 : le nez est tellement typique du Rangen ! Il dévoile des aromes de pierre à fusil, silex, fumée et peut paraître presque réducteur pour le dégustateur non averti. Il est encore dans une expression très brutale et aussi sec que possible. Le palais est élégant et fin, marqué par des amers nobles, des arômes fumés et grillés. La finale est longue mais sans lourdeur. Les acides sont très salifiés ce qui augmente le caractère minéral de ce vin. C’est un vin à forte personnalité.

Riesling Brand 2007 - Mise: 9/2008 ; Alcool acquis : 13.4°; Sucres résiduels : 9 g/l ; Rendement : 35hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2032 ; Age moyen des vignes : 25 ans ; Surface : 1 ha, Terroir: granite biotite exposé sud, sud-est. Forte pente. Indice 2.
Les parcelles ayant produit ce vin sont situées sur la partie dite « Steinglitz » du Brand. Ce lieu-dit est situé dans le cœur du Grand Cru, exposé plein sud et bénéficie d’une forte pente, accentuant le drainage naturel déjà élevé de ce terroir. Ce qui distingue particulièrement ce secteur est la composition de son sol. Le granite biotite est un granite composé à la fois de micas noir et blanc. Si le mica blanc est relativement inerte, car en fait composé de silice pure, le mica noir se décompose progressivement en argiles et minéraux sous l’action des micro-organismes. Les pluies drainent ces minéraux et argiles à haute surface d’échange dans les failles profondes du sol. Tant que les racines n’atteignent pas ces couches, il n’est pas possible d’affirmer que le vin possède le « vrai » caractère du Brand. L’âge des vignes, mais aussi et surtout la biodynamie, permettent aux racines d’accéder à cette minéralité plus facilement. Les raisins étaient très sains en 2007, ce qui explique une fermentation assez rapide pour ce vin.
11/2008 : le nez est aujourd’hui déjà très expressif et aromatique, très révélateur de ce terroir, avec des arômes délicats de fruits, fleurs blanches. La minéralité est plus présente en bouche avec une salinité délicate qui vient relever l’énorme potentiel aromatique de ce vin. La bouche est en parfait équilibre entre une acidité fine et un fruité délicat, marquée par quelques sucres résiduels à peine perceptibles.

Riesling Brand Vieilles Vignes 2007 - Mise: 2/2009 ; Alcool acquis : 13.4°; Sucres résiduels : 18 g/l ; Rendement : 35hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2032+; Age moyen des vignes : 57 ans ; Surface : 0.9 ha, Terroir: granite biotite exposé sud, sud-est. Forte pente. Indice 3.
Nous cultivons aujourd’hui 7 parcelles de vignes dans le Grand Cru Brand pour un total de 2.4 ha. Il serait simple de toutes les assembler, mais nous n’avons pas choisi cette option réductrice car le Brand est un terroir complexe, présentant des facettes multiples selon les variations du granite et de son interaction avec les vignes selon leur âge. Ce ‘Vieilles Vignes’ provient bien de notre plus vieille parcelle dans le Brand, mais qui est aussi la seule partie du Brand à contenir des dépôts marneux en profondeur sous la couverture de granite (Schneckelsburg). Cette particularité confère aux plants une bien meilleure résistance à la sècheresse, des maturités souvent plus élevées et une présence de botrytis plus importante, même dans des millésimes plus secs pendant les vendanges comme 2007. Ce vignoble est notre plus vieille et plus belle plantation de sélection massale de riesling sur le domaine, et par conséquent notre source de bourgeons pour greffer nos jeunes plants aujourd’hui. En 2007, la maturité fut légèrement supérieure, ce qui explique aussi une présence de sucres résiduels plus importante que tout autre riesling.
2/2009 : le nez apparaît comme déjà très ouvert, dévoilant de nombreux arômes complexes de fruits blancs et de miel. Il est impossible de détecter des sensations tactiles au nez, mais ce vin a un ‘velours’ inimitable au nez, donnant une sensation de rondeur et douceur, comme un nectar de plante. Le palais est onctueux, caressant, presque rond avec un caractère miellé qui pourrait presque paraître doux s’il n’était pas marqué par une belle acidité mûre et une grande sensation de minéralité. Le riesling le plus riche en 2007, mais peut être aussi le plus élégant !

Pinot-Gris Heimbourg 2007 - Mise en bouteille : 9/2008 ; Alcool acquis : 13.95° ; Sucres résiduels 1.9 g/l ; Rendement: 19 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2019+ ; Age moyen des vignes : 22 ans ; Terroir : marno-calcaire exposé à l’ouest ; Indice 1.
Le Pinot-Gris est planté sur la partie supérieure, exposée ouest nord-ouest du Heimbourg. Tout comme le Rotenberg, il bénéficie de conditions de développement tardives et produit des rendements faibles, car son terroir est composé de roches calcaires pauvres. Le Heimbourg fut aussi notre seul terroir à avoir été touché par le bord de la terrible tempête de grêle de mi-juin, dont l’épicentre était situé sur les communes de Bennwihr et Sigolsheim. Nous avons certainement perdu environ 40% de notre récolte potentielle en quelques minutes, mais heureusement l’orage ne toucha pas le Brand ou Jebsal. Il n’y eu pas d’influence directe sur la qualité car les raisins finissaient juste de fleurir, mais la vigne fut quand même fortement stressée. Pour éviter une récolte trop faible, nous avions décidé de récolter un peu plus tôt que d’habitude les quelques raisins restants, parfaitement sains. Le résultat est un vin complètement sec. Presque une première pour un Pinot-Gris !
2/2009 : le nez peut paraître fermé au premier abord, mais s’ouvre graduellement sur des aromes légèrement fumés, de noisette, d’amande… Le caractère ‘calcaire’ de ce terroir se traduit par une bouche vive ayant une belle minéralité, renforcé par l’aspect très sec du vin.  Ce vin est la preuve qu’une petite récolte peut contre balancer un potentiel alcoolique plus faible.

Pinot-Gris Herrenweg de Turckheim 2007 - Mise en bouteille : 9/2008 ; Alcool acquis : 15.6° ; Sucres résiduels 20 g/l ; Rendement: 51 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2019+ ; Age moyen des vignes : 16 ans ; Surface : 1 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 2
Le vignoble du Herrenweg  jouit d’un climat très précoce. Bien que situé en plaine, les températures y sont chaudes et son détachement des Vosges augmente le nombre d’heures journalières d’ensoleillement. Le sol graveleux draine l’eau en excès très rapidement, comme un terroir de coteau, ce qui explique pourquoi la pluviométrie supérieure de juillet 2007 ne créait pas de frein à la maturité des raisins dans le Herrenweg. Seules des pluies tardives, juste avant les vendanges, pourraient être néfastes et limitante par rapport à des terroirs en coteau. Le temps sec de septembre 2007 a permis de récolter le Pinot-Gris bien mûr, quelque fois avec présence de botrytis et toujours une très belle acidité. La maturité était proche de celle d’une vendange tardive, d’où l’impossibilité pour les levures de finir ce vin sec.
2/2009 : le nez est une explosion d’arômes de fruits exotiques, mangue… mélangés avec des notes classiques de toast et noix.  Le palais trahit une belle maturité mais aussi une belle élégance. La sucrosité est presque plus évidente au nez qu’au palais, car l’acidité des Pinot-Gris est élevée dans ce millésime. Ce vin est déjà bien ouvert aujourd’hui et peut être dégusté tôt.

Pinot-Gris Calcaire 2007 - Mise en bouteille : 9/2008;  Alcool acquis : 14.6°; Sucres résiduels 29 g/l ; Rendement: 54 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2025+; Age moyen des vignes : 19 ans ; Surface : 0.8 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud & sud-est. Forte pente Indice 3.
Le premier Pinot-Gris Calcaire a été produit en 2006. Nous ne savions pas comment baptiser autrement un vin issu de parcelles situées sur deux villages différents mais toutes deux situées sur un substrat calcaire ! En 2007, ce vin provient uniquement de nos parcelles de Pinot-Gris plantées entre 1988 et 1992 sur le Clos Windsbuhl à Hunawihr. Seules les vieilles vignes portent la mention du Clos. Ces raisins étaient en sur-maturité et avec une proportion significative de pourriture noble. La fermentation était presque rapide, avec seulement 3 mois d’activité,  conservant une quantité importante de sucres résiduels. Il est intéressant de comparer ce vin avec celui issu des vieilles vignes, car les deux ont atteint le même potentiel alcoolique, mais avec beaucoup moins de botrytis pour les vieilles vignes, qui est donc plus sec.
2/2009 : ce vin ne trahit pas ses origines. Le nez est déjà très ouvert, dévoilant des aromes complexes de miel, agrumes et abricots. La forte maturité des raisins et la présence de botrytis apportent un coté extravagant à ce vin. Le palais est toutefois bien équilibré en acidité, caractéristique générale du Clos Windsbuhl en 2007. Finale longue, avec un bon compromis entre richesse et structure.

Pinot-Gris Vieilles Vignes 2007 - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 13°; Sucres résiduels 85 g/l ; Rendement: 27 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2025+ ; Age moyen des vignes : 62 ans ; Surface : 0.5 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 5.
Ce vin est issu de deux petites parcelles plantées par mon grand père Emile Zind à la fin des années 1940, dont une est située dans le lieu-dit Herrenweg et l’autre est incluse parmi les vieilles vignes produisant notre gewurztraminer Wintzenheim. Toutes les deux sont situées sur un sol graveleux et bien drainé. Ces vieilles vignes étaient plantées à partir de magnifiques sélections massales. Elles ont la propriété rare de ne produire qu’un seul raisin par rameau. La récolte est toujours minuscule et concentrée (et c’est pourquoi les clones modernes ont été sélectionnés sur des critères de rendements plus importants). Ces vieilles vignes sont donc moins vigoureuses et le développement de la pourriture noble est généralement plus tardif et moins important que les vignes plus jeunes du Herrenweg, cependant en 2007, ce fut le contraire ! Ce vin est issu d’une vendange botrytisée et le résultat est un vin moelleux.
2/2009 : malgré l’indice 5, beaucoup penseront que ce vin aurait du être classé en vendange tardive. Depuis la fin de fermentation, ce vin possédait une grande élégance et une acidité fine, avec une expression aromatique de fruits blancs (pêche, abricots…). Peut être que nous voulions que ce vin soit aussi apprécié dans sa jeunesse, ce qui n’aurait certainement pas été le cas si labellisé VT ?

Pinot-Gris Rotenberg 2007 - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 14.4°; Sucres résiduels: 29 g/l ; Rendement: 26 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2022+ ; Age moyen des vignes : 26 ans ; Surface : 1.2 ha ; Terroir : calcaire oligocène exposé ouest/ nord-ouest. Forte pente. Indice 3.
Le vignoble du Rotenberg a été acquis par la famille Zind et planté au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Son altitude élevée au sommet du Hengst et son sol calcaire permettent au Pinot-Gris d’exprimer toute la finesse aromatique de ce cépage. Ces terroirs plus tardifs et a maturation lente sont de plus en plus intéressants alors que notre région se réchauffe inexorablement. Les raisins y mûrissent lentement et conservent une belle acidité. Le 2007 était sur le point d’évoluer vers une vendange tardive classique, mais nous avions préféré récolter ces raisins sans trop de pourriture noble afin d’éviter trop de sur maturation et pour pouvoir conserver la délicatesse du millésime. Bien sûr, nous sous-estimons toujours le potentiel de maturité de ce vignoble et il fut finalement vendangé très mûr.
2/2009 : le nez se situe aujourd’hui entre un style encore fermé, presque réducteur, minéral typé calcaire et un autre style beaucoup plus fruité (abricots, coings…) et miellé par l’influence du botrytis noble. Le palais dévoile des arômes classiques du Rotenberg (fumé, coings) et une structure bien équilibrée avec une acidité marquée, capable de couvrir les sucres résiduels bien présents en bouche. Ce 2007 n’est pas encore totalement ouvert, surtout dans un millésime sur sa réserve, mais il laisse paraître son potentiel dans l’intensité minérale de sa finale en bouche.

Pinot-Gris Clos Windsbuhl 2007 - Mise en bouteille : 2/2009 ; Alcool acquis : 15.3° ; Sucres résiduels: 9 g/l ; Rendement : 30 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2013-2025+ ; Age moyen des vignes : 30 ans ; Surface : 2.5 ha ; Terroir : Calcaire muschelkalk exposé sud ; sud-est, Indice 2
Le Clos Windsbuhl est notre plus grand lieu-dit en un seul tenant, sur 6 hectares, sur un sol homogène de calcaire coquiller (Muschelkalk), surplombant le village de Hunawihr et dont l’exposition tourne du sud à l’est. Les qualités de drainage naturel et l’altitude plus élevée de ce cru, donc un climat tardif, nous ont toujours fait penser que le Pinot-Gris serait capable d’exprimer pleinement le potentiel minéral de cette roche calcaire. Sur les deux hectares et demi de Pinot-Gris sur ce cru, la moitié est composée de vieilles vignes qui sont à l’origine de vin. En 2007, il y avait en fait moins de pourriture noble sur le Windsbuhl que beaucoup d’autres de nos terroirs sur d’autres villages. Le Pinot-Gris est un cépage capable d’exprimer la pourriture noble rapidement, mais le temps sec de septembre a su freiner sa progression. Les raisins de ces vieilles vignes étaient récoltés beaucoup plus sains que les parcelles plus jeunes, car moins vigoureuses et portant moins de raisins. Apres une longue fermentation de presque une année, ce vin a su terminer beaucoup plus sec que le Pinot-Gris Calcaire (jeunes vignes du Windsbuhl).
2/2009 : la fermentation était comme un film au ralenti. Souvent nous pensions qu’elle était achevée et en fait le vin repartait peu après pour conserver peu de sucre résiduel ! Le résultat est un vin puissant, exprimant une acidité vive et saline. On y retrouve des aromes toastés, feuille de thé, pierre calcaire et quelques fruits blancs… C’est un vin encore difficile à décrire car marqué par une forte complexité. Ce n’est pas un simple Pinot-Gris ‘presque ‘ sec car la finale masque presque totalement les sucres résiduels, un indice 2 peut sembler élevé.

Pinot-Gris Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2007 - Mise en bouteille 9/2008 ; Alcool acquis : 15° ; Sucres résiduels: 22.5 g/l ; Rendement: 22 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2013-2025+ ; Age moyen des vignes : 38 ans ; Surface : 2.5 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. Indice 3.
Le vignoble du Rangen jouit de conditions de culture viticole extrêmes mais aussi fortement intéressantes : altitude élevée, climat tardif, forte pente exposée plein sud, sol acide et agressif, composé de roche volcanique sédimentaire, créant des conditions de travail très dures. Ce vignoble a aussi la capacité de concentrer les raisins tard dans la saison, lorsque les chaleurs estivales sont passées. Les journées de Septembre, voire même certaines d’octobre, peuvent sembler aussi chaudes qu’une belle journée d’été. En 2007, il y eut des départs de pourriture noble de belle qualité dès le début d’octobre. Nous aurions pu récolter encore plus tard (vendange tardive ou SGN), car le temps était au beau fixe, mais les raisins présentaient un si bel aspect, avec une belle couleur ambrée sombre et un équilibre parfait entre sucres et maturité physiologique, qu’il était évident pour nous de vendanger à ce moment. La fermentation fut assez rapide, et ce vin a pu atteindre un bel équilibre,
2/2009 : le nez présente aujourd’hui une combinaison harmonieuse d’arômes de terroir (fumé, pierre à fusil) et de fruit mûrs (pêche, abricots.). Sous un premier aspect élégant et presque rond, on découvre au palais un vin puissant, encore sur sa réserve. Les sucres résiduels sont présents en bouche, mais se livrent peu grâce à une présence acide très fraîche qui allège la structure de ce vin. Le caractère de feu de ce terroir ne demande qu’à s’exprimer avec plus d’évolution.

Gewurztraminer 2007 - Mise en bouteille: 9/2008 ; Alcool acquis : 15.4° alc ; Sucres résiduels: 14 g/l ; Rendement: 45 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2019; Age moyen des vignes : 29 ans ; Surface : 2.35 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice
Comme les années précédentes, nous produisons ce vin à partir de vignes plus jeunes situées principalement dans le Herrenweg de Turckheim. Nous ajoutons à cet assemblage quelques raisins du Heimbourg et Wintzenheim pour compléter le fût et apporter une certaine complexité. 2007 était un millésime idéal pour ce cépage parfois difficile et compliqué : tout d’abord très précoce, puis une évolution de la vigne qui se prolongeait sous un climat plus frais et pluvieux en été, pour finir par un temps ensoleillé et chaud permettant une maturation exemplaire, concentrant toute la richesse de ce cépage aromatique. Avant août 2007, nous avions craint que l’année soit trop précoce, mais l’étalement de la maturation a peut être permis de produire l’un de nos plus grand millésime de Gewürztraminer.  Meilleur que 2005 ? A vous de juger…
2/2009 : Une fermentation rapide a permis d’aboutir à un vin puissant et déjà expressif. Le nez exprime les arômes classiques du cépage : litchi, fruits de la passion, rose mais aussi poivre, épices… et le tout sans vulgarité ni lourdeur. Le palais est puissant et enveloppant, ce qui est la marque du millésime 2007 pour ce cépage, et suffisamment ouvert pour être apprécié dès aujourd’hui. Une petite rondeur apporte une touche de moelleux en finale, qui est bien équilibrée par une acidité bien présente et surtout des amers nobles, marque des grands Gewürztraminer.

Gewurztraminer Turckheim 2007 - Mise en bouteille: 9/2008 ; Alcool acquis : 15.1° alc ; Sucres résiduels: 38 g/l ; Rendement: 60 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2022; Age moyen des vignes : 26 ans ; Surface : 1.5 ha ; Terroir : graves du quaternaire; Indice 3.
Les conditions de maturation étaient idéales en 2007 pour le cépage Gewürztraminer. Ce cépage a besoin d’une longue période de maturation sur souche pour affiner sa puissance aromatique, pas trop chaude au départ pour pouvoir conserver des belles acidités puis avec progressivement plus de chaleur et soleil sur la fin pour pouvoir atteindre des maturités en sucres suffisante et surtout pour mûrir les tannins souvent bien présents. Le Gewurztraminer Turckheim est entièrement issus de parcelles de moins de 40 ans dans le Herrenweg, Il a en donc les mêmes caractéristiques : sol graveleux et climat précoce, produisant un style aromatique et expressif du cépage. En 2007, les raisins composant ce vin étaient particulièrement mûrs.
2/2009 : Il n’y a pas de doute ici, il s’agit bien d’un Gewurztraminer intense et puissant, au nez explosif avec des arômes de rose et litchi puis d’épices. La puissance alcoolique est équilibrée par une certaine rondeur de bouche et surtout une acidité surprenante pour ce cépage. Dans sa jeunesse, c’est un vin de fromage, terrines ou pour lui tout seul, car il est difficile de résister à son charme. Avec un peu de patience (3 à 4 ans), il sera parfait avec des volailles ou une cuisine épicée ou fumée…

Gewurztraminer Gueberschwihr 2007 - Mise en bouteille: 9/2008 ; Alcool acquis : 14.5° ; Sucre résiduel: 26 g/l ; Rendement: 61 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2025+ ; Age moyen des vignes : 24 ans ; Surface : 0.2 ha ; Terroir : Argilo-silico-calcaire, pente faible Est ; Indice 3
Aujourd’hui, l’intégralité du gewurztraminer Gueberschwihr provient d’une toute petite parcelle située à proximité du Goldert. Une courte distance, mais un sol différent ! Le terroir calcaire est ici moins dominant et la proportion de matière organique est plus importante, ce qui explique des rendements plus élevés et moins de richesse dans les vins que dans le Goldert. On n’est plus dans le Grand Cru, mais comme les vignes ont maintenant atteint un âge respectable, nous obtenons toujours un vin très intéressant, possédant une belle complexité. En 2007, la vendange fut bien mûre, avec une petite fraction de pourriture noble et une bonne acidité. La fermentation fut longue et le résultat est un vin assez souple.
2/2009 : le nez est très aromatique et presque pas caractéristique de ce cépage, avec beaucoup d’arômes de fleurs blanches et miel d’acacia. Nous devons préciser que ce vin avait séjourné dans le fut où le riesling Brand SGN avait séjourné juste avant. Au palais, on a presque l’impression qu’une partie de ses aromes a survécue dans ce gewurztraminer. Le palais est rond mais sans excès et finit sur une structure harmonieuse. C’est un vin charmeur…

Gewurztraminer Wintzenheim 2007 - Mise en bouteille: 9/2008; Alcool acquis : 12.8° alc ; Sucres résiduels: 61 g/l ; Rendement: 51 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2025+ ; Age moyen des vignes : 50 ans ; Surface : 2.1 ha ; Terroir : graves du quaternaire et marnes calcaires ; Indice 5.
Le Gewurztraminer Wintzenheim est maintenant traditionnellement produit à partir de nos jeunes vignes situées dans le Hengst (plantées en 1985 et 1978) et de vieilles vignes situées sur un sol graveleux près du village de Wintzenheim (plantées en 1947 par mon grand père Zind). Le sol graveleux apporte richesse et souvent une présence importante de pourriture noble, alors que le sol calcaire affirme la structure du vin et augmente son potentiel de garde. Ce n’est jamais un vin aussi aromatique que le Turckheim, mais souvent vieillit mieux et développe plus d’arômes épicés. En 2007, la maturité fut élevée grâce à une présence importante de botrytis, qui a aussi contribué à influencer la cinétique de fermentation. Ce vin a un caractère proche de celui d’une vendange tardive, faisant que la fermentation s’arrête tôt, avec un alcool faible et beaucoup de sucres résiduels.
2/2009 : le nez est déjà très minéral et intense. En outre des arômes classiques variétaux de ce cépage, il développe aussi des arômes épicés, vieux cuir, encens… Le palais laisse une première sensation de délicatesse et de douceur harmonieuse. Le faible degré alcoolique rend le vin très élégant et facile à boire, sans pour autant paraître mou, car l’acidité est suffisante pour équilibrer la richesse de ce vin. La finale parait presque légère, malgré une belle longueur. C’est un très beau Gewurztraminer de dessert, avec des macarons à la rose, tarte aux litchis…

Gewurztraminer Herrenweg de Turckheim 2007 - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 15.5°; Sucres résiduels : 35 g/l ; Rendement: 41 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2022; Age moyen des vignes : 54 ans ; Surface : 2 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 3.
Il n’y a aucun doute sur le fait que 2007 présentait des conditions climatiques idéales pour la maturation du Gewurztraminer, surtout sur des sols gravelo-limoneux tels que présents sur le Herrenweg à Turckheim. Une année marquée par des stress hydriques trop prononcés se caractérise souvent par des blocages de maturité et une augmentation désagréable d’amers et de tanins non nobles. Nous préférons toujours un millésime plutôt trop humide sur ces sols bien drainés. Cependant, une période sèche et chaude, avec un soleil caressant plutôt que brûlant juste avant la récolte, caractérisera le grand millésime, et c’est exactement le scénario de 2007. Le Gewurztraminer était bien mûr, en sucre et physiologiquement, avec juste le bon dosage de pourriture noble, surtout sur les vignes les plus vieilles.
2/2009 : le nez dévoile déjà aujourd’hui des arômes intenses de fleurs (rose ancienne, géranium) et de litchi. Avec le temps et un peu d’aération, les arômes de sur-maturation (miel, amandes, rôti) et d’épices se développent et masque l’aspect variétal de ce terroir. Le palais est une simple et belle confirmation des sensations perçues au nez. Il y a une impression de minéralité en finale, qui est à la fois provoquée par des amers nobles propres à ce millésime et aussi la forte concentration de vin. La finale est longue et puissante. En 2007, le Herrenweg joue dans la cours des grands !

Gewurztraminer Herrenweg de Turckheim Vieilles Vignes 2007 - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 15.8°; Sucres résiduels : 42 g/l ; Rendement: 30 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2025; Age moyen des vignes : 61 ans ; Surface : 0.45 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 4.
En 2006, nous avions décidé de vinifier séparément certaines de nos plus vieilles parcelles dans le Herrenweg, pour une meilleure connaissance de nos parcelles. Le résultat était étonnant et très informateur. Les différences d’âge avec le Herrenweg sont infimes, et ce n’est pas quelques années d’écart qui peuvent à elles seules expliquer d’aussi grandes différences dans le vin. Nos plus vieilles vignes sont aussi situées dans la partie la plus caillouteuse et profonde des graves du Herrenweg. Le résultat est une production plus faible, plus concentrée et surtout plus complexe. Bien sur, nous nous permettons de sortir ces parcelles de notre Herrenweg classique seulement si nous sommes persuadés que le vin n’en souffrira pas. La fermentation fut rapide et puissante. Ce vin a conservé des sucres résiduels, normaux à ce niveau de maturité.
2/2009 : le nez est intense et séduisant, pas aussi ouvert que le Herrenweg classique mais plus complexe et profond. La sensation de minéralité (rare dans ce terroir) est associée à des arômes de poivre, épices, rose. La bouche est enveloppante et ronde, puissante en finale, mais sans laisser de lourdeur. Les sucres résiduels sont importants mais ne dominent pas la structure de bouche. C’est le Herrenweg au sommet de sa forme et ce n’est pas un vin pour les petites natures…

Gewurztraminer Heimbourg 2007 - Mise en bouteille: 9/2008; Alcool acquis : 14°; Sucres résiduels : 54 g/l ; Rendement : 30 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2027+; Vignoble planté en 1983 ; Surface : 1 ha ; Terroir : Calcaire Oligocène, exposé ouest, moyenne à forte pente. Indice : 5.
Situé sur la partie exposée à l’ouest du Heimbourg, et en partie basse du coteau, la plus riche, le gewurztraminer y retrouve un sol calcaire caillouteux, d’apparence pauvre mais riches en marnes argileuses. Nous avons toujours pensé qu’il serait intéressant d’avoir une parcelle de Gewurztraminer en situation très tardive, idéale pour le développement de pourriture noble et capable de garder de belles acidités. En 2007, c’est surtout grâce au soleil intense de fin août et septembre que ces raisins ont finalement atteint un très haut niveau de maturité. Octobre a permis au botrytis noble de coloniser les baies, avec modération, car le temps était très sec. Bien qu’étant capable de mûrir très vite, le Gewurztraminer a besoin d’une longue période de maturation pour affiner la qualité aromatique des peaux de raisin. La fermentation était ici lente et conserva une importante sucrosité dans le vin.
2/2009 : les arômes sont typiques d’une vendange tardive, avec toutefois suffisamment d’influence florale pour rappeler le cépage et surtout que nous sommes dans un terroir délicat. Encore marqué par des notes d’élevage (torréfaction, grillé, rôti) ce Heimbourg devrait encore s’ouvrir. Le palais est presque une surprise, car le nez ne laisse pas deviner une aussi grande richesse et douceur. La finale est élégante, ronde et fraîche. A nouveau, on retrouve l’harmonie typique de ce millésime.

Gewurztraminer Clos Windsbuhl 2007 - Mise en bouteille: 2/2009; Alcool acquis : 12.4° alc ; Sucres résiduels: 74 g/l ; Rendement : 52hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2032 ; Age moyen des vignes : 37 ans ; Surface : 0.9 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est ; Indice 5.
Le Clos Windsbuhl est caractérisé par un climat tardif, moins chaud et précoce que Turckheim. Comme le Gewurztraminer est un cépage qui a besoin d’un peu plus de chaleur et soleil, surtout en fin de saison, nous avons toujours un peu peur que la maturation soit difficile à atteindre dans ce cru. Heureusement, c’est en vain ! L’exposition idéale, aidée par un sol calcaire rocailleux et peu profond, permet de compenser ce climat tardif. En fait, cette maturation plus tardive et qui se prolonge souvent tard (le Clos Windsbuhl est souvent l’un des derniers Gewurztraminer récolté sur le domaine) permet au raisin de développer une grande complexité et intensité aromatique tout en conservant une structure délicate. En 2007, les raisins étaient partiellement botrytisés et très mûrs, mais le Clos Windsbuhl est aussi le vin ayant la plus forte acidité (avec le Rangen !). La fermentation était languissante et on retrouve donc une grande quantité de sucres résiduels dans le vin, avec un alcool faible, conséquence d’une forte acidité.
2/2009 : le nez est déjà incroyablement ouvert et aromatique. Il est à peine croyable que ce vin est issu du Windsbuhl, tant les arômes floraux et de fruits sont intenses (rose, litchi, jasmin, géranium…). Cela pourrait presque paraître excessif si en bouche on ne retrouvait pas cette race et structure caractéristique de ce terroir. L’acidité est vive pour ce cépage, mais normale pour un Windsbuhl. C’est elle qui allège la finale de bouche et permet de laisser une sensation d’élégance. Une VT ? Presque…

Gewurztraminer Goldert 2007 - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 15° alc ; Sucres résiduels : 47 g/l ; Rendement : 49hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2025+; Age moyen des vignes : 24 ans ; Surface : 0.6 ha ; Terroir : calcaire oolithique exposé est, faible pente. Indice 4.
En l’observant de loin, le Grand Cru du Goldert paraît presque trop discret. En fait il ne s’impose pas parmi les crus les plus ‘en vues’ d’Alsace. Son exposition vers le levant et sa faible pente ne donne pas un aspect dramatique à ce cru. Pour moi, c’est un Grand Cru de type ‘Bourguignon’, car l’exposition et la pente n’y sont pas importante, mais c’est bien son sol, sa terre de calcaire  pur qui font du Goldert un très beau terroir. Grâce à son climat tardif et peu propice au développement de pourriture précoce, ce terroir est aussi capable de produire des vins de sur-maturité. En 2007, le botrytis se développa début octobre avec suffisamment d’intensité pour que nous ayons pu faire, pour la première fois, une sélection de Grains Nobles en plus de ce vin. Ce vin est donc issu d’une sélection un peu plus saine, mais quand même très mûre, donnant naissance à un vin puissant.
2/2009 : le nez montre sans détours toute la minéralité de ce cru. C’est le premier Gewurztraminer dans cette série qui est maintenant dominé par les épices, le cuir, le poivre, les arômes de vinification (lies) et la race de son terroir, capable d’éclipser les arômes variétaux de ce cépage. A ce stade, le nez est encore plus fermé que la bouche, qui est plus puissance et longueur pour le moment. Les sucres résiduels se ressentent plutôt comme une sensation physique de densité que vraiment de sucrosité. Ce vin a encore beaucoup de choses à raconter dans le futur, donc, patience !

Gewurztraminer Hengst 2007 - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 15.8° alc ; Sucres résiduels : 26 g/l ; Rendement : 29 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2032+ ; Age moyen des vignes : 56 ans ; Surface : 1.42 ha ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène, exposé sud sud-est, pente moyenne à forte. Indice 3.
Mon grand-père Emile Zind a commencé à faire du vin dans le Hengst dans les années 1940. C’était toujours un de ses vignobles préférés, surtout et uniquement pour le Gewurztraminer, et cette inclinaison est restée la même encore aujourd’hui pour nous tous. Aujourd’hui, rentrent dans le Hengst un vignoble planté par Emile Zind en 1957 et un autre acquis par mon père en 1978, mais planté bien avant la deuxième guerre mondiale. Ces deux parcelles sont situées en milieu de coteau, sur un sol marno-calcaire et jouissant d’un climat chaud et sec. Sans la présence de marne, très minéralisée, ce terroir serait peut être trop chaud et le vin manquerait de structure, et malgré un climat précoce, les raisins ont besoin de beaucoup de temps pour bien mûrir. Ces conditions sont difficiles à trouver de par le monde, et c’est bien ce qui explique pourquoi ce cépage a trouvé en Alsace les meilleures conditions de croissance possible. 2007 a aussi permis le développement d’une superbe pourriture noble, que nous avons sélectionné pour produire une première SGN dans le Hengst. Ce vin est donc issu d’une sélection plus saine de raisins, et donc explique la fermentation plus rapide et intense, laissant moins de chance aux sucres résiduels (et c’est typique du Hengst !).
2/2009 : tout est dit au nez: ce n’est pas un vin varietal, mais au contraire un Hengst, plein d’expression minérale et épicée. Ce terroir ne laisse pas au vin l’occasion d’être expressif dans sa jeunesse, mais le palais est puissance et raffinement, et surtout très long. Les arômes sont dominés par la minéralité et la sucrosité est quasiment négligeable. Ce vin pourrait paraître trop puissant s’il n’était pas aussi bien équilibré par une belle acidité mûre.

Gewurztraminer Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2007 - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 16.4°; Sucre résiduel: 22 g/l ; Rendement: 32 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2032+ ; Age moyen des vignes : 44 ans ; Surface : 0.5 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. Indice 3.
Lorsque mon père avait commencé à cultiver les vignes au Rangen de Thann en 1977 (premier millésime en 1978), il doutait du bien fondé de ce cépage dans ce terroir très tardif. La forte pente et l’exposition plein sud laissent croire à un climat très chaud, ce qui est vrai en fin de saison, mais l’altitude élevée et la présence de vents plus froids, liés à la proximité du massif des Vosges, font que le débourrement et la floraison sont toujours décalés de 2 semaines par rapport à nos vignobles les plus précoces. Heureusement, la roche sombre volcanique agit pleinement en octobre et permet d’atteindre des maturités élevées pour ce cépage. Toutefois, le Gewurztraminer est très frileux, et c’est pourquoi il se cantonne à proximité immédiate de la rivière Thur. Là, le botrytis y est aussi le plus intense, et qui explique une présence de pourriture noble plus importante que dans les autres cépages plantés au Rangen, plus dispersés dans le coteau. Botrytis intense, mais pas suffisant pour atteindre le stade VT, enfin presque…
2/2009 : voici un autre exemple de Gewurztraminer qui n’a plus le goût d’un Gewurztraminer, tant l’influence du cru est importante. Le nez est marqué par des arômes de rôti, fumée, pierre à fusil et épices. Encore austère à ce stade ! Le palais ne peut bien sur pas être confondu avec un autre vin. La richesse et la puissance sont typiques de ce cépage (et ne seraient pas agréables si associées à un Riesling ou Pinot-Gris !), quoique équilibrées par une incroyable acidité. Une fermentation puissante laissa en fait peu de sucres résiduels, encore plus masqués au palais par des amers nobles et une forte minéralité. Ce vin cache sa rondeur derrière une bouche stricte et puissante. Il faut vraiment encore attendre pour l’apprécier…

Pinot-Gris Herrenweg de Turckheim 2007 Vendange Tardive - Mise en bouteille : 9/2008 ; Alcool acquis : 15.3° ; Sucres résiduels 68 g/l ; Rendement: 37 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2022+ ; Age moyen des vignes : 16 ans ; Surface : 1 ha ; Terroir : graves du quaternaire.
Ce vin était l’un des premiers à être vendangé en 2007 ! Certes, vendange tardive ne veut pas toujours signifier récolté tard, mais plutôt que les raisins ont atteint un niveau vérifié de maturité en sucre. Si le vignoble est très précoce, ce qui est le cas des graves du Herrenweg, et que la conduite du vignoble permet une petite récolte, aidée par une culture en bio-dynamie favorisant une maturité homogène, il est alors possible de récolter très mûr, très tôt, sans attendre des périodes de glaciation après Noël… Le Herrenweg n’aura jamais la minéralité ni la race d’un cru de coteau plus prestigieux, mais cette vendange précoce apporte une jeunesse et fraîcheur qui en font un vin très agréable à déguster. Pour une fois, j’encourage à oser boire jeune !
2/2009 : classique Pinot-Gris en VT ! Le nez est fruité, pleins d’arômes de miel, abricot, gelée de coings et invite à la dégustation. C’est un vin sans détour, annonçant en toute honnêteté et avec élégance de quoi la bouche sera composée. Les sucres résiduels sont harmonieux, et la puissance de ce vin évite à la bouche d’être molle. On retrouve le caractère précoce du terroir à travers une acidité fraîche. C’est une très belle introduction au monde des vendanges tardives.

Pinot-Gris Clos Jebsal 2007 Vendange Tardive  Mise en bouteille : 2/2009; Alcool acquis : 11.8° ; Sucres résiduels: 95g/l ; Rendement : 36 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2032+; Age moyen des vignes : 24 ans ; Surface : 1.3 ha ; Terroir : Marnes grises et Gypse. Exposé sud, terrasses et forte pente.
Le Clos Jebsal est certainement notre terroir le plus contrasté. Il est situé dans un climat très chaud et peut être le plus précoce d’Alsace, ayant une exposition plein sud, tout sur terrasses, mais le sol est constitué de marnes riches et profondes, mélangées à un substrat calcaire de gypse. Ce sol froid, se réchauffant lentement, agit en contraste du climat de la parcelle. Cela permet de pouvoir laisser les raisins longtemps sur pieds et donc de laisser la pourriture noble se développer intensément. Nous avons maintenant admis, depuis longtemps, que le Clos Jebsal trouve son lien au terroir par l’expression de la pourriture noble, et donc de raisins récoltés en sur-maturation, et cela quelque soit le millésime. En 2007, l’influence du botrytis était tellement importante, que nous avons en fait réalisé trois sélections sur ce Clos : cette vendange tardive et deux SGN, dont une Trie Spéciale. Ces vins sont souvent délicats à vinifier, mais la pureté du millésime et les belles acidités ont rendu le travail des vinifications très facile. Tous les vins se sont arrêtés avec un parfait équilibre.
2/2009 : le nez est déjà très élégant, dévoilant des arômes de pêche des vignes, vanille, miel d’acacia, rôti du botrytis, fumé et beaucoup de fruit. Il paraît certainement encore fermé en bouche, ce qui est normal, et la pureté du botrytis n’offre aucun défaut. La minéralité de ce cru arrive à percer en finale, car le milieu de bouche est assez surprenant. L’alcool très faible donne une structure proche de celle d’une SGN. Ce vin est plus dans le registre de la délicatesse que la puissance.

Pinot-Gris Clos Jebsal 2007 Sélection de Grains Nobles - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 9.5° ; Sucres résiduels: 227g/l ; Rendement : 15 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2037+; Age moyen des vignes : 24 ans ; Surface : 1.3 ha ; Terroir : Marnes grises et Gypse. Exposé sud, terrasses et forte pente.
CE vin est issu de la deuxième sélection de grains noble réalisée sur ce terroir.  La première est la plus riche (Trie Spéciale), mais celle-ci est plus proche des grands Jebsal SGN classiques. Ce petit Clos est capable de produire les vins les plus riches possibles, mais ce 2007 représente pour moi l’équilibre idéal d’une SGN en Alsace. La pureté du botrytis a permis d’éviter tous les faux goûts et problèmes de vinification. La concentration est importante, mais pas excessive, ce qui permet aux acides, importants, d’équilibrer la richesse. La fermentation fut suffisamment rapide pour pouvoir embouteiller ce vin au bout d’un an. L’alcool acquis est faible, ce qui est normal pour un vin de cette richesse et équilibre d’acidité. Ce vin devrait être capable de vieillir superbement.
2/2009 : les arômes minéraux (pierre mouillée) se mélangent avec des arômes beaucoup plus fruités (pêche, abricot..). Le botrytis est très pur dans ce vin et le caractère miel/cire d’abeille n’est pas agressif, bien au contraire, il apporte une grande complexité. L’alcool faible (normal à ce niveau de concentration) rend la finale délicate et délicieusement douce. Cette grande sucrosité est bien sur bien encadrée par une acidité ferme, qui apporte de la vivacité, indispensable dans ce type de vin.

Pinot-Gris Clos Jebsal 2007 Sélection de Grains Nobles Trie Spéciale - Mise en bouteille : ?; Alcool acquis <6°; Sucres résiduels: >400g/l (potentiel récolte : 234° Oechslés ou 35% alc); Rendement : 8 hl/ha ; Optimum de dégustation: Dieu seul le sait ! Age moyen des vignes : 24 ans ; Surface : 1.3 ha ; Terroir : Marnes grises et Gypse. Exposé sud, terrasses et forte pente.
Le beau botrytis se développe tard en Alsace, mais en premier sur les plus beaux raisins. C’est pourquoi les premières tries sont en général les plus riches, ce qui est le cas de vin. Cette ‘Trie Spéciale’ est issue de la première sélection récoltée sur le Clos Jebsal en 2007, et de loin la plus riche. Lorsqu’une SGN dépasse les 200° Oechslés (ou 30° potentiels), nous l’appelons ‘Trie Spéciale’, car le profil du vin est différent.  A ce stade de maturité, les sucres et acides sont tellement importants que les levures survivent à peine dans ce milieu hautement agressif et par conséquent les fermentations peuvent durer des années pour atteindre des niveaux très faibles. Ces vins sont mis en bouteilles 3 à 4 ans après la récolte, car ils prennent aussi beaucoup de temps à se clarifier. Ces vins ne s’obtiennent que dans les très grands millésime à botrytis et dans les grands terroirs, seuls capables d’avoir une structure pour porter cette richesse. Est-ce que cela a un sens de produire ces vins ? Probablement pas, mais ils sont éternels et quiconque les goûtera un jour dans le futur fera revivre une partie de notre histoire.
2/2009 : ce vin a seulement été soutiré début 2009 et restera en élevage encore 2 ans… A suivre, mais déjà fascinant!

Pinot-Gris Clos Windsbuhl 2007 Sélection de Grains Nobles Trie Spéciale - Mise en bouteille : ?; Alcool acquis <6°; Sucres résiduels: >350g/l (potentiel récolte : 217° Oechslés ou 32% alc); Rendement : 8 hl/ha ; Optimum de dégustation: dans beaucoup d’années…; Age moyen des vignes : 30 ans ; Surface : 2.2 ha ; Terroir : Calcaire muschelkalk exposé sud ; sud-est.
Depuis la reprise de ce terroir en 1987, nous avions vite réalisé qu’il était capable de produire des vins très secs, mais aussi, dans certains millésimes, des vins de grande concentration, grâce à son caractère tardif. Le calcaire pauvre du Windsbuhl et son climat moins solaire permettent aux raisins de conserver des acidités vives, aussi nécessaires pour la production de vins de sur-maturité. Dans tous les styles, sec, moelleux ou liquoreux, le Windsbuhl conserve sa race et son caractère. Le millésime est certainement le critère décidant à la fin du style des vins. Si en 2007, les Riesling étaient parfaitement sains, les Pinot-Gris avaient pu développer suffisamment de pourriture noble pour pouvoir réaliser une trie. Nous avions seulement réalisé une seule sélection, et même si nous espérions une belle concentration, le résultat fut étonnant, avec une maturité de 217° Oechslés (ou 32% alcool potentiel). La fermentation avait une cinétique identique à celle du Clos Jebsal Trie Spéciale et les deux vins avaient été soutirés le même jour, début janvier 2009. Comme nous mettons aujourd’hui le 2005 en bouteille, ce vin devrait rester encore longtemps en cave…
2/2009 : que peut on dire aujourd’hui sur ce vin ? C’est encore un jus de botrytis, marqué par une acidité et richesse incroyable…
A attendre encore longtemps…

Gewurztraminer Goldert 2007 Sélection de Grains Nobles - Mise en bouteille : 2/2009; Alcool acquis : 9.5 alc ; Sucres résiduels : 255  g/l ; Rendement : 15hl/ha ; Optimum de dégustation: 2017-2037+; Age moyen des vignes : 24 ans ; Surface : 0.6 ha ; Terroir : calcaire oolithique exposé est, faible pente.
C’est une constante, 2007 est un superbe millésime pour ce cépage, et comme le climat a permis un développement de pourriture noble de superbe qualité, il est normal qu’il ait été possible de récolter des SGN en Gewurztraminer. Ce qui nous a par contre beaucoup plus surpris, est de pouvoir atteindre ce stade de maturité rare dans deux terroirs où nous n’avions pas encore eu la possibilité d’en faire : Hengst et Goldert. Les vendanges tardives sont fréquentes sur le Goldert, mais pour atteindre le stade SGN, il faut vraiment que la pourriture noble soit intense et que les conditions climatiques soient parfaites pour prendre le risque de laisser les raisins sur pieds aussi longtemps. Le fait qu’en 2007 le botrytis était homogène et très développé, nous avons eu suffisamment de raisins à trier sur notre petite surface pour obtenir ce vin. Le temps était au beau fixe mi octobre, nous avions donc décidé de trier dans le Goldert, et nous n’avons aucun regret! Le résultat dépassa nos espérances et la récolte était d’une finesse et richesse incroyable.
2/2009 : ce vin était très fermé en 2008, mais il est s’est progressivement ouvert sur une intensité aromatique épicée et fumée. Les arômes de rose et fruits arrivent au bout d’une certaine aération, mais c’est surtout une minéralité intense qui domine les arômes de ce vin. Il est difficile de décrire ce vin tant il est composé d’arômes divers, allant du miel, à la cire d’abeille, pot pourris, jasmin… Le palais est très onctueux et riche, sans être puissant. La sucrosité est importante, mais à nouveau les amers nobles et l’acidité caractéristique de 2007 est là pour assurer un équilibre sans faille.

Gewurztraminer Hengst 2007 Sélection de Grains Nobles - Mise en bouteille : 9/2008; Alcool acquis : 10.4° alc ; Sucres résiduels : 247 g/l ; Rendement : 8 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2017-2037++ ; Age moyen des vignes : 56 ans ; Surface : 1.42 ha ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène, exposé sud sud-est, pente moyenne à forte.
Depuis de nombreuses annees, nous avions rêvé de pouvoir produire un SGN dans ce terroir. Le Hengst représente le caractère ultime du Gewurztraminer épicé et minéral, et il me semble que ce cépage a été créé pour ce terroir. La colline du Hengst est exposée au soleil et le climat y est très sec. Le botrytis se développe très tard dans ce cru et souvent avec une faible ou moyenne intensité, suffisant pour des vendanges tardives, mais pas assez, à notre opinion, pour des SGN, avant le millésime 2007 ! Pour les mêmes raisons que dans le Goldert, nous avions décidé de trier les raisins botrytisés dans nos deux plus vieilles parcelles. Nous insistons toujours pour qu’une SGN ne soit pas faite au détriment de la qualité du vin ‘classique’. Il faut que le restant de la parcelle soit suffisamment mûr pour que nous prenions la décision de trier. Les vignes sont très vieilles, les raisins petits et ne laissent développer la pourriture noble que très tard, et bien sur, ce terroir permet de conserver des belles acidités. Toutes les conditions sont donc réunies pour obtenir un grand vin liquoreux. La sélection fut sévère, mais nous étions quand même surpris par la richesse des jus en sortie de pressoir. La fermentation était typique du Hengst, à savoir très vigoureuse pour une SGN.
2/2009 : ce vin est maintenant en bouteille depuis quelques mois et a su développer des arômes délicat de rose ancienne, jasmin, fleurs, épices, safran… La délicatesse et pureté du nez est étonnante et ne laisse en rien révéler l’avalanche aromatique et la puissance du vin en bouche. Le Hengst démontre qu’il est capable de dominer une grande richesse en sucres en plus de pouvoir écraser les arômes variétaux de ce cépage. Ce n’est pas un vin de dessert, cela reste du Hengst…

Olivier Humbrecht