Zind-Humbrecht 2006 : les notes du domaine

Cette année encore, les cinq pages de documentation du domaine Zind-Humbrecht constituent un morceau de choix pour l'amateur de vins d'Alsace. La description du millésime 2006 suivi par des commentaires techniques, géologiques et oenologiques sur chacune des cuvées indique comment chaque terroir a réagi au climat délicat de fin septembre 2006, et commente le résultat en bouteille. La lecture attentive des commentaires montre une fois de plus la réussite magnifique des vins du Clos Windsbuhl, terroir parmi les plus grands de la région, qui sera à l'honneur le 5 juillet prochain, ainsi que du Grand Cru Rangen qui s'exprime de manière exacerbée dans le nouveau millésime.

Le Millésime 2006

Domaine Zind Humbrecht

(notes du domaine)

 

  Un autre millésime, et à nouveau une année sans comparaison possible avec le passé ! 2006 se distingue par des conditions climatiques extrêmes, ayant façonné des vins au caractère affirmé et de styles variés, reflétant les caractéristiques spécifiques de chaque terroir. Fin septembre 2006, les raisins possédaient une avance de maturité importante sur le millésime 2005 tout en ayant des acidités encore supérieures. Tout annonçait un très grand millésime, mais les pluies importantes de fin septembre ont contrarié nos nombreuses ambitions. Seule une viticulture soignée et attentionnée, détachant le plant de vigne des contraintes climatiques du moment, a donné la possibilité au vigneron d’attendre le retour du beau temps en octobre et de récolter des raisins de grande qualité. Avril et Mai étaient des mois humides et froids, alors que Juin et Juillet ont battu des records de chaleur et étaient très secs. Cela a provoqué un développement précoce et rapide de la vigne. Fin Juillet, les vendanges étaient prévues aussi tôt qu’en 2003 ! Grâce aux pluies importantes de printemps, les vignes n’avaient pas souffert de sècheresse et août fut à nouveau très humide et frais, garantissant des acidités élevées et une absence de stress hydrique. Début septembre, les raisins étaient en avance de maturité sur 2005 et cette avance se conserva jusqu’à fin septembre, surtout pour le cépage riesling, principalement à cause de chaleurs régulières tout le long du mois (septembre 2006 est le 2ème plus chaud des dix dernières années). Un petit passage pluvieux le 17/18 septembre, anodin pour beaucoup, provoqua en fait des éclatements de baies importants sur le vignoble Alsacien. Ces fissures, visibles à l’œil nu, permirent par la suite au botrytis de pénétrer les baies de raisin. Ce phénomène, incroyable de rapidité, fut accentué par le fait que fin septembre fut chaud et humide, avec des passages pluvieux quelquefois importants (24/25 septembre : 25mm et 1er-3 octobre : jusqu’à 70mm). A partir du 4 octobre, le temps était magnifique avec ciel bleu et nuits froides. Un temps idéal pour les vendanges. Tous les cépages ont une acidité élevée et des pH relativement bas, même pour les gewürztraminers. La maturité est bonne, voire très élevée, pour tous les cépages et terroirs, grâce à une floraison homogène, rapide et précoce. Le botrytis se développa rapidement fin septembre et colonisa les baies de raisins, provoquant de graves problèmes de pourriture grise mais à aussi permis la production de VT et SGN extraordinaires. La pourriture grise est évitée lorsque le terroir possède une bonne capacité de drainage (pente, nature du sol), quand les racines ne sont pas superficielles (grâce aux labours, enherbements et fortes densités de plantation) et que le sol est couvert de végétaux pour absorber l’eau avant la vendange. Au niveau de la vigne elle-même, une faible vigueur et une bonne aération du plan de palissage permettent aussi d’éviter les moisissures. Il ne fait aucun doute que les pluies intenses du 3 et 4 octobre ont créé une pression élevée de la maladie qui a précipité les vignerons à récolter précocement. Il est probable que les pluies tardives du mois d’août ont provoqué une libération d’azote tardive en septembre, qui a, à son tour, provoqué un surcroît de vigueur de la vigne et une évolution vers la pourriture grise. Le choix du type de fertilisation fut crucial en 2006. Les apports de compost de qualité en petite quantité étaient à privilégier sur l’azote chimique, ce dernier se libérant trop facilement avec les pluies. A partir du 4 octobre, l’installation d’un climat plus frais et sec a permis une évolution vers la pourriture noble dans les grands terroirs. Les terroirs précoces comme le Herrenweg ont été récoltés très rapidement fin septembre, les crus et surtout les meilleurs terroirs, étaient récoltés entre le 8 et le 12 octobre. L’attente s’avéra bénéfique. Le rendement moyen du domaine est de 38.5hl/ha (41hl/ha pour les AOC Alsace et 24hl/ha pour les Grands Crus). 2006 est pour nous un millésime passionnant, prouvant une fois de plus le bien-fondé de l’agriculture biodynamique une fois de plus.    

  Indice: Niveau de sucrosité au palais. Cette note essaye de combiner les sucres résiduels, l’alcool, l’acidité et la structure générale du vin pour mieux en comprendre son style. Il est clair que cette perception peut varier d’une personne à l’autre et cet indice n’est là que pour éviter d’éventuelles erreurs de service du vin. Echelle de 1 à 5 : 1 : vin techniquement sec ou se goûtant sec. 2 : pas techniquement sec, mais les sucres ne sont pas apparents de façon évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une légère rondeur en fin de bouche. Ces vins se goûteront sec avec un certain vieillissement en bouteille. 3 : sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, qui s’estompera progressivement avec l’âge. 4 : vin moelleux. 5 : Vin moelleux, très proche d’une vendange tardive. Alc : alcool acquis en fin de fermentation, SR : sucres résiduels.
 

Pinot d’Alsace 2006 Mise en bouteille :7/2007,  Alcool acquis : 13°, SR : 2 g/l, Rendement 79 hl/ha, Optimum de dégustation: 2008/2010, Age moyen des vignes: 31 ans, Surface: 1.2 ha, Terroir: calcaire et graves, Indice 1 Dans la continuation des millésimes 2004 et 2005, 2006 est issu du même assemblage de cépages (Auxerrois 70% et Pinot Blanc 30%) provenant  du Herrenweg à Turckheim et du Rotenberg à Wintzenheim. En Alsace, l’Auxerrois est le plus souvent vendu sous la dénomination Pinot ou Pinot Blanc, le Pinot Blanc vrai étant souvent utilisé pour la production de vins effervescents. L’Auxerrois est un cépage intéressant, ampélographiquement très proche du Chardonnay, à l’exception d’un détail de la feuille de vigne. Les raisins sont par contre beaucoup plus aromatiques et structurellement moins riches en acides. C’est un cépage qui mûrit facilement en Alsace et peut présenter dans des terroirs chauds un manque d’acidité. C’est pourquoi nous l’assemblons avec le Pinot Blanc, plus acide, et aussi l’avons planté dans un terroir calcaire tardif, réputé pour la fraîcheur de ses vins : le Rotenberg. La fermentation rapide de ce vin a conduit à un équilibre sec et une mise plus précoce que d’habitude.1/2008: le 2006 est un pinot d’Alsace classique. Le nez développe des arômes fruités et de beurre frais. Le palais est sec mais finit souple et sans aspérités, donnant une sensation de rondeur. C’est un vin de plaisir, facile à comprendre, capable d’être associé à beaucoup de plats sans complication. 

Zind 2006 Mise en bouteille :7/ 2007, Alcool acquis 12.5°, SR: 3 g/l, Rendement : 59 hl/ha, Optimum de dégustation 2008/2012, Age moyen des vignes : 24 ans, Surface : 2.4 ha, Terroir : calcaire muschelkalk, Indice 1 Depuis 2004, nous vinifions ensemble les Chardonnay (65%) avec les Auxerrois (35%) plantés dans le Clos Windsbuhl. Ces vignes étaient plantées en 1988, juste après l’acquisition de ce terroir, et nous pensons que 16 ans après elles avaient enfin atteint la maturité nécessaire pour être récoltées séparément et exprimer le caractère du terroir. A Hunawihr, le raisin mûrit beaucoup plus lentement qu’à Turckheim, et conserve ainsi une acidité plus importante mais acquière aussi des arômes plus complexes. Le potentiel de maturité à la récolte était normal, nous permettant de produire un vin complètement sec et agréable. Il aurait aussi été dommage d’attendre pour récolter plus tard, car les pluies annoncées de fin septembre auraient certainement altéré la vendange. Le Zind fermente et est élevé en foudres traditionnels, sans bois neuf, et sur lies totales. Cet assemblage a du sens pour nous, car il nous permet de conserver une fraîcheur et une acidité nécessaire pour ce style de vin.1/2008: le nez dévoile l’influence calcaire du Clos Windsbuhl. La minéralité et la salinité sont plus importantes, le fruité est en retrait au profit d’arômes plus complexes. Le palais est élégant, même s’il est peut être un peu plus léger que des millésimes précédents (2005/2003). Le résultat est un vin équilibré, ayant un alcool modéré, le rendant très digeste. 

Muscat 2006 Mise en bouteille : 7/2007, Alcool acquis 12.6°, SR:3.9 g/l, Rendement 62 hl/ha, Optimum de dégustation : 2008-2010, Age moyen des vignes : 51 ans, Surface : 0.36 ha, Terroir : Graves du quaternaire, 30% Muscat d’Alsace et 70% Ottonel. Indice 1. Ce Muscat est en fait issu de notre vignoble du Herrenweg. Les vignes sont très vieilles et composées de 2/3 Muscat d’Alsace (petit grain) et 1/3 de Muscat Ottonel.. Le Muscat Ottonel est une variété beaucoup plus précoce, et nous pensons qu’elle sera de plus en plus inadaptée au climat d’Alsace en phase de réchauffement. En 2005, nous avons planté un petit vignoble à 100% petit grain, dans le but de diminuer la proportion d’Ottonel dans le futur. Le Muscat ‘petit grain’ est classiquement cultivé dans le sud de la France et est aujourd’hui très bien adapté à notre climat. La maturité est plus lente et en conséquence, les raisins conservent une meilleure structure et acidité. Cet un cépage qui doit être récolté à bonne maturité pour exprimer toutes ses qualités. En 2006, au vu de l’évolution climatique de la fin septembre, nous avons décidé de le déclasser en ‘Muscat’, car assez fermé et moins expressif que d’habitude.1/2008: ce cépage est souvent imprévisible. Juste après la mise en bouteille, ce vin se refermait et ne développait aucun arôme typique du cépage et terroir. Après quelques mois, il est enfin possible de discerner des arômes fruités et floraux classiques du Muscat. Le palais est marqué par le millésime : minéral et sous bois, avec une finale sec de puissance moyenne. Il s’ouvre de plus en plus, nous faisant presque regretter le déclassement en Muscat… 

Muscat Goldert 2006 Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 13.5° ; SR: 7.9 g/l ; Rendement : 59 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2015 ; Age moyen des vignes : 28 ans ; Surface : 0.23 ha, Terroir : calcaire oolithique exposé est, 90 % Muscat d’Alsace, 10 % Ottonel. Indice 1 Le Goldert est situé dans un climat plus tardif. Le sol calcaire et la pente douce exposée à l’Est accentue la maturation tardive des raisins. Les vins sont souvent marqués par une acidité plus importante et un profil aromatique plus complexe, même s’ils sont plus fermés dans la jeunesse. La pente facilite un meilleur drainage, élément important en 2006, ce qui nous a permis d’attendre un peu plus pour récolter ces raisins. Le Goldert est donc significativement plus riche et la fermentation, conséquence directe, dura une année entière.  Les sucres résiduels sont faibles pour la maturité de départ, et l’acidité bien présente équilibre la richesse du vin.1/2008: d’habitude le Goldert est moins expressif que le Herrenweg dans la jeunesse. En 2006, c’est presque le contraire. Ce terroir exprime une forte minéralité, mais il est probable , conformément aux millésimes précédents, qu’il se referme pour ne s’ouvrir que dans quelques années. Le palais est marqué par une acidité vivace, le faisant se rapprocher d’un riesling par la structure. C’est un vin de garde.   

Riesling Turckheim 2006 Mise en bouteille : 2/2008 ; Alcool acquis : 14° ; Sucres résiduels : 4.1 g/l ; Rendement: 42 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2021 ; Age moyen des vignes: 23 ans ; Surface: 1.3 ha ; Terroir: granite, marnes; Indice 1 Aujourd’hui , le Domaine Zind Humbrecht cultive 2.42ha dans le Grand Cru du Brand, à partir de vignes plantées avant 1939 et jusqu’à 2001.Tous les ans, les parcelles les plus jeunes (de 1980 à 2001) sont déclassées dans le vin de village Turckheim et assemblées avec une petite parcelle située au pieds du Clos Jebsal. Une petite partie, plantée en 1978, est soit classée dans le Brand, soit déclassée dans le ‘Turckheim’. En 2006, cette parcelle avait particulièrement bien réussi, et a été en fait récoltée en Vendange Tardive. Les sols granitiques sont très drainant et particulièrement bien adaptés au profil climatique de 2006 (il n’est donc pas surprenant que les plus vieilles vignes aient atteint le niveau de SGN !). Pendant longtemps, le riesling Turckheim avait conservé des sucres résiduels important, mais presque un an après la récolte, il décida de finir sa fermentation pour atteindre un équilibre sec.1/2008: à ce stade, ce vin est généralement très expressif et fruité. Le 2006, de part une fermentation de plus de 12 mois et un séjour prolongé sur lies, conserve un caractère serré et tendu, marqué par une autolyse des levures. Moins ouvert, mais s’ouvrant avec l’oxygénation, il développe une structure sur l’acidité. Ce vin a eu le développement le plus spectaculaire en cours de fermentation. La finale est sèche, marquée par une belle acidité. 

Riesling Gueberschwihr 2006 Mise : 2/2008; Alcool acquis : 13.5° ; Sucres résiduels: 7 g/l ; Rendement 34 hl/ha ; Optimum dégustation: 2009-2021 ; Age du vignoble : 32 ans ; Surface : 1.2 ha ; Terroir : Argilo-calcaro-siliceux, exposé est et sud. Faible pente ; Indice 1 Le riesling Gueberschwihr est issu d’un assemblage de 8 petites parcelles différentes, toutes éparpillées autour du village, sur des substrats argilo calcaires et climats identiques ou fortement ressemblants. Cette commune bénéficie d’un climat plus tardif et moins chaud que le secteur Colmar/Turckheim, ce qui se traduit souvent par un décalage de maturité d’environ 2 semaines et la production de raisins ayant une acidité et une structure plus ferme. Ce décalage était toutefois plus court en 2006, principalement à cause de la grande précocité du millésime et des températures chaudes de fin de saison. Ces vignes ne sont toutefois pas situées dans des coteaux à forte pente, donc moins bien drainées, et donc il n’est pas toujours envisageable de les récolter tard. La fermentation fut très lente mais persistante, consommant pratiquement tous les sucres du raisin.1/2008: le riesling Gueberschwihr est bien plus aromatique et riche que d’habitude. Le millésime 2006 a vraiment façonné un vin ample et riche, présentant un nez miellé, intense et presque exotique. La présence de pourriture noble ajoute une présence d’arômes de surmaturité et un soyeux en fin de bouche. Le calcaire est toutefois bien présent, en laissant une trame nette en finale et une belle salinité. Ce vin sera capable d’un très beau vieillissement. 

Riesling Herrenweg de Turckheim 2006 LOT144 Mise en bouteille : 2/2008 ; Alcool acquis : 13.5 ; Sucres résiduels : 8.4 g/l ; Rendement: 30.5 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2021 ; Age moyen des vignes : 31 ans ; Surface : 1 ha de riesling ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 2 Ce lot de riesling Herrenweg provient de la partie sud du vignoble, où la couche de graves quaternaire et sables fins est recouverte par des limons décarbonatés (Loess) sur une épaisseur allant de 30cm à plusieurs mètres. Ce vin fermenta longuement pendant une année entière pour conserver une petite présence de sucres résiduels. Ce vignoble se caractérise par une grande précocité et une facilité à mûrir les raisins dans tous les millésimes. Cela se traduit par un style de vin très aromatique et expressif, surtout dans la jeunesse du vin. Un élevage prolongé sur lies totales est important dans ce terroir, car il contribue à renforcer la minéralité et procure une structure de garde à un terroir qui quelque fois tendance à en être dépourvu, les graves étant souvent faiblement pourvues en minéraux et argiles.1/2008: le nez est aujourd’hui très minéral, mélangé à des arômes de foin, fruits mûrs, s’ouvrant lentement à l’aération. Les traces de l’élevage sur lies sont bien présentes. La bouche est classique, bien équilibrée par une acidité apportant beaucoup de fraîcheur. Les sucres résiduels sont à peine perceptibles et ce vin pourrait presque être classé en indice 1.  

Riesling Clos Windsbuhl 2006 Mise en bouteille: 2/2008; Alcool acquis : 12.5°; Sucre résiduel: 7.9 g/l ; Rendement : 37hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2025+; Age moyen des vignes : 32 ans ; Surface : 0.9 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est. Indice 1 Le Clos Windsbuhl est avec le Rangen à Thann, notre terroir le plus tardif que nous cultivons sur le domaine. L’altitude plus haute (350m), la roche calcaire ancienne et la proximité de la forêt participent ensemble à créer ce climat tardif, permettant une maturation plus lente des raisins. Etonnamment, ce terroir était souvent critiqué dans le passé pour son caractère tardif et la difficulté qu’avaient les raisins à mûrir correctement. Personnellement, nous pensons qu’il s’agit d’un grand avantage, car la structure des vins du Windsbuhl est basée sur la fraîcheur et l’acidité, et non le gras et l’alcool, et sur une expression aromatique intense, grâce à une maturité physiologique atteinte tardivement. En biodynamie, nous oserions dire que Saturnes à eu le temps de mûrir les raisins… 2006 était certainement très précoce, mais il semblait qu’au Windsbuhl les vignes étaient déconnectées du millésime et que tout se passait différemment. Il nous a été possible de récolter ces raisins très tard, sans pourriture et avec cette acidité propre à ce terroir.1/2008: le nez est déjà un avertissement : ceci n’est pas juste un autre riesling fruité facile ! La richesse minérale est intense, et une aération prolongée révèlera une vaste palette aromatique basée sur les fruits mûrs. La bouche s’équilibre sur une acidité racée et persistante, une présence minérale dévoilant le caillou calcaire et une grande délicatesse. La maturité en sucre était ‘normale’, la finale est donc élégante et délicate, jusqu’à ce que la minéralité et l’acidité s’imposent. Un grand riesling sec. 

Riesling Heimbourg 2006 Mise en bouteille:2/2008; Alcool acquis : 14°; Sucres résiduels 8.8 g/l;  Rendement : 43 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2025+; Vignoble planté en 1994 ; Surface : 1.06 ha ; Terroir : Calcaire oligocène, exposé sud. Sud-ouest, très forte pente. ; Indice 2 Le Heimbourg est planté de différents cépages, mais nous avons choisi le riesling sur la section plus raide exposée au sud/sud-ouest. A part le vignoble du Rangen, la plantation de cette parcelle fut l’une des plus laborieuses sur le domaine. Cette parcelle était abandonnée depuis plus de 60 ans, certainement à cause de la pente très forte, colonisée par des buissons et arbres et tous les murets étaient écroulés. Située à proximité immédiate du Clos Jebsal, nous avions bien des espoirs très grands pour l’avenir des vins de cette parcelle. Depuis sa plantation, les vins issus de ce terroir nous surprennent de plus en plus chaque millésime, et 2006 se présente au sommet de l’échelle !1/2008: le nez est puissant et aromatique, dévoilant toute la complexité du riesling et du Heimbourg et étonnamment ouvert pour un vin ayant séjourné plus d’une année sur ses lies totales. Le palais est riche ,enveloppant, dévoilant une vaste palette aromatique fruitée tout en conservant la complexité et structure typique d’un terroir calcaire : une acidité ferme et structurante. Ce vin procure aujourd’hui une sensation de plaisir et un velouté en finale. Ce vin se goûtera vraiment sec dans une dizaine d’année. 

Riesling Clos Häuserer 2006 Mise en bouteille:2/2008, Alcool acquis : 13°; Sucres résiduels: 15.4 g/l ; Rendement: 41 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2025+ ; Vignoble planté en 1973. 100% Riesling ; Surface : 1.2 ha ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène. Coluvium de pente. Exposé et très faible pente. Indice 2. Le Clos Häuserer est situé juste au pied du Grand Cru Hengst, sur un sol de marnes calcaires de l’oligocène. Ce terroir nous avait posé de nombreux problème d’excès de vigueur dans les années 70 et début 80. L’âge grandissant des vignes, les labours empêchant les racines de s’implanter en superficie et aussi une couverture végétale dense ont permis un abaissement de la vigueur des plants et donc des rendements. Ceci a aussi pour effet de mieux protéger les raisins des excès climatiques et de pluies gênantes juste avant la récolte. Ceci était un facteur crucial en 2006. Les raisins étaient récoltés très mûrs, mais sans pourriture grise et structurés avec une acidité remarquable. Comme tous les autres rieslings en 2006, la fermentation fut très longue, sans toutefois parvenir à épuiser tous les sucres.1/2008: le nez est très caractéristique du Clos Häuserer : présence de beaucoup de minéralité, arômes pierreux, agrumes… Ce vin est aujourd’hui plus expressif en bouche qu’au nez, gage de long vieillissement potentiel. La bouche se distingue par un équilibre délicat entre une acidité racée et une très légère sensation de rondeur. La finale est nette et précise.  

Riesling Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2006 Mise en bt: 2/2008; Alcool acquis : 14 °; Sucres résiduels: 31.6 g/l ; Rendement: 24 hl/ha ; Optimum dégustation: 2012-2030+ ; Age moyen des vignes : 44 ans ; Surface : 2.1 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. ; Indice 4 Le vignoble du Rangen est cultivé dans des conditions exceptionnelles de travail et est situé dans un environnement qualifié d’extrême ! La forte pente (plus de 90%), le sol constitué d’une roche volcano-sédimentaire, la forte altitude (350m-450m) et un mésoclimat allant du plus froid au plus chaud, du très sec au très humide, la proximité du massif Vosgien et de la rivière Thur contribuent à façonner des vins ayant un caractère fort et un goût fortement marqué par leur origine. Le millésime 2006 est tellement marqué par le terroir et le millésime, dans tous les cépages plantés au Rangen, qu’il va assurément générer des commentaires abondants. Le botrytis était intense, marqué par un caractère de torréfaction très fort, expliquant la présence de sucres résiduels pour le riesling et le gewurztraminer et aussi une couleur vieil or très soutenue. Les fermentations étaient aussi surprenantes, allant bien plus loin que d’habitude, produisant des vins très puissants. Le riesling du Rangen était sensé être une VT, mais comme rien n’est sensé dans ce terroir, il se présente aujourd’hui comme un vin riche, certes, mais plus une vendange tardive.1/2008: le nez crie le Rangen avant toute autre manifestation aromatique : thym, herbes aromatiques… et bien sur toute la panoplie associée aux arômes minéraux du Rangen (pierre à fusil, silex, goudron). L’importance de la pourriture noble se manifeste par la couleur mais aussi la présence d’arôme de miel/cire. La bouche est ronde, puissante et persistante, finissant sur la pierre. 

Pinot-Gris Calcaire 2006 Mise en bouteille : 2/2007;  Alcool acquis : 14°; Sucres résiduels 14 g/l ; Rendement: 40 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2008-2016+; Age moyen des vignes : 18 ans ; Surface : 1.6 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud & sud-est,. forte pente Indice 2 En 2006, nous avions pris la décision de déclasser entièrement le cru du pinot gris Heimbourg, après avoir été atteint par une grêle d’intensité moyenne en été. Bien sur, rien de comparable avec la grêle de juin 2007, mais avec suffisamment de conséquences pour que nous craignions une influence sur le vin. Chaque année, nous déclassons aussi les pinots gris plantés en 1990 sur le Clos Windsbuhl. Ces deux vins ont été assemblés au moment des vendanges et ont donné un résultat très intéressant, car partageant deux facteurs communs : un sol calcaire exceptionnel et une situation de maturation tardive. Comme ils sont originaires de deux villages différents, nous avons donc décidé de baptiser cette cuvée tout simplement ‘calcaire’. La fermentation à laissé quelques sucres résiduels, principalement à cause d’une acidité marquée. Ce vin n’est pas prétentieux, mais point timide, car issu de grands terroirs. 1/2008: le nez est élégant et harmonieux. Le climat tardif des deux vignobles d’origine se traduit par des arômes précis, une belle minéralité et une austérité bienvenue pour un cépage pouvant quelque fois être trop exubérant.  Le palais est une réplique du nez, se goûte plus sec que l’on pourrait supposer en fonction de la richesse du vin et développe un joli fruité.   

Pinot-gris Vieilles Vignes 2006 Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 13.5°; Sucres résiduels 40.2 g/l ; Rendement: 35 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2020+ ; Age moyen des vignes : 61 ans ; Surface : 0.5 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 4 Le pinot gris était un cépage rarement planté dans le passé en Alsace, car les sélections massales disponibles étaient toutes faiblement productives, avec des raisins peu nombreux et de petite taille. Les clones récents se sont bien sur chargés de corriger le problème, avec les conséquences que l’on connaît : plus de récolte, raisins plus fragile à la pourriture et vins moins intéressants. Les très vieilles vignes de pinot gris sont rares, et c’est pourquoi nous conservons religieusement ces deux parcelles, pour pouvoir en retirer les bourgeons nécessaires à la plantation de nos nouvelles parcelles.  En 2006, leur grand âge, et donc certainement leur enracinement plus profond, leur à permis de mûrir sans problèmes de pourriture grise. Lorsque nous en avons la possibilité, nous vinifions ce vin séparément, car il possède une richesse décadente et une complexité folle.1/2008: le nez est fortement marqué par la surmaturité : arômes toastés, grillés, café, aussi typiques du cépage. Les raisins étaient tellement riches qu’il n’était pas possible que ce vin cache ses sucres résiduels. La bouche est ample, ronde, finit sur une liqueur proche d’une vendange tardive. Un vin de plaisir, sur un foie gras, dessert, …  

Pinot-Gris Rotenberg 2006 Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 14.5°; Sucres résiduels: 39 g/l ; Rendement: 2.5 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2021+ ; Age moyen des vignes : 25 ans ; Surface : 1.2 ha ; Terroir : calcaire oligocène exposé ouest/ nord-ouest. Forte pente. Indice 3 Les premières parcelles du domaine ont été plantées dans le lieu dit Rotenberg il y a plus de 50 ans par mon grand père Emile Zind, principalement en sylvaner, auxerrois et pinot blanc. Mon père Léonard y a planté le pinot gris dans les années 1970 après avoir acquis des surfaces supplémentaires et en remplacement du sylvaner. L’altitude plus élevée (300-350m), l’exposition Ouest/Nord-ouest et la nature calcaire du substrat géologique sont responsables d’un réchauffement lent des sols et donc d’une maturité tardive, idéale pour le pinot gris. Ce cépage y trouve une expression très aromatique, souvent marqué par des arômes de coing et fruits blancs, mais aussi une structure acide lui permettant de supporter des équilibres riches, souvent proches des vendanges tardives. Le Rotenberg fut récolté juste après le Herrenweg en 2006, mais à ce stade, les raisins avaient déjà été grandement colonisés par la pourriture noble, ce qui explique la richesse de ce vin et ses sucres résiduels importants.1/2008: la puissance de ce vin et son élevage sur lies caractérisent un nez riche, intense, marqué par des arômes fumés, de miel et vieille cire, que le fruité du cépage met beaucoup de temps à percer. Ce vin est moins fruité qu’à l’habitude, mais exprime une superbe palette minérale au nez et en bouche. Cette dernière est puissante, riche et longue, marquée par une rondeur et un gras enveloppant.  

Pinot-Gris Clos Windsbuhl 2006 Mise en bouteille : 7/2007 ; Alcool acquis : 13.5° ; Sucres résiduels: 49 g/l ; Rendement : 30.4hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2021+ ; Age moyen des vignes : 29 ans ; Surface : 2.2 ha ; Terroir : Calcaire muschelkalk exposé sud ; sud-est, Indice 4 Pour la plupart des vignerons d’Alsace, le Windsbuhl est une colline froide ! Cela est vrai en partie, mais ne signifie pas forcement que les raisins ont du mal à mûrir. Bien au contraire, ce caractère tardif garantit un superbe état sanitaire des raisins et nous permet de récolter plus tard, des raisins équilibrés en acidité et en meilleur état sanitaire. Le sol de ce petit Clos est en fait composé de vieilles roches calcaires, fortement délitées et fissurées, bien drainées, garantissant un réchauffement des racines et favorisant donc aussi une bonne maturation des raisins. 2006 aurait certainement produit une vendange tardive si les raisins avaient pu bénéficier de plus de temps sec, mais nous avions préféré récolter ces raisins avant un développement trop important du botrytis. La fermentation était très longue, plus de 10 mois, et le vin a trouvé un équilibre marqué sur les sucres résiduels et l’acidité.1/2008: le nez est peut être le plus ouvert aujourd’hui de tous les pinots gris du millésime 2006. Il dévoile beaucoup de fruité, herbes aromatiques, un léger toasté et des arômes de fruits blancs (poire, pomme). Il n’est pas dans la nature d’un sol calcaire de produire un vin explosif de fruité. Cela explique l’aspect toujours réservé de ce cru. Le palais est délicat, marqué par une liqueur très élégante et ciselé par une acidité franche, empêchant ce vin de prendre un aspect lourd. 
 

Pinot-Gris Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2006 Mise en bouteille 7/2007 ; Alcool acquis : 15.5° ; Sucres résiduels: 11.1 g/l ; Rendement: 21.6 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2021+ ; Age moyen des vignes : 37 ans ; Surface : 2.3 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. Indice 1 Le pinot gris a pris une place très importante dans le vignoble du Rangen de Thann, au coté du riesling et dans une moindre mesure, du gewurztraminer. Lorsque mon père Léonard acheta ce vignoble en 1977, il y en avait déjà une proportion importante, heureusement plantée en forte densité au début des années soixante avec des sélections massales de grande qualité. Le riesling est bien sur le cépage classiquement planté dans ce type de terroir, mais nous découvrions très vite que le pinot gris exprimait une forte adaptation à la roche volcanique et exprimait superbement les caractères de ce terroir à travers une expression aromatique fumée et minérale intense. Les alternances chaud/froid et sec/humide propices au développement de la pourriture noble étaient nombreuses en 2006. Ce pinot gris est caractérisé par une forte colonisation du botrytis, mais fut vendangé juste avant d’être peut être trop concentré. La fermentation fut extraordinairement puissante, transformant la quasi-totalité des sucres. Dès sa naissance à la sortie du pressoir, ce vin avait prit une couleur intense.1/2008: Ceci n’est pas une VT ? Impossible selon la couleur vieil or, orangée de ce vin ! Le nez aussi laisse présager d’un vin liquoreux, avec ses arômes de cire, encaustique, miel, de cirage. Le terroir se manifeste avec violence, dévoilant des arômes musqués, marqué par la pierre à fusil et le caillou. Le palais est une surprise totale. L’acidité est cinglante, rendant se vin très sec à la dégustation et exacerbant le caractère phénolique et pierreux de la bouche. La finale longue, finit sur des arômes de terroir puissants. Le cépage à disparu ! Terroir extrême, vin extrême. 

Gewurztraminer Turckheim 2006

 Mise en bouteille: 7/2007 ; Alcool acquis : 15° alc ; Sucres résiduels:  5.2 g/l ; Rendement: 39 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2008-2012; Age moyen des vignes : 25 ans ; Surface : 2.35 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice  Le gewurztraminer Turckheim est produit à partir de vignes situées sur le terroir graveleux du Herrenweg de Turckheim. Les vignes les plus jeunes sont déclassées en gewurztraminer et les plus vieilles en Herrenweg, parfois en Herrenweg vieilles vignes comme en 2006. Les vignes d’âge intermédiaire sont réparties en fonction de leur qualité entre nos vins de base et de lieux dits, mais quelque fois peuvent aussi être classées dans la catégorie village ‘Turckheim’. La concentration des raisins était accentuée par la présence de botrytis en 2006 et des rendements minuscules pour ce cépage. La fermentation fut très rapide et puissante, produisant un vin sec.1/2008: la couleur est marquée vieil or intense. C’est en fait une mauvaise information, car la première gorgée révèle un vin puissant, sec, marqué par des tannins affirmés et une structure puissante, finissant très sec sur des arômes épicés, toastés voire même café. C’est un gewurztraminer à apprécier sur un repas et non pas tout seul, car privé de sucrosité, la texture de bouche peut paraître brutale sans être arrondie par un moelleux. 

Gewurztraminer Wintzenheim 2006

 Mise en bouteille: 7/2007; Alcool acquis : 15° alc ; Sucres résiduels: 6.5 g/l ; Rendement: 39 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2008-2016+ ; Age moyen des vignes : 49 ans ; Surface : 2.15 ha ; Terroir : graves du quaternaire et marnes calcaires ; Indice 1 Juste à proximité de Wintzenheim, mon grand père Emile Zind avait planté en 1953 une grande parcelle de gewurztraminer (et un peu de pinot gris). Ces 1.6ha de sols graveleux sont tous les ans assemblés avec les parcelles les plus jeunes situées dans le Grand Cru Hengst. Cette combinaison de sols chauds, précoces et plus tardifs et calcaires permet d’équilibrer les raisins plus riches et aromatiques avec une origine moins expressive mais mieux structurée. Il en résulte un vin qui allie toujours la richesse aromatique et la souplesse des vins de graves avec la structure et le caractère épicé des coteaux calcaires. Bien sur, les deux vignobles sont récoltés ensembles et assemblés avant fermentation dans un seul et même foudre. La présence de botrytis était significative et la fermentation rapide.1/2008: la couleur est le premier indice révélant la richesse du vin et la maturité importante des raisins. Le nez est un cocktail d’arômes floraux, agrumes et épices. Le palais est puissant, sans détour et rehaussé par une bouche sans sucrosité évidente. Ceci est le gewurztraminer idéal pour accompagner une cuisine épicée et relevée.  

Gewurztraminer Gueberschwihr 2006 Mise en bouteille: 7/2007 ; Alcool acquis : 15° ; Sucre résiduel: 33.6 g/l ; Rendement: 55 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2008-2016+ ; Age moyen des vignes : 23 ans ; Surface : 0.2 ha ; Terroir : Argilo-silico-calcaire, pente faible Est ; Indice 3 Après quelques échanges réalisés ces dernières années, pour obtenir plus de surface dans le Grand Cru Goldert, la superficie de ce petit vignoble s’est réduite à une seule petite parcelle, située à proximité du Grand Cru, mais sur un sol légèrement différent (moins calcaire et plus riche en argile). Toutefois, sentant une fin proche, cette parcelle a décidé de nous surprendre et de produire des vins étonnants depuis quelques années. La récolte fut aisée en 2006, les raisins étaient très mûrs, marqué par un joli botrytis. La fermentation dans son petit foudre était très lente et le vin conserva tout naturellement une quantité de sucres résiduels importants. Cette parcelle a su nous prouver ce dont elle est capable en 2006 !1/2008: le nez est marqué par l’épice, intense, sans détour et retenue. Cela pourrait presque être de trop si le caractère calcaire du terroir n’apportait pas de structure et de complexité en bouche. La finale est longue, savoureuse, facile et très aromatique, marquée par une présence indéniable de sucres résiduels. Quel plaisir ! 

Gewurztraminer Herrenweg de Turckheim 2006 Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 15.5°; Sucres résiduels : 5.5 g/l ; Rendement: 31 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2008-2018; Age moyen des vignes : 53 ans ; Surface : 1 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 1 Le Herrenweg est situé à l’ouverture de la vallée de Munster, aux abords de l’ancienne route romaine menant de l’autre coté des Vosges (Herrenweg=chemin des troupes). Ce terroir bénéficie d’un des climats les plus précoces d’Alsace, grâce au drainage et réchauffement des galets et sables grossiers qui composent ces sols. L’éloignement de l’ombre portée des Vosges garantit aussi un ensoleillement identique à celui d’un coteau exposé au sud. Les raisins mûrissent rapidement et exprime toujours un fort potentiel aromatique. Cela est certainement une des raisons principales expliquant le fort pourcentage de ce cépage dans ce lieu-dit. Bien que n’étant pas indiqué sur l’étiquette, ce vin est issu de vieilles vignes, expliquant les rendements très faibles et la concentration du vin.1/2008: ce vin est beaucoup plus épicé et puissant que les Herrenweg classiques. La bouche est dense, puissante et marquée par des tannins nobles propres à ce cépage. Le caractère très sec de ce vin l’empêche aussi de prendre un aspect lourd et pâteux en finale. La                structure massive couvre pour le moment l’acidité fine de ce vin, qui devrait encore évoluer avec un peu plus d’âge. 

Gewurztraminer Herrenweg de Turckheim Vieilles Vignes 2006 Lot 17V Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 15.5°; Sucres résiduels : 9.6 g/l ; Rendement: 22.9 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2009-2021; Age moyen des vignes : 60 ans ; Surface : 0.45 ha ; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 1 En 2006, nous avions utilisé un fut un peu trop petit en taille pour notre gewurztraminer Herrenweg, et il nous resta donc une petite parcelle de très vieilles vignes, située dans l’enceinte du domaine, qui a donc été vinifiée séparément dans un petit foudre de 9hl. En fait l’occasion nous a donné l’opportunité de goûter le vin de cette vieille vigne, toujours assemblée dans le passé au vin précédent. Nous nous attendions à une différence et à une surprise, mais pas à ce point ! La présence de botrytis est importante, mais les levures ont quand même réussi à fermenter le vin presque sec.1/2008: la couleur est soutenue, presque vieil or, jaune sombre. Le nez est puissant, intense, massif développant des arômes de café, torréfaction, épices, poivre et cuir. Il présente presque des arômes de terroir calcaire ! Ce vin devrait s’arrondir avec l’âge et développer encore plus d’arômes floraux. 

Gewurztraminer Heimbourg 2006 Mise en bouteille: ?/ ?; Pour le moment ! Alcool acquis : 13°; Sucres résiduels : 40 g/l ; Rendement : 35.5 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2021 ; Vignoble planté en 1983 ; Surface : 1 ha ; Terroir : Calcaire Oligocène, exposé ouest, moyenne à forte pente. Indice : en cours d’évolution. Le gewurztraminer est planté dans la partie basse du coteau exposé à l’ouest sur le lieu-dit du Heimbourg. Le sol y est un peu plus riche et la parcelle est moins exposée aux vents, ce qui convient mieux à ce cépage. De par son climat plus tardif et une exposition moins solaire, le terroir marno-calcaire du Heimbourg est aussi adapté à une maturation lente des raisins, idéale au développement de la pourriture noble. Au vu du climat du millésime 2006, nous ne voulions pas pousser la maturité trop loin dans ce terroir et avions pris la décision de le récolter avant le stade vendange tardive. La fermentation sur ce vin est très lente, au point qu’aujourd’hui elle n’est pas encore terminée ! Il est rare de voir des fermentations aussi lentes sur des vins ayant ce niveau de maturité. Il est probable qu’il ne sera pas mis en bouteille avant septembre 2008.1/2008: il est difficile aujourd’hui de faire une description de ce vin, sachant qu’il va encore changer dans les mois qui viennent. La bouche n’a pas encore atteint son équilibre final, mais exprime déjà une puissance aromatique basée sur le fruit, les arômes exotiques, agrumes très intense. L’équilibre sera fin grâce à une acidité déjà bien présente, par contre il est difficile de prédire son équilibre final. Il est probable que la fermentation s’arrête autour des 15/20g/l de sucre résiduels et 14% d’alcool.  

Gewurztraminer Clos Windsbuhl 2006 Mise en bouteille: 7/2007; Alcool acquis : 14.5° alc ; Sucres résiduels: 32.2 g/l ; Rendement : 38hl/ha ; Optimum de dégustation: 2008-2026 ; Age moyen des vignes : 36 ans ; Surface : 0.9 ha ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est ; Indice 3 Le climat plus frais du Clos Windsbuhl est idéal pour des maturations lentes et tardives, car un botrytis se développant tardivement, sous des températures plus fraîches et des raisins plus mûrs aura plus de chance d’aller vers la pourriture noble que grise. L’altitude plus élevée et la proximité de la forêt apportent l’humidité nécessaire à son développement. Habituellement en Alsace, les sols calcaires sont associés avec une présence importante d’argiles ou de marnes (comme dans le Hengst ou Heimbourg par exemple) qui ont une action importante sur le climat du sol. Une importante quantité d’argiles diminuera la porosité et maintiendra un taux d’humidité plus important, ralentissant le réchauffement en profondeur. La croissance d’une plante dépendra plus des températures au niveau  des racines qu’au niveau des feuilles. Le Windsbuhl est composé d’un calcaire muschelkalk pauvre en limons et même s’il contient des argiles vraies, très intéressantes pour la minéralité des sols et vins, elles sont en faibles quantités et permettent donc un réchauffement du sol suffisant. Le 2006 a été récolté très mûr, à la limite de la vendange tardive et a gardé un équilibre moelleux.1/2008: le nez est caractéristique de ce terroir : élégant, délicat, floral sans être extravagant. C’est un vin à l’équilibre subtil. Le palais est marqué par une liqueur bien présente, mais en harmonie avec une acidité fine, qui enlève le caractère vin de dessert. La finale est longue sans être lourde. Ce vin devrait encore bénéficier de quelques années avant de s’ouvrir complètement.
 

Riesling Brand 2006 Vendange Tardive Mise: 7/2007 ; Alcool acquis : 12°; Sucres résiduels : 69.5 g/l ; Rendement : 21hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2030+ ; Age moyen des vignes : 56 ans ; Surface : 1.6 ha, 100% Riesling ; Terroir: granite biotite exposé sud, sud-est. Forte pente. Le terroir granitique en forte pente du Brand était peut être le mieux adapté au profil climatique de 2006, se déjouant des périodes chaudes et stressantes grâce à un enracinement profond et une petite récolte et bravant le mauvais temps en évacuant l’eau et en se réchauffant très rapidement. Les raisins étaient déjà très mûrs tôt (2006 était plus précoce et plus mûr que 2005 et 2004 à la même époque) et n’ont pas perdu d’acidité en été, pour finalement développer une pourriture noble en octobre. La faible récolte explique aussi pourquoi ces raisins ont réussi à atteindre un niveau de maturité aussi élevé. Dans un autre millésime, il est possible que ce vin ait atteint un équilibre plus sec (comme en 1998 ou 2005), mais l’acidité vibrante de 2006 a certainement du inhiber le développement des levures, permettant de conserver des sucres résiduels importants.1/2008: le nez de ce vin est l’expression même de la pureté du riesling. Les arômes sont marqués par une délicatesse de fruit, à la fois subtils et légers et en même temps entêtant et persistant. Je suppose que ce vin va continuer à se développer avec le temps. L’acidité importante, mais bien mûre, contribue à un équilibre en douceur. La bouche exprime des arômes de miel d’acacia, agrumes, melon, fleurs fraîches… La finale est longue et en douceur, nette sur une acidité et une salinité qui signent ce grand terroir.   

Gewurztraminer Goldert 2006 Vendange Tardive Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 15° alc ; Sucres résiduels : 52.5 g/l ; Rendement : 34hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2026+; Age moyen des vignes : 23 ans ; Surface : 0.6 ha ; Terroir : calcaire oolithique exposé est, faible pente. L’évolution de la maturité est toujours très lente sur le terroir calcaire du Goldert à Gueberschwihr. Nous favorisons toujours des temps de maturation longs, surtout pour le gewurztraminer, afin d’obtenir une bonne maturité des peaux et pépins, et ce principe est d’autant plus favorable au Goldert que la pourriture noble s’y développe avec harmonie. En 2006, les raisins étaient déjà bien mûrs très tôt en septembre, et, alors que nous nous concentrions à vendanger les vignobles de Turckheim, les vignobles de Gueberschwihr continuaient à mûrir. Lorsque enfin nous sommes allés vendanger les gewurztraminer, nous étions surpris par la maturité élevée et l’intensité de la pourriture noble, qui avait concentré l’acidité aussi bien que les sucres. La fermentation était soutenue et assez rapide pour une vendange de surmaturation (moins de 2 mois) ; mais le style et la quantité de sucres résiduels signent bien le caractère vendange tardive.1/2008: le nez est très minéral, ce qui peut surprendre, car en général ce vin exprime assez tôt des arômes de rose, fleurs, pivoine… alors que maintenant sont présent surtout des arômes de poivre, pierre, sous bois et un peu de miel, du au botrytis. Le palais est puissant, large et enveloppant, bien équilibré par une belle acidité. A ce stade de son développement, il mérite d’être ouvert longtemps avant la dégustation pour permettre au vin de s’exprimer et d’oublier la marque de l’élevage sur lie.   

Gewurztraminer Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2006 Vendange Tardive Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 16°; Sucre résiduel: 37.7 g/l ; Rendement: 25 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2010-2031+ ; Age moyen des vignes : 43 ans ; Surface : 0.5 ha ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente.  En décrivant le riesling et le pinot gris de ce terroir, j’expliquai déjà que 2006 était un millésime extrême, produisant des vins ayant un style particulier, où le terroir avait complètement reformaté le cépage. Le gewurztraminer n’est pas différent ! Le botrytis était intense, au point que les baies de raisin avaient pris l’aspect de grains de café. En associant la concentration des raisins à l’influence de la roche volcanique, on obtient un résultat détonant et déstabilisant pour la plupart des dégustateurs. Le 2006, et bien que plus sec, va dans la même direction que les millésimes 1998 et 1993 dans ce terroir. La fermentation était lente et soutenue. Les levures propres au Rangen sont vigoureuses et ne conservent des sucres résiduels que si la richesse au départ est très élevée. Il faut donc s’attendre à un vin puissant !1/2008: le nez est une combinaison dense d’arômes de torréfaction, pierre à fusil et poussière d’argile. Où sont donc passés les arômes variétaux, pourtant intenses, de ce cépage ? Il est probable qu’ils sont cachés dans l’immense structure ce vin, et que peut être un vieillissement prolongé révèlera, mais il est aussi probable que ce vin intensifiera encore plus la marque du terroir. Le palais est long, puissant, structuré, riche en minéralité, au point que la finale peut presque paraître salée. Ce vin n’exprime pas le style moelleux d’une VT classique. Il se goûte en fait plus sec que les nombres laissent suggérer, dans le style d’un vin ayant un indice 3.
 

Gewurztraminer Hengst 2006 Vendange Tardive Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 14.5° alc ; Sucres résiduels : 74.6 g/l ; Rendement : 19 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2031+ ; Age moyen des vignes : 55 ans ; Surface : 1.42 ha ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène, exposé sud sud-est, pente moyenne à forte. Seules nos deux plus vieilles parcelles situées dans le Grand Cru Hengst sont utilisées chaque année pour produire ce vin. Le Hengst est situé dans une zone climatique chaude et sèche, phénomène accentué par la pente exposée au Sud/Sud-Est. La couche de marnes est fine à mi-coteau et donc la croûte calcaire n’est que à 30 – 35cm de profondeur. Tout ceci explique pourquoi nous produisons peu de vendanges tardives dans ce cru, car la pourriture noble ne s’y développe souvent pas de façon aussi intense que dans d’autres situations. Le climat de 2006 a cependant été favorable au développement de la pourriture noble dans le Hengst, et cela de façon spectaculaire. Avec l’aide d’une toute petite sélection de grappes et un rendement minuscule, il a été possible de produire une vendange tardive de grande richesse et profondeur. Si je devais élire mon vin préféré de l’année…1/2008: les arômes sont très classiques mais particulièrement complexes : épices, poivre, safran, cuir, fruits exotiques… tout y est ! Il est difficile de donner un descriptif précis tant le nez est racé par le terroir calcaire. Le palais enveloppe toute la bouche et donne une sensation de richesse, sans pour autant manifester une sucrosité facile. Couches après couches, ce vin change et évolue. Rien n’est en trop dans vin et je pense qu’il ne manque rien non plus, si ce n’est quelques années de vieillissement. 

Pinot-Gris Clos Jebsal 2006 Vendange Tardive Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 14° ; Sucres résiduels: 113.6g/l ; Rendement :23 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2011-2036+; Age moyen des vignes : 23 ans ; Surface : 1.3 ha ; Terroir : Marnes grises et Gypse. Exposé sud, terrasses et forte pente. Le Clos Jebsal est un petit terroir situé entre les collines du Brand et du Heimbourg à Turckheim. Son caractère unique et spécial provient du fait qu’il est coincé entre deux failles géologique, révélant 1.3ha de marnes à gypse. Les plants sont face au sud, sur des terrasses et bénéficient d’un contraste climatique important entre un sol froid, profond et riche et un mésoclimat chaud et précoce, favorable au développement de la pourriture noble toutes les années. Ce vignoble a été planté en 1983 et produit depuis 1989 soit des vendanges tardives soit des sélections de grains nobles soit les deux ensemble. Le botrytis était intense en 2006 et a permis de concentrer les baies au point que cette vendange tardive, pourtant récoltée après la sélection de grain noble, au niveau de richesse de beaucoup de SGN en Alsace (20.5% potentiels). Je vous laisse deviner du potentiel de la vraie SGN… Le seul problème du Jebsal en 2006 : une récolte minuscule…1/2008: le nez développe déjà aujourd’hui des arômes classiques de miel, cire d’abeille, cacao, vanille, abricots, fruits secs ou confits… et laisse vraiment suggérer que ce vin présente une richesse hors norme. La bouche est structurée autour de la minéralité propre à ce terroir, seul réel facteur avec l’acidité permettant de rendre les sucres résiduels complexes. La finale est ronde, onctueuse mais point collante ou agressive et devrait encore beaucoup s’ouvrir après une évolution en bouteille de quelques années.   

Riesling Brand 2006 Sélection de Grains Nobles Mise en bouteille : 7/2007; Alcool acquis : 12°; Sucres résiduels : 185.2 g/l ; Rendement : 12hl/ha ; Optimum dégustation: 2016-2036+ ; Age moyen des vignes : 56 ans ; Surface : 1.6 ha, 100% Riesling ; Terroir: granite biotite exposé sud, sud-est. Forte pente. Seules trois SGN en riesling ont été produites au domaine Zind Humbrecht. Le riesling Brand 2006 SGN est le troisième ! (le premier était le Riesling Clos Windsbuhl 1989 et le deuxième était le Rangen 1998). Le développement du botrytis était spectaculaire sur les vieilles vignes dans ce terroir en 2006. Seule une petite sélection de grappe était nécessaire pour obtenir ce vin, tant était importante la concentration de la pourriture noble, accentuée par les rendements très faibles. Ce vin est aussi le plus riche de la trilogie avec 23° potentiels (165° Oechslés) et celui qui possède l’acidité la plus élevée. Avant de développer la pourriture noble, il est important de préciser que les grains étaient déjà très mûrs, la vigne avait terminé son cycle végétatif et prenait une teinte dorée automnale. Les SGN riesling sont rares chez nous, car nous estimons que les riesling ont souvent besoin de ce supplément de richesse et de complexité apporté par la pourriture noble. Effectuer des sélections à tout prix priverait de nombreux vins d’un surcroît de caractère. En 2006, ce dilemme ne se posait pas, car le taux de pourriture noble était proche des 80%. J’espère seulement ne pas devoir attendre à nouveau 8-10 ans pour produire ce type de vin !1/2008: quel nez ! Quelle puissance et quelle complexité aromatique ! Malgré sa richesse, ce vin dévoile déjà toute une palette aromatique de fruits blancs, miels, tilleul, agrumes, cire… La délicatesse est le caractère essentiel de ce vin qui est déjà tout plaisir. Le palais, bien que techniquement très liquoreux, ne dévoile pas sa richesse et permet à la bouche de finir sur une sensation de douceur et légèreté, soulignée par une acidité fine et très mûre. Ce vin se goûte déjà très bien aujourd’hui, même si la bouteille ouverte 3-4 jours révèle encore plus d’arômes, au point que j’ai vraiment du le cacher dans la cave pour ne pas y retourner trop souvent.
 

Pinot-Gris Clos Jebsal 2006 Sélection de Grains Nobles Trie Spéciale Mise en bouteille :? ?; Alcool acquis : environ 7°; Sucres résiduels: environ 450g/l ; Rendement : 8 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2026-20??+; Age moyen des vignes : 23 ans ; Surface : 1.3 ha ; Terroir : Marnes grises et Gypse. Exposé sud, terrasses et forte pente. En 1994, nous récoltions notre première SGN titrant plus de 200° Oechslés (environ 30° potentiels), limite mythique pour des vins de très grande concentration. Nous avons alors baptisé ce type de vin ‘Trie Spéciale’. En viticulture, nous parlons d’une trie, lorsque cela décrit le processus de sélection de baies botrytisées. Ces vins n’ont pas le même comportement, car l’extrême richesse des moûts en sucres et acidité inhibe fortement le développement des levures, leur faisant conserver des sucres résiduels importants et limitant l’importance de l’alcool. Nous avion produit un vin similaire en 2002, puis en 2005 dans le Clos Windsbuhl. Ce 2006 Clos Jebsal Trie Spéciale  vient seulement de finir sa fermentation et est encore en cours d’élevage. Il ne sera probablement pas mis en bouteille avant septembre 2009, temps nécessaire pour des vins aussi denses. Le processus de sélection des baies n’est pas forcément plus strict, mais les raisins présentent une maturité supérieure et surtout, le botrytis est plus sec et donc l’effet de concentration est plus intense.1/2008: il est encore bien trop tôt pour décrire ce vin, même si la fermentation est maintenant terminée. Il est toutefois possible de commenter l’équilibre de bouche, marqué par une superbe acidité, capable d’équilibrer les sucres résiduels imposant au palais. Ce vin n’a aucun point commun avec une SGN classique, aussi bien au point de vue aromatique que de l’équilibre de bouche. 

Domaine Zind-Humbrecht

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