Zind-Humbrecht 2010 : Les notes du domaine

Chaque année, la dégustation du dernier millésime en bouteille au domaine Zind-Humbrecht donne le ton d'un millésime en Alsace. Parce que le domaine a poussé très haut la qualité des vins d'Alsace, mais également et surtout car le domaine possède des parcelles sur des terroirs à la géologie variée de Hunawihr à Thann, allant des graves au granit, du marnocalcaire au calcaire, en passant par les granits ou les terres volcaniques. Le tout agrémenté de plusieurs cépages sur chaque terroir, permettant de juger de l'adéquation de chaque couple cépage/terroir dans le réalisation des vins les plus aboutis, en fonction de la manière dont le climat a permis d'optimiser le cycle de maturation de la vigne. A l'heure où certains se précipient pour juger le millésime 2011 encore en cuve, et ont dépuis longtemps oublié 2010, la période est idéale pour évaluer le style et la qualté des vins qui seront principalement en vente cette année.
En complément d'une production vaste, le domaine se distingue également par des notes écrites par Olivier Humbrecht, qui raconte son millésime, en détaillant chaque cuvée tant d'un point de vue historique qu'analytique, comme personne d'autres en Alsace. Les textes, disponibles depuis 1996 en français et 2004 en anglais, sont publiés sur oenoalsace.com depuis leurs débuts, en faisant une mine d'informaion pour les amateurs des vins du domaine, qui ne se souviendront plus de mémoire du style plus ou moins riche des centaines de vins produits ces 15 dernères années.


Le millésime 2010
(Olivier Humbrecht)

2010 sera probablement considéré comme un des millésimes les plus extrêmes des dernières années, en passant de températures allant de -26°C au plus froid à des jours de canicule en juillet. 2010 est aussi l’une des plus petites récoltes enregistrées en Alsace avec des rendements parfois réduits au tiers d’une récolte normale.

Le 19 décembre 2009, les températures étaient si froides que même les sapins de Noël étaient gelés ! Malheureusement, beaucoup de bourgeons et parfois des ceps furent aussi détruits par le gel dans les secteurs sensibles au froid (plaine de Colmar). L’hiver se prolongea jusqu’en avril, retardant le débourrement des vignes. De belles périodes en mai ont par contre permis une floraison mi-juin, à l’exception du Windsbuhl et Rangen plus tardifs. Une forte chute des températures mi-juin provoqua une chute des fleurs (coulure) ainsi que du millerandage, expliquant en partie la très faible récolte 2010. Ce phénomène était très marqué sur tous les cépages, même ceux qui sont résistants comme le riesling ou le pinot-gris. Seuls le Rangen et le Clos Windsbuhl furent un peu épargnés, ayant fleuri plus tard par un temps plus chaud.

Juillet était très chaud, entrecoupé d’averses importantes. Août était frais et très humide (125mm d’eau) avec presque le double d’une pluviométrie normale. Curieusement, l’oïdium était la maladie la plus à craindre. De novembre 2009 à octobre 2010, nous avons enregistré les précipitations suivantes : Thann (698mm), Windsbuhl (612mm) et Turckheim (615mm), soit un peu plus que la normale à Turckheim (525mm). En août 2010, les vignes étaient très belles, les sols étaient couverts par un joli tapis végétal bien vert, et, malgré le climat, les raisins étaient très sains.

A la fin d’août, le climat redevint très chaud et sec. Le beau temps s’installa jusqu’à la fin des vendanges, avec bien sur des températures plus fraîches en fin de saison. Les raisins avaient un état sanitaire impeccable. La pourriture noble ne se développa que tardivement sous l’influence de vents froids. Les vendanges débutèrent le 20 septembre pour finir le 18 octobre à Thann. Cette fin de vendange était plus précoce qu’espérée, en partie grâce au temps exceptionnel.

Tous les vins de 2010 sont caractérisés par une très belle acidité structurante, des pH faibles et une maturité normale pour vins secs avec quelques vins récoltés en sur-maturités. Les fermentations étaient très lentes, durant souvent plus de 12 mois, de façon similaire aux 2008. Les rendements sont très faibles, la moyenne du domaine étant de 29hl/ha avec beaucoup de Grand Crus et gewurztraminers inférieurs à 20hl/ha. Tous les cépages ont bien réussi en 2010. La pourriture noble ne s’installa que tardivement fin septembre, il fut donc possible de récolter des raisins très sains en début de vendanges.

Comme beaucoup de millésimes précédents, les pratiques bio-dynamiques nous ont permis d’obtenir des raisins bien mûrs avant tout développement du botrytis. Les Riesling Rangen et Clos Windsbuhl furent les deux derniers vignobles à être récoltés sur le domaine, encore très sains, produisant des vins secs. Seules deux SGN furent produites sur le Clos Windsbuhl et l’incontournable Clos Jebsal, ainsi que des VT sur le Herrenweg, le Brand et le Clos Jebsal.

Sans aucun doute, 2010 est en passe de devenir un millésime exceptionnel de grande garde.

Indice: Niveau de sucrosité au palais. Cette note essaye de combiner les sucres résiduels, l’alcool, l’acidité et la structure générale du vin pour mieux en comprendre son style. Il est clair que cette perception peut varier d’une personne à l’autre et cet indice n’est là que pour éviter d’éventuelles erreurs de service du vin.
Echelle de 1 à 5 :

  • 1 : vin techniquement sec ou se goûtant sec.
  • 2 : pas techniquement sec, mais les sucres ne sont pas apparents de façon évidente au palais. Certains dégustateurs peuvent trouver une légère rondeur en fin de bouche. Ces vins se goûteront sec avec un certain vieillissement en bouteille.
  • 3 : sucrosité moyenne, plus importante dans la jeunesse du vin, qui s’estompera progressivement avec l’âge.
  • 4 : vin moelleux.
  • 5 : Vin moelleux, très proche d’une vendange tardive.

Alc : alcool acquis en fin de fermentation, SR : sucres résiduels. g/l H2SO4 : acidité totale exprimée en acide sulfurique.

Pinot Blanc 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2011,  Alcool acquis : 13.7°, SR : 4 g/l, 4.2 g/l H2SO4, pH: 3.4; Rendement 45 hl/ha, Optimum de dégustation: 2012/2022, Age moyen des vignes: 35 ans, Terroir: calcaire et graves, Indice 1.
Depuis de nombreuses années, notre Pinot-Blanc est produit à partir des cépages Auxerrois (70%) et Pinot-Blanc (30%) en provenance de nos vignobles du Herrenweg à Turckheim et Rotenberg à Wintzenheim. La plupart des millésimes, le Rotenberg joue un rôle essentiel dans la structure acide de vin, nécessaire pour équilibrer la richesse obtenue dans les sols graveleux du Herrenweg. L’Auxerrois est aussi un cépage ayant une acidité plus faible et est un peu plus précoce que le Pinot-Blanc. L’Auxerrois reste le cépage principal de ce vin car nous préférons ses raisins de plus petite taille, une expression aromatique plus épicée et généreuse et aussi surtout car l’Auxerrois atteint une maturité phénolique plus homogène. En 2010, ces considérations étaient moins importantes car les maturités étaient excellentes et, surtout, les acidités très équilibrées. La fermentation était assez rapide jusqu’à épuisement des sucres.
3/2012: le nez est déjà en train de s’ouvrir sur des fruits à noyau bien murs (pêche, mirabelle) tout en ayant déjà une très belle expression complexe minérale, loin de son apogée. Le palais est ample, resserré autour d’une belle acidité avec de la longueur pour un cépage ayant une prétention modeste au départ. Ce vin sera dans le futur un exemple pour nous. La fin de bouche est bien structurée. Le vin se goûte sec et possède une belle tension typique du millésime.

Zind 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/ 2012 Alcool acquis 13.1°, SR: 4.8 g/l, 4.4 g/l H2SO4, pH: 3.3; Rendement : 45 hl/ha, Optimum de dégustation 2012/2022, Age moyen des vignes : 21 ans, Terroir : calcaire muschelkalk, Indice 1.
Depuis le millésime 2004, notre Zind est produit exclusivement à partir de raisins issus du Clos Windsbuhl à Hunawihr (2/3 Chardonnay et 1/3 Auxerrois). A la fin des années 1980, nous étions vraiment inquiets de l’évolution du climat et de la perte d’acidité dans les vins issus d’Auxerrois. Nous avions donc décidé d’introduire dans l’assemblage le cépage Chardonnay, capable de préserver une plus belle fraîcheur. Lors de la plantation en 1989 de la partie proche de la forêt, plus tardive, nous avions pensé que le Chardonnay trouverait un terroir adéquat sur ces calcaires anciens. Malheureusement, ce cépage n’est pas autorisé en vin tranquille Alsace, et c’est pourquoi le Zind est classé en Vin de Table ou sans Indication Géographique. En 2010, les raisins furent récoltés très sains et la fermentation qui dura un an se termina sur un vin sec.
3/2012: le contact prolongé sur lies totales jusqu’à la mise en bouteille a beaucoup profité à ce vin. Le nez est maintenant joliment ouvert et dévoile des arômes fruités et typiques de l’influence du Chardonnay (beurre doux, amandes, toastés) mais aussi du terroir calcaire (arômes citronnés, pierre). La parcelle vieillissant, le caractère du Windsbuhl s’affirme de plus en plus. Le palais possède cette acidité et cette élégance typique du cru. La finale est tendue sans être agressive.

Muscat Herrenweg de Turckheim 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012, Alcool acquis 13.5°, SR: 2.9 g/l, 4.0 g/l H2SO4, pH: 3.3; Rendement 33 hl/ha, Optimum de dégustation : 2012-2012, Age moyen des vignes : 31 ans, Terroir : Graves du quaternaire, 80% Muscat d’Alsace et 20% Ottonel. Indice 1.
Ces dernières années, la proportion des cépages Muscat Ottonel et Muscat d’Alsace a beaucoup changé dans ce vin. Au départ, l’Ottonel était dominant, alors que maintenant nous favorisons le Muscat d’Alsace, bien mieux adapté à notre climat plus chaud. Le Muscat d’Alsace ou ‘Muscat Petits Grains’ est le même que la variété de Muscat utilisée dans le sud de la France. Ce cépage mûrit plus lentement et garde une meilleure acidité que l’Ottonel. Planté dans un beau terroir il exprimera aussi une minéralité plus complexe. Le Muscat d’Alsace a cependant un léger défaut : il est nécessaire qu’il ait une parfaite maturité physiologique sous peine d’obtenir un vin ‘vert’ et vulgaire. C’est aussi un cépage moins sensible au froid que l’Ottonel, ce qui nous a permis de produire ce vin en 2010 ! Le 2010 a fermenté en deux fois sur une année entière, pour finir sec.
3/2012: d’habitude très expressif et floral, le nez du 2010 est particulièrement minéral et il faut presque chercher les arômes floraux typiques du cépage, encore discrets aujourd’hui. L’attaque en bouche est nerveuse, c’est un vin sec qui possède une belle acidité et une fraîcheur que l’on retrouve plus facilement sur un Riesling. Ce vin pourra bénéficier de quelques années de vieillissement avant d’être vraiment démonstratif.

Muscat Grand Cru Goldert 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012; Alcool acquis : 12.5° ; SR: 9.8 g/l ; 4.3 g/l H2SO4, pH: 3.3; Rendement : 45 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2025+ ; Age moyen des vignes : 23 ans ; Terroir : calcaire oolithique exposé est, 90 % Muscat d’Alsace, 10 % Ottonel. Indice 2.
Le Muscat d’Alsace est réputé sur le Grand Cru du Goldert depuis très longtemps et les vignerons de Gueberschwihr en ont fait une spécialité. Il y a sur ce cru une adéquation idéale entre un climat tardif, favorisant la structure des vins, et un sol calcaire, apportant de la minéralité et structure. Le Muscat du Goldert est aussi un vin qui peut vieillir et qui va développer une grande complexité avec le temps, bien au-delà de 30 années. Le 2010 fut récolté très sain, bien qu’un peu plus tard que d’habitude, ce qui lui a permis d’atteindre une bonne maturité physiologique. La fermentation fut languissante et le vin conserva une toute petite quantité de sucres résiduels. Contenant très peu d’Ottonel, le Goldert a su produire une récolte normale en 2010.
3/2012: au nez on retrouve l’équilibre classique d’arômes floraux et légèrement fruités qui s’affrontent avec la minéralité du vin. Un temps de contact très long sur lies de fermentation (jusqu’à la mise en bouteille) a affirmé la structure du vin mais l’a aussi rendu un peu plus austère. Il faudra quelques années pour que ce vin s’ouvre pleinement. Le palais est marqué par une très légère rondeur, bien équilibrée par une structure proche d’un Riesling. L’acidité et un degré d’alcool moyen rendent ce vin très élégant. Bonne persistance en finale, c’est un vin qui vieillira bien !

Riesling Terroir d’Alsace 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012 ; Alcool acquis : 12.85° ; Sucres résiduels : 4 g/l ; 5.6 g/l H2SO4, pH: 3.0; Rendement: 43 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2025 ; Age moyen des vignes: 27 ans ; Terroir: granit, graves, marnes; Indice 1
Nous avons produit ce vin pour la première fois en 2008, en utilisant principalement des raisins issus de nos vignobles de Turckheim, donc principalement de terroirs graveleux et granitiques. Le but était de produire une référence que nous garantissons être sec chaque année (<5g/l de sucres résiduels) pour pouvoir rassurer certains clients et donc aussi en faire mention sur l’étiquette. Cela veut surtout dire pour nous que nous devons être très attentif à l’évolution de la maturité, donc éviter de récolter trop tard et surtout ne pas laisser la pourriture noble s’installer. Si nous ne réussissons pas, nous ne produirons pas ce vin ! En 2010, cela était aisé car le Riesling murissait très lentement. L’acidité importante du millésime contribue aussi à la notion de vin sec, mais peut aussi pousser le vin à conserver plus de sucres résiduels, surtout en travaillant uniquement en levures indigènes. C’est probablement cet élément qui a fait que ce vin fermenta sur 12 mois, mais a pu finir sec à notre grand soulagement.
3/2012: le nez est encore très minéral et presque austère, fortement influencé par la longue fermentation et la réduction naturelle qui s’en suit. L’autolyse des levures, recherchée pour son apport de complexité et de colloïdes protecteurs dans le vin, apporte aussi son lot d’arômes fermentaires légèrement réduits. Une aération prolongée s’impose ! L’attaque en bouche est vive et rafraichissante. La forte acidité augmente le caractère sec du vin. La finale est élégante et classique. Il ne faut pas hésiter à conserver ce vin quelques années !

Riesling Thann 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bt: 9/2011; Alcool acquis : 12.5°; Sucres résiduels: 4.8 g/l ; 5 g/l H2SO4, pH: 3.3; Rendement: 24 hl/ha ; Optimum dégustation: 2014-2025+; Age moyen des vignes : 27 ans ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. ; Indice 1.
Dans la plupart des millésimes, nous déclassons une partie des vignes les plus jeunes du Rangen (plantées entre 78 et 86). Le plus souvent il s’agit de volumes très faibles et ces raisins entrent dans notre Riesling classique, ou alors ils sont vinifiés séparément si l’année est intéressante comme en 2010. Les ‘vieilles’ vignes sont souvent un peu plus mûres et leur système racinaire étant plus profond, elles sont capables de puiser plus de minéralité dans la roche volcanique. Le Rangen est une colline fortement pentue. Les conditions de croissance peuvent être très difficiles pour les vignes n’ayant pas encore eu le temps de développer des racines profondes (cela peut mettre plus de 30 ans !). 2010 n’était pas une année de sécheresse, mais certaines périodes, surtout en fin de saison, pouvaient être stressantes pour la vigne. Ce vin fermenta très rapidement (moins de 2 mois) et a pu finir sec.
3/2012: le nez montre bien l’origine volcanique du cru. Il y a une belle présence de fumée et d’arômes pierreux. Malgré une petite austérité, ce vin est déjà agréable. Il se goûte sec avec cependant une toute petite rondeur en milieu de bouche, accentuée par une touche fruitée. La finale est délicate avec une persistance moyenne. L’acidité peut paraître moins marquée sur ce vin, probablement à cause de l’origine volcanique qui a toujours tendance à arrondir les pH. Ce vin bénéficiera encore d’un peu de vieillissement.

Riesling Gueberschwihr 2010 - Zind-Humbrecht
Mise : 3/2012; Alcool acquis : 12.5° ; Sucres résiduels: 9 g/l ; 5.6 g/l H2SO4, pH: 3.0; Rendement 45 hl/ha ; Optimum dégustation: 2014-2025 ; Age du vignoble : 36 ans ; Terroir: Argilo-Calcaro-Siliceux, exposé est et sud. Faible pente ; Indice 1
2010 est probablement le dernier millésime où nous allons appeler ce vin ‘Gueberschwihr’. Non pas parce qu’il est pratiquement impossible à écrire pour une personne non originaire d’Alsace (et encore !), mais parce que nous sommes les seuls à revendiquer cette désignation village et que selon les règles en place maintenant nous ne pouvons plus l’utiliser. (Il aurait fallu une démarche collective de plusieurs vignerons). Nous allons donc certainement utiliser la mention ‘Calcaire’ pour ce vin dans les millésimes futurs. 2010 est un millésime ayant une forte acidité et c’est probablement dans les sols calcaires que l’on retrouve les acidités les plus vives. Les raisins étaient bien mûrs et surtout très sains. La petite récolte a su produire un vin intense, après une longue fermentation, ayant un grand potentiel de garde.
3/2012: le vin est toujours sur ses lies et de ce fait le nez est très minéral. Une simple aération suffit pour libérer ses arômes fruités/citronnés et enfin montrer le potentiel de ce vin. L’attaque au palais est vive et franche. Le milieu de bouche traduit un joli gras provenant d’une petite présence de sucres résiduels qui ne sont pas perceptibles mais aident bien à tempérer la structure tendue du vin. L’acidité est bien salifiée et apporte une sensation de salivation intéressante.

Riesling Turckheim 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012 ; Alcool acquis : 13.1° ; Sucres résiduels : 12g/l ; 5.4 g/l H2SO4, pH: 3.1; Rendement: 45 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2025 ; Age moyen des vignes: 20 ans ; Terroir: graves, graves marneuses et granit, Indice 2.
Ce vin est originaire de nos parcelles les plus jeunes du Herrenweg (ou plutôt non issu des plus vieilles !). Le millésime 2010 est marqué par une acidité bien présente, surprenante pour ce terroir, et une richesse importante. Le terroir précoce du Herrenweg présentait des conditions idéales de développement de pourriture noble et c’est pourquoi ce vin présente une richesse plus élevée, malgré une vendange assez précoce. Bien qu’ayant été en activité pendant une année entière, la fermentation s’arrêta avec quelques sucres résiduels.
3/2012: les terroirs sablo-graveleux produisent en général des vins très aromatiques et intenses au nez, avec une forte expression variétale, ce qui est le cas de ce vin. Ce Riesling est probablement le plus ouvert de tous les 2010 aujourd’hui. On trouve au nez des arômes de fruits blancs légèrement confits et un peu de cire, qui signe la présence de pourriture noble. La bouche est généreuse et ample, mais avant de trouver les sucres résiduels, l’acidité joue son rôle et apporte de l’harmonie. Ce vin finit beaucoup plus sec qu’il est possible de l’imaginer et au moment de la mise en bouteille je regrettais presque l’indice 2. Joli potentiel de garde. Ce vin devrait aussi se goûter encore plus sec avec le temps.

Riesling Herrenweg de Turckheim 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012 ; Alcool acquis : 13.3° ; Sucres résiduels : 7.5 g/l ; 5.6 g/l H2SO4, pH: 3.0; Rendement: 30 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2030 ; Age moyen des vignes : 35 ans ; Terroir : graves  quaternaires ; Indice 1.
Les caves du domaine Zind-Humbrecht sont situées au milieu du lieu-dit Herrenweg sur la commune de Turckheim. Le nom fait référence à une ancienne voie romaine reliant Colmar à l’autre côté des Vosges, appelé le ‘chemin des troupes ou soldats’. Le Herrenweg est notre terroir le plus précoce car il bénéficie du microclimat chaud et sec de Colmar. Le sol graveleux est très drainant et se réchauffe aussi très vite. Comme la croissance des vignes est plus corrélée avec les températures du sol que de l’air ambiant, il est aisé de comprendre que chaque cépage présent sur le domaine est toujours récolté en premier sur le Herrenweg. L’utilisation de préparats spécifiques bio-dynamiques ainsi qu’un travail particulier sur le plan de palissage (absence de rognage) permet d’avancer la maturité physiologique des vignes. Ceci est très important les millésimes où la richesse en sucre des raisins peut être élevée, car nous sommes alors en mesure de récolter plus tôt des raisins ayant une meilleure acidité. C’est exactement ce qui est arrivé dans ce terroir en 2010. Les raisins étaient bien mûrs avec malgré tout une très belle acidité. C’est peut être une contradiction pour certains, mais les analyses confirment cela.
3/2012: le nez traduit une minéralité surprenante pour ce terroir, habituellement plus fruité et moins complexe. La sélection était stricte en 2010 et la proportion de vieilles vignes plus importante. Les rendements sont faibles et cela confère au palais une structure proche de celle d’un terroir calcaire. L’acidité est vive et relativement saline. Les sucres résiduels sont très discrets et le vin se goûte sec. Il est dommage que ce soit un fût aussi petit car c’est probablement un de nos plus beau Herrenweg.

Riesling Heimbourg 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille: 3/2012; Alcool acquis : 13.7°; Sucres résiduels 5.5 g/l;  4.8 g/l H2SO4, pH: 3.2 ; Rendement : 40 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2013-2028+; Planté en 1994 ; Terroir : Calcaire oligocène, exposé sud sud-ouest, forte pente. Indice 1.
Le Heimbourg est un petit lieu-dit de 9ha situé à l’est de la commune de Turckheim, sur un terroir calcaire datant de l’oligocène, dont l’exposition tourne du sud à l’ouest. Le domaine Zind-Humbrecht y est propriétaire de 4,5ha. La partie orientée au sud est la plus pentue et se réchauffe le plus vite, c’est pourquoi nous y avons privilégié le Riesling. Les vignes y sont protégées des vents du nord et la maturité est plus facile pour ce cépage tardif. A l’opposé du Clos Jebsal, situé juste à côté du Heimbourg, le Riesling ne développe pas ou très peu de pourriture noble dans ce terroir, mais atteint quand même des belles maturités du à l’exposition solaire du cru. Le 2010 fut récolté très sain, assez tôt et la fermentation fut assez rapide et permis d’épuiser les sucres.
3/2012: ce vin développe un arôme fruité associé à une puissante expression minérale très classique. Le nez est très complexe et déjà bien ouvert. Il est possible de bien voir la direction que prend le vin. Les vignes commencent à atteindre un âge où les racines peuvent enfin explorer les parties les plus intéressantes du sol et cela se ressent en bouche. Ce vin est intense et puissant, l’acidité est mûre et le vin finit bien sec en finale. Contrairement à beaucoup de sols calcaires en 2010, le Heimbourg ne présente pas un caractère trop austère dans sa jeunesse, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas le faire vieillir un peu !

Riesling Clos Häuserer 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille: 3/2012, Alcool acquis : 12.7°; Sucres résiduels: 8 g/l ; 5.3 g/l H2SO4, pH: 3.1, Rendement: 29 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2030+ ; Vignoble planté en 1973. Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène. Coluvium de pente. Exposé est, très faible pente. Indice 1.
Le Clos Häuserer est juste sous la limite du Grand Cru Hengst à Wintzenheim. Le vin issu de ce terroir fut en fait appelé Riesling Grand Cru ou parfois Riesling Hengst dans les années 70 ! La délimitation définitive du cru est juste car le Clos Häuserer est situé sur un terroir calcaire beaucoup plus profond et riche que le Hengst. L’exposition est moins solaire, ce qui favorise aussi une maturation plus lente que dans le Hengst. La roche mère calcaire débute entre 1m et 1.5m de profondeur. Cette profondeur garantit une belle minéralisation et surtout une régularité d’apport en eau. Par contre, avant d’atteindre 20 ans d’âge, il était très difficile d’équilibrer la vigueur des vignes afin d’obtenir des rendements qualitatifs. Le Clos Häuserer est un terroir froid, bien que situé dans un méso-climat chaud, car la teneur en marnes du sol retarde le réchauffement en profondeur. Ceci explique les acidités souvent élevées dans ce terroir. En 2010, nous avons malheureusement perdu environ 40% de la récolte lors d’un orage de grêle début juillet. Les grappes étaient fragiles et tombaient entièrement à chaque impact. Le climat a permis à la vigne de récupérer rapidement sans problèmes sanitaires et la vendange a pu être récoltée en temps normal.
3/2012: ce vin commence à peine à exprimer une très belle minéralité typique du Riesling, dévoilant des arômes de pierre, un peu d’agrumes et fruits blancs. Il faudra probablement encore quelques mois voire quelques années pour que le fruité s’exprime pleinement. Le palais possède une structure tendue mais montre aussi une belle maturité dans la longueur de fin de bouche. Le 2010 est élégant et racé, supporté par un bel extrait sec, une acidité bien saline, sans avoir un alcool excessif. Les quelques sucres résiduels sont très bien intégrés et le vin finit bien sec.

Riesling Clos Windsbuhl 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille: 3/2012; Alcool acquis : 12.6°; Sucre résiduel: 4 g/l ; .6.0 g/l H2SO4, pH: 3.1; Rendement : 40hl/ha ; Optimum de dégustation: 2015-2035+; Age moyen des vignes : 36 ans ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est. Indice 1.
Le Clos Windsbuhl bénéficie d’un climat tardif, ce qui a probablement fait peur à beaucoup de vignerons dans le passé. Lorsque les bons choix sont faits (matériel végétal qualitatif, forte densité de plantation, bonne gestion du palissage et petits rendements), ce grand terroir est alors capable d’exprimer toute la pureté du calcaire du Muschelkalk en donnant aux raisins une belle structure saline et acide. Le climat tardif de ce cru est aussi compensé par une très belle exposition allant du sud-est au sud et une roche calcaire bien drainante et pas très argileuse. Le Riesling Clos Windsbuhl fut le dernier récolté en 2010, et malgré cela, fut récolté très sain et ayant une forte acidité. Le Windsbuhl eut aussi la chance d’avoir pu fleurir juste après la période froide et donc il y eut moins de pertes par coulure ou millerandage.
3/2012: rien au nez ne prépare le dégustateur à la sévérité de ce vin. L’expression aromatique est très classique : pierre mouillée, léger toast lié au contact sur lies totales pendant 18 mois, agrumes (citron) et bien sur une belle minéralité. L’attaque en bouche est délicate mais progressivement l’acidité et la structure tendue se mettent en place. La tension de ce vin est palpable. En finale de bouche, le vin s’ouvre progressivement, et malgré une grande délicatesse et structure aérienne, persiste longuement sur la minéralité du vin. C’est un vin qui se perçoit très sec et qui mérite une garde prolongée !

Riesling Grand Cru Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bt: 9/2011; Alcool acquis : 12.5°; Sucres résiduels: 9.5 g/l ; 4 g/l H2SO4, pH: 3.4; Rendement: 25 hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2035+; Age moyen des vignes : 48 ans ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. ; Indice 1.
Le Clos-Saint-Urbain est situé autour de la Chapelle du même nom au milieu du Grand Cru du Rangen sur la commune de Thann. Le Rangen est notre vignoble le plus en altitude (350m à 450m) et probablement l’un des plus hauts d’Alsace. Malgré une pente vertigineuse de 90% en moyenne, une exposition sud et une réfraction du soleil sur le sol volcanique, le débourrement et la floraison sont environ décalés de 15 jours par rapport à Turckheim. En 2010, cela a permis aux vignes de fleurir dans de meilleures conditions et d’éviter la vague de froid de début juin. Les rendements à Thann étaient donc plus proches de la normale (la moyenne pour le Riesling Rangen étant autour de 30hl/ha). Les raisins étaient récoltés très sains en 2010 et ce fut l’un des vins à finir la fermentation la plus rapidement. 2010 a vraiment un profil très tardif pour ce terroir.
3/2012: il est tellement aisé de reconnaître ce terroir par le nez du vin. On y retrouve de puissants arômes de pierre à fusil, fumée et iode. Le nez peut paraître expressif car puissant, mais en fait il est encore assez fermé et austère. Il faudra quelques années pour le voir s’ouvrir. Les trois cépages se retrouvent sur un profil aromatique identique en 2010 au Rangen. Le palais est puissant, malgré un alcool modeste, très long et se distingue par une finale très enveloppante. Ce vin se distingue plus par la minéralité du terroir que par son acidité, très saline, qui change la texture tu vin en bouche et le fait paraitre plus gras. Grand vin de garde !

Riesling Grand Cru Brand Vieilles Vignes 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bt: 3/2012 ; Alcool acquis : 12.9°; Sucres résiduels : 33.5 g/l ; 5.8 g/l H2SO4, pH: 3.1; Rendement : 17hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2035+; Age moyen des vignes : 60 ans ; Terroir: granit biotite exposé sud, Forte pente. Indice 3.
Le terroir du Brand est probablement l’un des plus précoces d’Alsace. Il bénéficie d’une exposition très solaire et chaude. L’association entre un sol de granit chaud, très drainant et une année climatique qui a apporté suffisamment d’eau en août permet d’expliquer pourquoi ce vignoble a su développer autant de pourriture noble. La plupart des millésimes, nous avons le temps d’effectuer des tries pour séparer les raisins les plus riches des grappes saines pouvant produire un vin plus sec. En 2010 se fut presque impossible car le botrytis était pratiquement présent sur tous les raisins. Les raisins les plus sains ont produit ce vin qui a quand même atteint un niveau de concentration très élevé. Ce fut aussi le vin le plus lent à finir sa fermentation, probablement aussi à cause de son acidité élevée.
3/2012: étant l’un des Riesling à avoir passé le plus de temps en fermentation, le Brand VV 2010 est encore très marqué par l’élevage et il lui faudra encore quelques mois pour vraiment s’ouvrir sur ses arômes de fruits mûrs qui lui sont si caractéristiques. Le Brand est toujours l’un de nos Riesling les plus aromatiques, et celui-ci ne fera pas exception à la règle. Le palais est par contre déjà en harmonie entre les sucres résiduels bien présents et une acidité tendue. En fait, le vin se goûte bien plus sec que la lecture de l’analyse ne le laisse deviner. La finale est longue et délicate, marquée par une légère présence de pourriture noble et d’agrumes.

Pinot-Gris Calcaire 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012 ; Alcool acquis : 14° ; Sucres résiduels: 10 g/l ; 4.3 g/l H2SO4, pH: 3.5, Rendement : 50 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2025+ ; Age moyen des vignes : 20 ans ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud ; sud-est, Indice 2.
En 2010, le Pinot-Gris Calcaire provient intégralement de jeunes vignes plantées entre 1988 et 1992 au Clos Windsbuhl de Hunawihr. Ce terroir produit des vins marqués par une structure délicate et une grande élégance, soulignés aussi par une acidité racée. Notre objectif était d’éviter que ces vignes ne partent en sur-maturité, afin d’éviter un alcool et sucres résiduels trop importants. Ceci fut assez aisé en 2010, car l’évolution de la maturité était un peu plus lente et le botrytis ne se développa que bien après la récolte. La fermentation était assez rapide et le vin ne conserva pas beaucoup de sucres résiduels. Bien sûr, il n’est pas possible d’obtenir autant de complexité que dans les vins produits par des vignes beaucoup plus vieilles, enracinées plus en profondeur.
3/2012: le nez est déjà très élégant, marqué par des arômes de fruits frais (poires, coings, pêche des vignes) mais aussi une expression classique du cépage (toasté, grillé, fumé…). L’effet du calcaire se goûte au palais par une texture fine et un bon support acide mûr. Bien qu’ayant un peu de sucres résiduels, la finale est nette et presque sèche. Ce vin évoluera très bien.

Pinot-Gris Herrenweg de Turckheim 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012; Alcool acquis : 14.3°; Sucres résiduels 26 g/l ; 4.7 g/l H2SO4 ; pH: 3.4; Rendement: 37 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2020 ; Age moyen des vignes : 19 ans; Terroir : graves du quaternaire ; Indice 3.
Le Herrenweg est localisé sur le cône de déjection de la rivière Fecht entre Turckheim et Wintzenheim. Le sol, composé de sables fins et graves, peine à conserver les minéraux et souffre souvent de sécheresse (surtout les jeunes vignes). Par contre, les capacités de drainage et de réchauffement du sol deviennent de grands avantages en année normale, surtout lorsque la pluviométrie n’est pas déficiente, car ils permettent un avancement des vendanges intéressant. En 2010 la récolte était vraiment plus faible que d’habitude et en conséquence, les raisins ont atteint une maturité élevée. Grâce à l’avancement de la maturité physiologique, nous pouvons aussi conserver une belle acidité dans un terroir connu pour perdre ses acides très vite en cas de vendange plus tardive. La fermentation fut particulièrement lente et nous avions même pensé que ce vin allait garder encore plus de sucres résiduels.
3/2012: à ce stade très précoce, le Pinot-Gris possède encore beaucoup d’arômes post fermentaires très attrayants, un nez expressif et ouvert, dévoilant des arômes toastés, amande, cire et même un peu de fumée. Le palais devrait se goûter plus moelleux mais l’acidité joue son rôle équilibrant, ce qui rend la finale très nette et sans lourdeur. 2010 est l’année parfaite pour le Herrenweg !

Pinot-Gris Heimbourg 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012 ; Alcool acquis : 14.9° ; Sucres résiduels 16.5 g/l ; 4.7 g/l H2SO4, pH: 3.4 ; Rendement: 21 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2028+ ; Age moyen des vignes : 25 ans ; Terroir : marno-calcaire exposé à l’ouest ; Indice 2.
Nous avions choisi de planter le Pinot-Gris sur la partie supérieure du Heimbourg, beaucoup plus pauvre en argiles et plus exposée aux vents et donc plus tardive. A cet endroit, le pH du sol à un mètre de profondeur est entre 9 et 9.5, donc très agressif pour la vigne, mais le Pinot-Gris y trouve une belle expression de terroir. L’exposition ouest tardive est aussi favorable à une maturation lente et donc une meilleure préservation des acides, de plus, en cas de développement de botrytis, celui-ci est tardif et donc nous avons beaucoup moins de problèmes de pourriture précoce. En 2010, l’avancement de la maturité phénolique nous a permis de récolter les raisins tôt dans l’espoir d’obtenir un vin plutôt sec. La fermentation fut très lente au point que nous demandions si elle allait un jour finir ! Ce fut chose faite avec quelques discrets sucres résiduels. Le Heimbourg est encore un vignoble jeune, mais à chaque année qui passe, ce terroir s’affirme de plus en plus comme étant un très beau cru de Turckheim.
3/2012: le Heimbourg se distingue par un style très aromatique, fruité (fruits confits, abricots). En 2010, le caractère fermentaire est encore marqué : toast, pain grillé, crème brulée. Un contact prolongé sur lies de fermentation en est le responsable. Le palais est rond et harmonieux. La finale est longue, s’ouvre doucement sur des arômes fumés. Les quelques sucres résiduels sont bien intégrés et apportent plutôt du gras que de la douceur.

Pinot-Gris Rotenberg 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2011; Alcool acquis : 13.4°; Sucres résiduels: 19 g/l ; 5.1 g/l H2SO4, pH: 3.4, Rendement: 24 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2013-2030+ ; Age moyen des vignes : 29 ans ; Terroir : calcaire oligocène exposé ouest/ nord-ouest. Forte pente. Indice 2.
Le Rotenberg est situé sur le flanc ouest du Hengst Grand Cru et tourne graduellement de l’ouest vers le nord. Ce terroir, plus froid et moins solaire ne souffre pas de son caractère tardif. La qualité essentielle du Rotenberg provient de son sol, composé de calcaire oligocène riche en fer, lui donnant une couleur rouge brique. La couche de terre arable est très fine et les racines se trouvent très vite dans le caillou calcaire à 30/40cm de profondeur. On y retrouve des argiles très intéressantes mais en faible quantité. Il est donc normal que le Rotenberg soit l’un de nos vignobles produisant les rendements les plus faibles, ce qui est idéal pour ce cépage. De par son exposition, le soleil apparaît tard le matin, ce qui permet aux raisins de conserver une belle acidité et de mûrir lentement. Malgré une grande facilité à développer la pourriture noble en général, en 2010, nous avions préféré récolter avant une augmentation trop importante de la richesse en sucre des raisins. La fermentation aurait pu s’accomplir jusqu’au bout, mais les levures indigènes en ont décidé autrement !
3/2012: étant en bouteille depuis plus longtemps, ce vin trouve aujourd’hui une belle expression aromatique. Le nez est délicatement marqué par des arômes fumés, toastés et un fruité mûr. Le palais débute sur une sensation de légère rondeur mais une acidité bien ferme apporte une harmonie en finale et fait un peu oublier les sucres résiduels. Ce vin se goute très facilement et sera un bel accompagnement à beaucoup de plats.

Pinot-Gris Clos Windsbuhl 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012 ; Alcool acquis : 15.6° ; Sucres résiduels: 15 g/l ; 4.2 g/l H2SO4, pH: 3.5, Rendement : 32 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2035+ ; Age moyen vignes : 41 ans ; Terroir : Calcaire muschelkalk exposé sud ; sud-est, Indice 2.
Les vieilles vignes de Pinot-Gris sur le Clos Windsbuhl ont été plantées par le précédent propriétaire dans les années 50 et 60. Ces années-là, le choix du porte-greffe et plants était plus orienté sur la qualité, et surtout, les densités de plantations étaient plus importantes car il n’y avait pas encore de tracteurs encombrants et larges comme aujourd’hui. Le Windsbuhl est aussi situé dans une zone tardive en Alsace et à une altitude plus haute (300 à 350m), ce qui explique le caractère tardif de ce cru, malgré une belle exposition et pente marquée. Comme tous les vignobles tardifs, le Windsbuhl conserve un bel état sanitaire et surtout aussi une acidité importante. De ce fait la pourriture noble se développe plus tard, même sur le Pinot-Gris. En 2010, cela fut assez phénoménal et il fut possible de trier les raisins. Ce vin provient de la partie saine et une fermentation très puissante en épuisa une grande partie des sucres.
3/2012: le nez dévoile toute la délicatesse et race du terroir calcaire. Il y a une sensation harmonieuse entre les arômes de fruits blancs mûrs (pêche, poire) provenant de la légère présence de pourriture noble et la minéralité marquée de ce vin qui cache sa puissance derrière une structure saline. Les sucres résiduels disparaissent en bouche. Quelle différence avec les jeunes vignes !

Pinot-Gris Grand Cru Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille 9/2011 ; Alcool acquis : 13.6° ; Sucres résiduels: 49 g/l ; 4.8 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement: 17 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2015-2040+ ; Age moyen des vignes : 41 ans ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. Indice 5.
Comme dans beaucoup d’autres terroirs en 2010, le Pinot-Gris Rangen a pu développer une jolie pourriture noble alors que le Riesling était resté beaucoup plus sain. Le Rangen bénéficie d’un climat tardif qui est contre balancé par une exposition très solaire, ce qui permet souvent à ce terroir de rattraper et dépasser beaucoup de terroirs plus précoce. L’effet combiné de la rivière Thur, apportant de l’humidité et de la réverbération du soleil, et le sol sombre volcanique très desséchant peut expliquer une telle présence de pourriture noble sur un cépage à la peau aussi fragile que le Pinot-Gris, surtout sur la partie basse proche de la rivière. La coulure fut plus importante sur ce cépage car la floraison eut lieu plus tôt. La fermentation fut assez rapide (trois mois) pour terminer sur un équilibre moelleux, normal pour un vin ayant une telle richesse.
3/2012: le nez possède une personnalité très proche de celle du Riesling en 2010. Sans l’apport de pourriture noble (cire, encaustique, miel) qui distingue ce vin du Riesling, les arômes de pierre à fusil, fumée, iode, voire presque tourbés sont très proches de ceux du Riesling dans ce millésime. Le nez est encore fermé et ne laisse en rien deviner la richesse en bouche. Le palais est dense, long et très minéral, sans lourdeur, toujours grâce à cette élégance propre au millésime. La fin de bouche est moelleuse mais la minéralité et structure feront certainement évoluer ce vin vers une sensation de sec avec le temps. Vin de grande garde.

Gewurztraminer Gueberschwihr 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille: 9/2011 ; Alcool acquis : 14.2° ; Sucre résiduel: 6 g/l ; 4.8 g/l H2SO4, pH: 3.5; Rendement: 49 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2025 ; Age du vignoble: 27 ans ; Terroir : Argilo-silico-calcaire, pente faible Est ; Indice 1.
Seule une petite parcelle située à proximité du Grand Cru Goldert produit ce vin sur la commune de Gueberschwihr. Le sol y est toutefois très différent (moins calcaire et plus marneux). Les nouvelles règles de production des vins de village ne nous permettrons pas de continuer à produire ce vin dans la mesure où nous sommes les seuls vignerons du village à utiliser cette dénomination. Le calcaire y est ici moins intense (pH plus faible du sol) et l’accumulation de quelques dépôts siliceux en surface confère un style plus aromatique et floral à ce vin. Cette vigne est aussi récoltée en même temps que les Muscats du Goldert, car ce terroir n’autorise pas un  développement qualitatif de la pourriture noble, aussi nous préférons l’éviter. Les raisins sont donc récoltés très sains et une fermentation lente en 2010 aura quand même permis d’obtenir un vin assez sec et expressif.
3/2012: l’expression aromatique se situe à mi-chemin entre le floral intense et l’épicé austère. Ce vin est aujourd’hui déjà très expressif, grâce à une belle fixation des arômes obtenue par une fermentation lente. La bouche possède une belle vivacité, assez rare sur ce cépage et accentuée par une finale se goûtant sec. C’est un vin complexe et élégant mais plus destiné à ceux qui préfèrent des Gewurztraminer plus discrets et secs.

Gewurztraminer Calcaire 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille: 3/2012; Alcool acquis : 14.6°; Sucres résiduels : 13.4 g/l ; 4.6 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement : 18 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2013-2025+; Age moyen des vignes : 27 ans, Terroir : Calcaire Oligocène, exposé ouest, moyenne à forte pente et calcaire oolithique à pente moyenne. Indice 2.
En 2010, la récolte de nos vignes de Gewurztraminer Goldert et des vignes de 30 ans sur le Hengst était tellement faible suite à la floraison difficile (et grêle sur le Hengst) que nous avions décidé d’assembler les deux vins sous cette dénomination. Tous les deux vins sont situés sur un substrat calcaire et sont capable de produire des Gewurztraminer très typés. L’influence du calcaire se reconnait par un nez moins floral (géranium moins marqué) et un palais souvent mieux structuré (plus d’acidité et tannins nobles). Le Calcaire 2010 a fermenté sur 12 mois  pour finir une grande partie de ses sucres. Ce vin incorporera dans le futur aussi les vins de Gueberschwihr ou tout autre raisin issu de terroir calcaire.
3/2012: le nez est déjà bien affirmé et intense. On y retrouve quelques effluves de rose ancienne, réglisse et menthe, mais surtout des épices (clou de girofle, safran, poivre). Il faudra encore un peu de temps pour oublier le caractère fermentaire, lié au long séjour sur lies totales du vin. Le nez annonce un vin doux, mais en fait le palais se goûte à peine rond et bien plus sec qu’on ne pourrait le penser. Malgré une texture riche, la finale est délicate et légère.

Gewurztraminer Herrenweg de Turckheim 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2011; Alcool acquis : 12.9°; Sucres résiduels : 69 g/l ; 4.2 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement: 32 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2025; Age moyen des vignes : 57 ans ; Terroir : graves quaternaires ; Indice 5.
Pour une fois, la situation précoce du Herrenweg aura joué des tours à ce terroir. La floraison débuta début juin et les raisins étaient en pleine floraison au moment où le climat devint froid et humide. Le Gewurztraminer est un cépage très fragile aux brusques changements de températures et la conséquence du mauvais temps en juin aura été une mauvaise pollinisation des fleurs, provoquant de la coulure (chute des fleurs avortées) ou du millerandage (un seul pépin, donc baie plus petite). Il en résultait une récolte très petite et beaucoup plus riche. Malgré l’absence de pourriture noble, la fermentation s’arrêta tôt, conservant beaucoup de sucres résiduels dans le vin. On est ici très proche de la richesse d’une vendange tardive.
3/2012: en présence de passerillage, le vin devient très aromatique et floral, avec une caractéristique variétale intense mais très mûre. La petite récolte aura permis au vin d’être complexe et équilibré sans rentrer dans l’expression vulgaire du Gewurztraminer. Ayant atteint un alcool acquis faible, ce vin est très élégant en bouche et les sucres résiduels ne sont pas lourds. La finale est très moelleuse et c’est un vrai vin de fin de repas. Comme beaucoup de 2010, la puissance est bien cachée derrière la structure du vin.

Gewurztraminer Herrenweg de Turckheim Vieilles Vignes 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2011; Alcool acquis : 12.8°; Sucres résiduels : 72 g/l ; 4.0 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement: 18 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2030+; Age moyen des vignes : 64 ans ; Terroir : graves quaternaires ; Indice 5.
Tout comme les autres vignes du Herrenweg, les vieilles vignes ont aussi souffert d’une floraison difficile et les rendements étaient encore plus bas. La comparaison des analyses des deux Gewurztraminer Herrenweg montre une grande similitude et il est juste de penser que l’on aurait pu assembler ces deux vins. Le Herrenweg est un terroir de graves et d’alluvions jeunes dont le défaut principal est une plus faible richesse minérale et une faible résistance à la sécheresse. Pour exprimer une plus grande complexité, il faut que les racines descendent plus profondément, ce qui n’est pas si facile dans des sols se compactant facilement comme les graves. Une agriculture favorisant la maintenance des minéraux plus proche de la surface (grâce à la vie microbienne et aux plantes adventices) permettra de compenser un peu, mais rien ne remplacera des racines de vieilles vignes. Si l’analyse est presque identique, le goût du vin est complètement différent.
3/2012: l’influence des Vieilles vignes est déjà bien marquée au nez comme en bouche. L’expression florale est beaucoup plus discrète et le nez se distingue par des arômes épicés, profonds et complexes associés à une influence du botrytis non négligeable (rôti, fumé, presque viande séchée). Le palais possède une structure plus affirmée qui rend les sucres résiduels moins apparents. Il s’agit toujours d’un vin très moelleux et tout en harmonie. Il trouvera sa place en fin de repas, mais plus sur le fromage que les desserts.

Gewurztraminer Heimbourg 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille: 3/2012; Alcool acquis : 15.7°; Sucres résiduels : 21 g/l ; 3.8 g/l H2SO4, pH: 3.8; Rendement : 22 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2028+; Vignoble planté en 1983;  Terroir : Calcaire Oligocène, exposé ouest, moyenne à forte pente. Indice : 2.
En plantant le Gewurztraminer sur la face la plus froide de la colline calcaire du Heimbourg à Turckheim, nous prenions un certain risque. Autant les courants d’air plus frais sont les bienvenus en été, autant ils risquent de provoquer de la coulure durant la  floraison, et c’est bien ce qui s’est passé en 2010, causant une chute spectaculaire du rendement. Le fait d’être obligé de mûrir ses raisins plus lentement a cependant ses mérites. Le cépage Gewurztraminer est riche en arômes terpéniques (géranium, rose) , considérés comme vulgaires s’ils dominent le vin. En récoltant plus tard, il est possible d’obtenir une meilleure maturité physiologique mais aussi de voir ces arômes volatiles diminuer. Le vin devient plus complexe et l’expression aromatique est plus stable. Le Heimbourg 2010 était récolté principalement sain. La forte maturité provient donc de la physiologie de la vigne et des rendements faibles, et non pas du botrytis. La fermentation dura plus d’une année en allant assez loin malgré la petite présence de sucres résiduels.
3/2012: le nez exprime une typicité très Calcaire. On y retrouve beaucoup d’arômes de pierre, bacon, viande fumée, épices. Ce vin se livre lentement et peut paraître assez austère à première vue. Le palais est aujourd’hui plus expressif de par sa puissance et persistance, tout en masquant une grande partie de sa richesse. La texture ferme et harmonieuse en fait un vin assez facile à utiliser à table. Bien sûr, la richesse du vin doit être compensée par une certaine richesse des plats ! A attendre…

Gewurztraminer Grand Cru Hengst 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012; Alcool acquis : 14.35° alc ; Sucres résiduels : 37 g/l ; 4.5 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement : 16 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2015-2040+ ; Age moyen des vignes : 59 ans ; Terroir : Marnes calcaires de l’oligocène, exposé sud sud-est, pente moyenne à forte. Indice 3.
Le Grand Cru du Hengst possède une grande réputation pour sa capacité à produire des grands Gewurztraminer de garde. L’association d’un calcaire très actif, des marnes très minéralisées et un climat assez sec, chaud et pas trop précoce procurent les meilleures conditions pour ce cépage exigeant. Il était triste de voir ces superbes vieilles vignes grêlées début juillet, et en conséquence, perdre presque la moitié de la récolte. La très faible récolte aura au moins permis à la vigne de récupérer plus vite et de produire ce vin extraordinaire en 2010 ! Comme l’orage était tôt en saison, c’est le raisin entier qui tombait lorsque touché par un grêlon. Les fruits subsistants étaient bien orangés (les clones modernes sont plus violets), avec un bel état sanitaire. Le vin a fermenté en deux fois pour finir légèrement moelleux.
3/2012: le nez est complexe et associe des très discrets arômes de fruits exotiques/agrumes et de très beaux épices. La bouche prend le relais avec une expression fumée et épicée. C’est à la fois un vin délicat et très intense, très loin du style des Gewurztraminer parfumés. Le palais est concentré, il est facile de ressentir la texture serrée et riche en extraits secs. Malgré une récolte un peu plus tardive, l’acidité est encore bien présente mais beaucoup plus saline. Les sucres résiduels s’effacent en finale. Grand vin de garde !

Gewurztraminer Grand Cru Rangen de Thann Clos-Saint-Urbain 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 3/2012; Alcool acquis : 14.8°; Sucre résiduel: 37 g/l ; 4.9 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement: 28 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2015-2040+ ; Age moyen des vignes: 31 ans ; Terroir : Volcanique (tufs & grauwackes), exposé sud, très forte pente. Indice 3.
Aujourd’hui, nous cultivons deux petites parcelles de Gewurztraminer situées dans le terroir volcanique du Rangen. Toutes les deux, assez proches, sont situées juste au-dessus de la rivière Thur. Elles profitent donc pleinement de l’influence de la rivière sur le climat du Rangen et sur le développement du botrytis. La forte minéralité du sol donne une personnalité unique au vin du Rangen, même sur ce cépage pourtant très variétal et même lorsqu’il y a présence importante de pourriture noble. En 2010, la pourriture noble a fait son apparition tard mais de façon importante. Si son action est discrète, elle se remarque surtout sur l’accroissement important de l’acidité. La fermentation était moyennement longue mais assez puissante pour finir sur un équilibre classique à peine moelleux.
3/2012: la personnalité du lieu est remarquable sur l’expression aromatique de ce vin. Il y a beaucoup de fumée, de pierre à fusil, des arômes marins (iode), poivre. Tout rappelle la pierre dans ce vin qui demande encore à s’ouvrir. La bouche est longue et intense. L’acidité apporte un bel élément de fraîcheur et masque la puissance de ce vin ainsi que son amer noble. Ce Rangen vieillira bien !

Gewurztraminer Clos Windsbuhl 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bt: 9/2011; Alcool acquis : 13.3° alc ; Sucres résiduels: 60 g/l ; 4.4 g/l H2SO4, pH: 3.6; Rendement : 17hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2040+ ; Age moyen des vignes : 40 ans ; Terroir : Calcaire Muschelkalk exposé sud, sud-est ; Indice 5.
Le Clos Windsbuhl est un clos historique situé en haut du village de Hunawihr sur un terroir calcaire du Jurassique. Les premières mentions dans le passé datent de 1324 à l’époque où le Windsbuhl était la propriété des Habsbourg d’Autriche qui l’utilisaient aussi comme relais de chasse. Ce clos bénéficie d’un climat tardif qui produit des vins élégants et racés. Le choix du Gewurztraminer était probablement un challenge au moment de la plantation (années 60 et 70), car ce cépage a besoin de chaleur lors de la maturation, mais le sol étant très caillouteux et bien drainé, les raisins arrivent à atteindre des maturités élevées chaque année. La floraison débuta juste à la fin de la période froide, mais les rendements étaient quand même très faibles. Comme dans beaucoup de millésimes dans le passé, le Windsbuhl fut vendangé riche, avec une belle acidité mûre et la fermentation s’arrêta avec beaucoup de sucres résiduels
3/2012: ce vin dévoile déjà une grande richesse aromatique, très fruitée et exotique à l’ouverture, mais évoluant vers des arômes plus complexes et épicés avec le temps. Il y a une vraie sensation de richesse au nez, appuyée par des arômes de fruits confits. Le palais est rond et onctueux, très proche d’une vendange tardive en style. La sucrosité importante est en harmonie avec la structure du vin. Ce vin peut paraître déjà prêt aujourd’hui, mais il bénéficiera d’un vieillissement prolongé.

Riesling Grand Cru Brand Vieilles Vignes Vendange Tardive 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bt: 3/2012 ; Alcool acquis : 14°; Sucres résiduels : 58 g/l ; 7.0 g/l H2SO4, pH: 3.1; Rendement : 17hl/ha ; Optimum dégustation: 2015-2050+; Age moyen des vignes : 60 ans ; Terroir: granit biotite exposé sud, Forte pente. Indice 4.
Le Riesling Grand Cru Brand Vendange Tardive est issu principalement de la partie du Brand appelée Schneckelsbourg, à l’est du Grand Cru et juste au-dessus du Clos Jebsal. Le sol, en surface, a un aspect identique au reste du Grand Cru, à savoir, est composé de granit biotite. En profondeur par contre, seulement atteignable par des vieilles vignes, on retrouve des couches de marnes calcaires. Ce petit détail change légèrement le profil du vin et explique pourquoi les Riesling issus du Schnekelsbourg sont souvent plus puissants et développent plus facilement de la pourriture noble. Cette partie du Brand a aussi la capacité de conserver de belles acidités, ce qui est essentiel dans la production de vins moelleux. La fermentation, très lente, s’est déroulée en deux temps, pour éventuellement se poursuivre plus loin qu’espéré. L’équilibre final se joue sur une acidité remarquable et un sucre résiduel discret.
3/2012: le nez exprime une très forte sensation de minéralité, de pierre et de fleurs blanches délicates. La pourriture noble est en recul dans ce vin et il est presque impossible de deviner sa puissance au nez. La bouche est ferme et possède une structure dense et racée. L’acidité est structurante et prend d’emblée le palais pour ne presque pas révéler les sucres résiduels pourtant importants, d’où l’attribution d’un indice 4 sur les notes de dégustations. Une aération prolongée permet de percevoir des arômes d’agrumes et de fruits mûrs. Ce Brand est un vin de grande garde.

Pinot-Gris Vieilles Vignes Vendange Tardive 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2011; Alcool acquis : 12°; Sucres résiduels 93 g/l ; 5.5 g/l H2SO4, pH: 3.3; Rendement: 17 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2012-2030+ ; Age du vignoble: 65 ans ; Terroir : graves du quaternaire.
Ces vieilles vignes de Pinot-Gris ont été plantées par mon grand-père Zind dans le secteur du Herrenweg principalement. Ce vignoble nous est cher car il est composé d’une sélection massale exemplaire de Pinot-Gris (petites grappes et une grappe par rameau) alors que les sélections modernes ou clones sont beaucoup plus fertiles (trois grappes par rameau et moyennes et grosses grappes). Tout comme son cousin  le Pinot-Noir, la qualité du Pinot-Gris chute très vite avec l’augmentation de la taille de la récolte tout en devenant plus sensible à la pourriture noble. Nous sélectionnons nos bourgeons pour les nouvelles plantations ou complantations dans cette parcelle. En 2010, la récolte fut très faible et l’ensemble des raisins ont très rapidement atteint une maturité de Vendange Tardive. La fermentation s’épuisa tôt sous l’influence de la richesse en sucre/acide et du botrytis, conservant beaucoup de sucres résiduels.
3/2012: les arômes intenses de fruits mûrs, coings, abricots secs et un peu de cire/miel trahissent une grande présence de botrytis et laissent facilement deviner la richesse en bouche. Le palais est onctueux, riche et suave. L’acidité, assez importante pour un terroir de graves, apporte une jolie fraîcheur en finale. L’équilibre est obtenu naturellement (nous ne stoppons jamais une fermentation) par les levures qui s’arrêtent de fermenter d’elles-mêmes. Ce vin est déjà très agréable aujourd’hui mais pourra cependant bien évoluer.

Pinot-Gris Clos Jebsal Vendange Tardive 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2011; Alcool acquis : 13.3° ; Sucres résiduels: 72g/l ; 4.7 g/l H2SO4, pH: 3.5; Rendement : 33 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2015-2040+; Age moyen des vignes : 27 ans ; Terroir : Marnes grises et Gypse. Exposé sud, terrasses et forte pente.
Du Brand vers le Heimbourg, en traversant le Clos Jebsal, il est possible de constater les changements de sols radicaux en surface entre ces trois terroirs, pourtant très proches. En Alsace, les lignes de failles sont orientées nord-sud mais aussi est-ouest, contrairement à la Bourgogne par exemple, ce qui morcèle beaucoup plus la géologie Alsacienne. Le Clos Jebsal est entouré par deux lignes de failles, formant un petit triangle de 1,3ha, et délimité à la base par la plaine d’Alsace. Plein sud, en terrasses sur une pente raide, le Jebsal est situé sur un substrat marno-calcaire (gypse) du Trias. La précocité du terroir contrastant avec un sol froid et profond provoque chaque année un développement de pourriture noble important. Nous y avons produit des VT et/ou SGN depuis 1990 ! En 2010, nous avons produit cette vendange tardive ainsi qu’une SGN très riche.
3/2012: le Clos Jebsal n’est pas un vin qui s’exprime précocement. Le nez est classique pour ce terroir avec beaucoup de minéralité, un léger caractère fumé et un botrytis discret, qui ne renseigne pas sur la richesse potentielle de ce vin. L’équilibre de bouche est basé sur l’acidité et une sucrosité discrète et élégante. A nouveau les levures indigènes ont su trouver l’harmonie idéale sans intervention de notre part. La fin de bouche est intense et longue et tout comme le nez demande encore à s’ouvrir. Dans l’ensemble, ce vin dégage un caractère sérieux. Seule une aération longue permet de déceler le futur : des arômes de fruits confits, coings,…

Gewurztraminer Vieilles Vignes Vendange Tardive 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2011; Alcool acquis : 10.7°; Sucres résiduels : 131 g/l ; 4.2 g/l H2SO4, pH: 3.7; Rendement: 14 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2014-2035+; Age moyen des vignes : 65 ans ; Terroir : graves quaternaires.
Ce vin est issu d’un assemblage de parcelles de vieilles vignes à Wintzenheim et sur le Herrenweg. Dans les deux terroirs la récolte était vraiment très faible et toutes les deux sont situées sur un terroir de graves. Il était donc logique de les assembler, d’autant plus qu’elles ont été récoltées le même jour. La pourriture noble s’est rapidement développée sur la quasi-totalité des raisins. Il n’était donc pas surprenant de constater que le résultat est proche d’une SGN en richesse potentielle, en style et en rendement. Une trie n’était pas envisageable, principalement à cause des rendements déjà très faibles, mais aussi car nous ne préférons pas faire de vins trop riches sur les terroirs de graves. La fermentation était lente et le vin trouva son équilibre avec peu d’alcool acquis.
3/2012: le nez est très expressif et aromatique, marqué par des arômes intenses fruités, agrumes et phénoliques (rôti du botrytis, cacao). Il est rare de trouver une forte minéralité dans ces terroirs, mais l’effet de concentration des vieilles vignes - et du botrytis - procure une belle tension saline en bouche. La fin de bouche est liquoreuse, tout en délicatesse, grâce à un alcool faible et une sensation de belle acidité. Ce vin va s’ouvrir assez vite, mais devrait aussi bien vieillir.

Pinot-Gris Clos Windsbuhl Sélection de Grains Nobles 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : 9/2012 ; Alcool acquis : ?° ; Sucres résiduels: ?(récolté à 172° Oechslés ou 23° potentiels) ; ? g/l H2SO4, pH: ?, Rendement : 9 hl/ha ; Optimum de dégustation: 2020-2050+ ; Age moyen des vignes : 43 ans ; Terroir : Calcaire muschelkalk exposé sud ; sud-est.
Les vignes de Pinot-Gris du Clos Windsbuhl les plus anciennes ont été récoltées avec beaucoup de pourriture noble. Les acidités étant très élevées, le botrytis était de grande qualité, ce qui nous a motivé à trier sévèrement cette Sélection de Grains nobles. Le résultat est surprenant de concentration minérale et acide. Le calcaire pauvre et caillouteux de ce terroir nous a souvent permis de produire des SGN de grande concentration, mais rarement avec autant de race et structure que celui-ci. La fermentation s’épuisa assez vite au bout de six mois pour conserver probablement beaucoup de sucres résiduels et peu d’alcool acquis.
3/2012: encore en petit foudre et probablement mis en bouteille seulement en septembre 2012. La dégustation montre aujourd’hui un vin totalement construit sur son acidité et ses sucres résiduels. Le nez est encore très fermé et minéral avec une petite expression du botrytis (les arômes de miel, cire, sirop d’érable sont encore très discrets). Le palais est ferme et serré sur une acidité vertigineuse. Ce sera un vin de très grande garde.

Pinot-Gris Clos Jebsal Sélection de Grains Nobles Trie Spéciale 2010 - Zind-Humbrecht
Mise en bouteille : ?/ ?; Alcool acquis : ?° ; Sucres résiduels: ?g/l (récolté à 198° Oechslés ou 29° potentiels) ; ? g/l H2SO4, pH: ?; Rendement : 8 hl/ha ; Optimum de dégustation: ?; Age moyen des vignes : 27 ans ; Terroir : Marnes grises et Gypse. Exposé sud, terrasses et forte pente.
Le Clos Jebsal est un tout petit terroir de 1.3ha situé dans le microclimat le plus chaud et le plus protégé des vents de la commune de Turckheim. Cette situation est à l’opposé du sol, très profond, riche en marnes et se réchauffant très lentement. Etant éloigné de toute source d’humidité, à part le sol, c’est probablement ce dernier qui permet d’obtenir très régulièrement un développement conséquent de pourriture noble. Le terroir marno-gypseux est très minéralisé et sa richesse permet aussi aux raisins de conserver une belle acidité, même en année chaude. Lorsque les prévisions météorologiques sont favorables, nous pouvons prendre la décision de faire une trie de baie, plus ou moins sévère en fonction du millésime (plus sévère en cas d’acidité très haute et belle qualité de botrytis). Lorsque la richesse potentielle est supérieure à 30° d’alcool (200° Oechslés), nous appelons ces vins ‘Trie Spéciale’. A ce niveau de maturité, la pression osmotique sur les levures est grande (à cause de la richesse en sucre), et associé à l’effet du botrytis, cela explique pourquoi ces vins s’arrêtent de fermenter très tôt, entre 5° et 7° d’alcool. Ces vins ne sont pas destinés à être bus jeune mais il faut les considérer comme étant capable de traverser les siècles.
3/2012: encore en fermentation et pourtant probablement en dessous de 5° d’alcool. Le nez est encore très fermentaire, marqué par des arômes de pommes fraiches, de cire et de levure. La bouche est dense comme de l’huile, et pourtant, les sucres résiduels sont maîtrisés par l’acidité. A attendre…