Première visite chez Maurice Heckmann (Dahlenheim) - abonnés

6 septembre 2006 - découvert lors de la journée des Grands Crus 2005 à Kientzheim avec un superbe riesling Grand Cru Engelberg 1999, la visite a permis de constater le grand potentiel des terroirs marno-calcaires autour de Dahlenheim. Découverte de 20 vins en compagnie de Maurice Heckmann.

Si Alphonse Heckmann a débuté la mise en bouteille au domaine en 1969, Maurice a repris l’exploitation en 1988. En 1998, d’importants travaux de rénovation de la cuverie et du vendangeoir permettent de moderniser l’exploitation et de faciliter le travail au moment des vendanges. Les vignes du domaine s’étendent sur les communes de Dahlenheim (dont le grand cru Engelberg juste voisin), mais aussi d’Avolsheim et de Molsheim, des terrains à dominante calcaire qui offrent de beaux coteaux orientés au sud et à l’Est. Le terroir marno-calcaire du Grand Cru Engelberg, adossé à la colline sous vosgienne du Scharrachberg contient une partie calcaire plus ou moins caillouteuse, ainsi que des marnes du Trias.

Le tarif indiqué est le tarif départ cave de 2006

Auxerrois 2004 – Maurice Heckmann (4.1€) : Le nez est ouvert, net et intense, avec des arômes de fleurs et d’asperge. La bouche débute par une attaque ample et légèrement douce, puis se montre dense  et plus fraîche avec du gras (6 g/l de sucre résiduel). Un auxerrois ample issu de parcelles sur sol calcaire sur Dahlenheim et Avolsheim. Bien

Riesling Finkenberg 2004 – Maurice Heckmann (5€) : une cuvée issue d’une vieille parcelle plantée sur le Finkenberg est une colline calcaire réputée à Avolsheim. Le nez est mûr et intense, avec des arômes d’agrumes mûres et de pamplemousse frais. L’attaque en bouche est souple, puis le vin se montre fruité, ample et profond avec une acidité fine et droite qui apparaît en fin de bouche. La finale est assez longue, avec des arômes de pamplemousse. Un vin riche et ample. Bien

Riesling Finkenberg 2003 – Maurice Heckmann (5€) : Le nez est mûr, avec des arômes de raisin sec et de fleurs banches. L’attaque en bouche est moelleuse (12g/l de sucre résiduel), puis le vin se montre minéral, profond avec une texture veloutée La fin de bouche devient plus sèche avec une légère amertume et des arômes de pamplemousse rose. Une belle réussite dans le millésime, et un style qui rappelle celui du riesling Clos Häuserer à Wettolsheim. Très Bien

Riesling Vieilles Vignes 2000 – Maurice Heckmann (7€) : Originaire des vieilles vignes du Finkenberg mais présenté sous son ancienne dénomination, ce 2000 surmûri présente un nez d’agrumes confits, de rhubarbe avec des notes fumées et légèrement pétrolées. L’attaque en bouche est moelleuse, avec une évolution acidulée, puissante et un peu rustique. La finale est complexe, de bonne longueur avec des arômes d’écorce d’agrumes, de citron confit et de plantes médicinales. Un riesling Bien

Riesling Grand Cru Engelberg 2004 – Maurice Heckmann : Le Riesling Engelberg est issu de 3 parcelles proches les unes des autres plantées en 1975. Le nez est discret, délicat et net avec des arômes de fleurs blanches, de bouillon blanc et d’agrumes. L’attaque est ample et grasse, puis le vin se montre élégant avec des notes florales, mais encore sur la réserve, avant de progressivement gagner en puissance. La finale est droite, longue et dominé par une pointe d’alcool. Un vin profond, dense et doté d’un gros potentiel de bonification, à conserver quelques années. Bien

Riesling Grand Cru Engelberg 2002 – Maurice Heckmann (8€) : Le nez est ouvert, épicé, poivré, intense avec des arômes de fruits acidulés. La bouche est riche, fruitée et souple en attaque, évoluant rapidement vers un équilibre puissant, tendu par une acidité très présente qui renforce le coté sec de la texture sur la langue. La finale est longue avec des arômes de fruits acidulés et d’épices. Un vin qui arrive doucement à maturité. Bien

Riesling Grand Cru Engelberg 2003 – Maurice Heckmann : Le nez est intense, avec des arômes de citronnelle, de miel, de mélisse et une note minérale, prenant des notes de pain grillé à l’aération. L’attaque en bouche est moelleuse, puis pure et minérale avec de la profondeur, donnant un bel équilibre. L’acidité plus basse que dans les 2002 et 2004 donne de la place à la profondeur du vin. La finale anisée donne une touche de fraîcheur bienvenue.  Une bonne réussite dans le millésime. Très Bien

Riesling Grand Cru Engelberg 1999 – Maurice Heckmann (8€): Le premier nez est discret, net et floral avec des arômes de fleurs blanches et d’anis, prenant de l’intensité à l’aération avec des arômes fumés. L’attaque en bouche est riche avec du gras, puis plus sèche, dense avec une bonne puissance. L’acidité se fait plus présente en fin de bouche, donnant un supplément de netteté à l’ensemble. Un beau riesling à point, parfait sur un poisson de mer, cabillaud ou bar cuisiné au beurre blanc. Un vin qui démontre le grand potentiel des calcaires du Grand Cru Engelberg. Très Bien

Muscat 2003 – Maurice Heckmann (5€) : Le nez est discret, très mur, miellé avec une note fumée. La bouche est sèche en attaque, puis plus grasse, souple avec un retour acidulé. L’acidité fait ressortir des tanins en fin de bouche, renforçant un léger caractère végétal en finale. Un muscat un peu déséquilibré dans le millésime. Bof

Pinot Noir rosé « cuvée d’été » 2005 – Maurice Heckmann (4.8€) : la robe est rose saumoné tirant sur l’œil de perdrix, pâle et brillante. Le nez est moyennement intense avec des arômes nets de fruits rouges. La bouche est fraîche, nette et désaltérante avec une finale légèrement asséchante. Un pinot noir rosé plaisant, issu de pressurage direct sans macération et vinifié en blanc sans fermentation malolactique. Bien

Pinot Noir 2004 – Maurice Heckmann (5€) : La version pinot noir clairet est issue d’une macération de 4-5 jours.  La robe est rouge cerise claire. Le nez est net, mûr avec des arômes de pruneau, de kirsch, évoluant sur des notes de ronce et de fumée. La bouche est souple en attaque, puis légère, fruitée avec des arômes de fruits rouges cuits, avant de prendre une note tannique prononcée en fin de bouche. Un pinot noir de style alsacien, gras et équilibré avec un beau fruit et une acidité mesurée pour le millésime. Bien

Pinot Noir Rouge 2003 – Maurice Heckmann (6.3€) : la vinification en rouge est cette fois nette avec 8 jours de macération. La robe est rouge cerise noire avec des reflets violets. Le nez est fruité, intense et net avec des arômes de cerise noire, de mûre et de cassis. La bouche est souple en attaque, puis assez ample, fruitée et mûre. La fin de bouche est souple, parfumée et élégante. Aucune aspérité ne vient entacher ce rouge souple qui reste léger mais issu d’un terroir qui lui donne de la profondeur. Facile à boire dès à présent, c’est un vin qui se conservera plusieurs années. Très Bien

Pinot Gris 2004 – Maurice Heckmann (5€) : Le nez est ouvert, floral avec des arômes de foin et des notes de pain grillé. L’attaque en bouche est ample, puis le vin se montre plus sec, acidulé avec une structure vivace qui évolue de manière plus ronde en finale avec une note épicée. Un beau pinot gris de style sec, bien charpenté dans cette gamme. Bien

Pinot Gris Vieilles Vignes 2002 – Maurice Heckmann (7.5€) : Le nez est discret, floral avec des arômes de miel et de fruits acidulés, évoluant sur des notes se fruits compotés. La bouche est moelleuse en attaque, grasse et assez pure, devenant plus fraîche en milieu de boche avec des arômes de fruits à noyau en finale. Un beau pinot gris souple, pur et dense, légèrement surmaturé, à boire. Bien

Pinot Gris Barrique 2002 – Maurice Heckmann (6.3€) : un essai réalisé à partir de la cuvée générique du millésime 2002, placé dans une barrique de 5 vins. Le nez est intense, boisé et fumé avec des arômes de citron, de miel et de champignon. La bouche est grasse en attaque, puis légère et assez sèche avec une acidité présente, et des tanins qui renforcent le caractère amer en fin de bouche. Le vin semble fatigué par la barrique, la cuvée vieilles vignes aurait été plus propice à un tel élevage. Bof

Pinot Gris Vendanges Tardives 2003 – Maurice Heckmann (17€) : issu de parcelles sur le Finkenberg et autour du Grand Cru Engelberg, le nez est intense avec des arômes de miel, de fruits confits, de pâte de coing, évoluant à l’aération sur une note de citron confit. L’attaque en bouche est moelleuse, puis le vin se montre profond et salin avec une bonne structure qui est encore un peu dominée par le sucre à ce stade. Le vin est superbement structuré, très minéral, et sera parfait dans 5-6 ans lorsqu’il aura digéré son sucre. Bien

Gewurztraminer 2004 – Maurice Heckmann (5.6€) : Le nez est discret avec des arômes de rose et de pivoine, évoluant sur des notes délicates de muguet. L’attaque en bouche est sèche et épicée, puis le vin se montre corsé, épicé et acidulé avec des notes de rose et de poivre en finale. Un gewurztraminer d’équilibre sec qui offre une belle matière. Bien

Gewurztraminer Vieilles Vignes 2002 – Maurice Heckmann (7.5€) : Le nez est discret, avec des notes de fruits acidulés. L’attaque en bouche est moelleuse, acidulée avec des arômes de fruits exotiques, puis évolue sur un équilibre fondu avec une bonne intégration du sucre et de l’acidité. La fin de bouche est longue avec des notes fumées. Un gewurztraminer ample qui possède du caractère. Très Bien

Gewurztraminer Perle d’Automne 2003 – Maurice Heckmann (9€) : Le nez est très mûr, avec des arômes de citronnelle et de tisane, mais possède initialement une dose sensible d’acidité volatile. La bouche est ronde, en attaque, moelleuse et très pure avec une bonne profondeur, évoluant sur un équilibre encore dominé par le sucre avec une finale sur la confiture de rose. Une cuvée de bon potentiel, à attendre quelques années. Bien

Crémant Brut 2003 – Maurice Heckmann (6.3€) : Assemblage d’auxerrois, de pinot gris et de pinot noir, ce crémant propose un nez discret, floral et élégant. La bouche est florale, avec une bulle grasse qui dégaze lentement, évoluant sur un vin riche possédant de légers tanins en finale. Un crémant riche et sec. Bien

Entourés de terroirs profonds, calcaires et marneux, les vignerons de Dahlenheim font figure d’enfants gâtés. Par rapport à des communes viticoles ayant plus de parcelles sur en plaine ou sur des sols sablonneux, à travail et rendement équivalent les vins ont naturellement plus de charpente. En blanc comme en rouge, la profondeur des terroirs calcaires avoisinant garantit un minimum de corps aux vins. Le calcaire donne de la profondeur et une acidité ample aux vins, et la présence plus ou moins forte de marnes donne une texture veloutée en bouche.

C’est dommage que moins de la moitié des raisins cultivés sur le Grand Cru Engelberg donne des vins d’AOC Alsace Grand Cru, car le terroir a une solide réputation historique, du niveau de ses voisins l’Altenberg de Wolxheim et l’Altenberg de Bergbieten. Plusieurs vignerons de Dahlenheim dont Maurice Heckmann sont décidés à remettre ce terroir en avant, et il devrait rapidement revenir au premier plan.

Même si les concentrations des vins du domaine ne sont pas toujours exceptionnelles, la gamme est très homogène au niveau de l‘équilibre des vins. La présence de sucres résiduels est naturelle sur des terrains de cette nature, mais l’acidité des vins les rend très discrets. A ce niveau de prix, on se situe dans la catégorie des bonnes affaires alsaciennes, dans la pure tradition des domaines qui exploitent les beaux terroirs marno-calcaires et calcaires dans le champ de fracture de Saverne. A l’image du riesling Grand Cru Engelberg, le potentiel qualitatif est bien là, et sera mis en œuvre si la clientèle suit les hausses de qualité et de prix.

En attendant, voilà une autre source de bons vins à prix très sages, et cela commence à se savoir autour de Strasbourg…

Thierry Meyer

  • Maurice Heckmann
  • 72 rue Principale
  • 67310 Dahlenheim
  • Tel 03 88 50 67 25
  • Fax 03 88 50 61 89

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