Vieux millésimes chez Willy Gisselbrecht (Dambach la Ville) - abonnés

Visite le 28 août 2006
Avant la dégustation de 6 rieslings récents, dont le fameux riesling Schiefferberg 2004, plongée dans l’oenothèque familiale avec Philippe Gisselbrecht, et découverte de douze vins de 1988 à …1959.

La maison de négoce Willy Gisselbrecht de Dambach la Ville est connue pour son pinot blanc et ses rieslings ; on trouve souvent ses vins dans la restauration alsacienne, en bouteille ou en pichet. Plus récemment elle a été mise en avant grâce à un trophée d’excellence obtenu au concours des Rieslings du monde 2006 par son riesling Schiefferberg 2004.

De nombreuses dégustations avec la Confrérie Saint-Etienne au Château de Kientzheim ont montré la bonne garde dans le temps des vins du domaine, en particulier les rieslings et les pinots, ces derniers issus exclusivement de pinot auxerrois. Philippe Gisselbrecht a ouvert son oenothèque pour nous permettre de goûter à quelques vieux millésimes.

Pinot 1983 – W. Gisselbrecht : la robe est dorée. Le nez est ouvert, dominé par des arômes de sous-bois et de miel. La bouche est grasse, ample et aérienne avec des arômes de pain grillé. Une jolie entrée en matière. Très Bien

Pinot 1978 – W. Gisselbrecht : Le nez est plus évolué sur ce millésime, mais reste fin avec des arôme de feuille morte, d’encaustique, de fumée. La bouche est sèche avec une bonne acidité en attaque, restant ensuite sèche avec beaucoup de finesse. Un millésime plus difficile pour l’auxerrois qui tient néanmoins encore bien 28 ans plus tard. Bien

Pinot 1976 – W. Gisselbrecht : Le nez évoque des fleurs séchées avec délicatesse. La bouche est mûre, sèche et grasse avec un fruité très présent. La fin de bouche est plus évoluée en conservant des arômes floraux. Un millésime chaud qui a très bien vieilli, sans doute grâce à une récolte précoce. Très Bien

Riesling 1959 – W. Gisselbrecht : Le niveau est bas dans cette bouteille. La robe est ambre. Le nez est parfumé, légèrement oxydé avec des arômes de pomme cuite et de raisin sec. La bouche est grasse, évoluée avec des arômes de café et de fruits secs, offrant une finale rappelant un cognac. Un vin qui a passé son apogée. Bof

Riesling Grande Réserve 1959 – W. Gisselbrecht : L’équivalent des cuvées « Réserve Spéciale » d’aujourd’hui. La robe est jaune vieil or, éclatante. Le nez est délicatement pétrolé avec des arômes de menthe fraîche. La bouche est grasse, ample et minérale avec des arômes de cire, de miel et d’encaustique qui forment un ensemble fondu. La fin de bouche est très longue. Superbe exemple de longévité des grands Alsace et du grand millésime 1959, cette bouteille se montre encore en pleine forme. Un des trésors de l’Oenothèque. Très Bien

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Muscat Grande Réserve 1959 – W. Gisselbrecht : juste à coté du riesling, le muscat nous attire inexorablement. Egalement bien conservé avec un beau bouchon, le nez se montre avenant avec des arômes intenses de verveine, de thé, de cuir et de foin. La bouche est grasse, encore acidulée, sur un équilibre léger et élégant qui a traversé les décennies ans problème. Un vin qui se conservera encore quelques années voire plus. Bien

Muscat Réserve Spéciale 1995 – W. Gisselbrecht : Retour vers un millésime plus récent, Philippe Gisselbrecht ayant repris les vinification en 1990. Le premier nez est épicé, poivré avec une note de silex, puis gagne en fruit à l’aération avec des arômes de fruit de la passion et de buis. La bouche est grasse, acidulée et ample avec des arômes de bourgeon de cassis et de fruits rouges en fin de bouche. Un muscat dominé par le cépage muscat d’Alsace, qui sera également de très grande garde. Bien

Riesling Sigillé 1981 – W. Gisselbrecht : Le nez est frais, foral avec une pointe de pierre à fusil. La bouche est franche en attaque, sèche et aérienne avec une belle structure acide qui donne une finesse au fruit. Un style typique des rieslings de Dambach et Scherwiller, qui vieillit admirablement bien. Bien

Muscat 1974 – W. Gisselbrecht : Retour sur le cépage muscat dans un millésime moyen. Le nez est ouvert et intense avec des arômes de tisane et de menthe fraîche. La bouche est sèche et très pure avec du gras et un bel équilibre acide. Une cuvée qui reste légère mais qui vieillit très bien. Le muscat aime les petits millésimes car les raisins doivent obligatoirement être triés pour donner un vin correct. Ils vieillissent donc souvent très bien. Bien

Tokay Sigillé 1985 – W. Gisselbrecht : Fin de dégustation sur trois pinots gris. Ce 85 est flatteur au nez avec une bonne intensité et des arômes de pain grillé, de miel, d’abricot sec et de fumée. La bouche est grasse et sèche, sur un équilibre qui rappelle le miel sec, et propose un bel équilibre tout en finesse et en souplesse avec des arômes d’abricot sec et d’amande grillé en finale. Un pinot gris très charmeur qui a encore de nombreuses années devant lui. Très Bien

Tokay Frankstein 1985 – W. Gisselbrecht : Le nez est minéral, fumé avec une légère évolution. La bouche est dense, souple et fine avec une acidité assez présente. Moins surmuri que le précédent, le terroir granitique du Frankstein conserve à ce vin un caractère sec et fin, moins plaisant au vieillissement. A boire sans trop tarder. Bien

Tokay Frankstein 1988 – W. Gisselbrecht : Le nez est fumé avec des arômes de fruits mûrs. La bouche est grasse, légèrement moelleuse avec des notes fumées et réglissées en finale qui sont très agréables. La vigne a moins souffert e la chaleur qu’on 1985, et offre un pinot gris mûr et minéral bien équilibré. Bien

Une sélection de vieux millésimes qui démontre une fois de plus le grande potentiel de vieillissement des vins d’Alsace, dès lors que le vin est pur et que les flacons sont bien conservés. Avant de repartir, un retour au caveau nous permet de goûter quelques rieslings actuellement en vente. Tarif issus du prix départ cave indiqué sur le site Web en janvier 2007.

Riesling Réserve 2005 – W. Gisselbrecht (6.5€) : Le nez est frais, net et de bonne intensité avec des arômes floraux. La bouche est nette, fraîche en attaque, puis fruitée et croquante avec une acidité mesurée qui laisse la place à des notes épicées intense en finale. Un vin fruité, léger et désaltérant représentatif du style des rieslings de Scherwiller. Bien

Riesling Schiefferberg 2004 – W. Gisselbrecht : Issu d’un terroir de schistes, le nez est intense, marqué par des arômes de rhubarbe, de pamplemousse et de fumée. L’attaque en bouche est ample, puis le vin se montre minéral et fin avec du gras. L’équilibre est sec (7.5 g/l de SR) avec une finale longue sur les fruits exotiques, les épices et des notes fumées. Un riesling ouvert et net qui possède du relief. Très Bien

Riesling Médaille d’Or Paris 2004 – W. Gisselbrecht (7.3€) : Le nez est très mûr, léger avec des notes d’arachides. L’attaque en bouche est moelleuse avec une présence marquée de sucre, puis le vin se montre léger, le moelleux étant compensé par une acidité et des notes épicées. La fin de bouche est courte. Un vin qui devait mieux se goûter il y a un an lorsqu’il a eu sa médaille, mais qui a vieilli rapidement. A consommer sans trop tarder avant que l’équilibre ne s’écroule. D’après les indications de Philippe, il s’agit d’une cuvée rentrée sous la pluie, qui a stoppé puis repris sa fermentation alcoolique. Bof

Riesling Grand Cru Frankstein 2002 – W. Gisselbrecht (8.4€) : Le nez est très mûr avec des arômes de citron confit, de coing et d’ananas. La bouche est moelleuse en attaque, puis grasse et ample avec une acidité discrète, évoluant sur un équilibre plus sec et salin en fin de bouche. La finale revient sur des arômes floraux. Un riesling très mûr qui présente un aspect surmuri atypique pour un Frankstein. A conserver quelques années pour laisser la minéralité se développer. Bien

Riesling Grand Cru Muenchberg 2002 – W. Gisselbrecht (8.4€) : Le nez est plus réservé sur cette cuvée, fruité et fumé. La bouche est grasse en attaque, puis minérale avec une touche de pierre, conservant son caractère léger et souple avec un aspect plus épicé en finale. Un vin marqué par le terroir, qui se goûte déjà bien. Bien

Riesling Vendanges Tardives 1997 – W. Gisselbrecht (16€): Le nez est discret, très mûr avec des grumes confits et une pointe de fruits rouges. La bouche est moelleuse, avec du gaz en attaque, évoluant sur un équilibre citronné quia conservé de la fraîcheur. Un vin fin et très digeste, qui se présente bien actuellement. Bien

Les rieslings de terroir représentent une petite partie de la production complète de la maison, ce qui permet de les proposer à la vente après un vieillissement en bouteille. La maison semble avoir une belle régularité d’année en années sur ses cuvées de base, une qualité indispensable pour travailler en volume avec la restauration.

Thierry Meyer

  • Domaine Willy Gisselbrecht
  • Willly Gisselbrecht et Fils
  • 5, Route du Vin
  • 67650 Dambach-la-Ville
  • Tél : 03 88 92 41 02
  • Fax : 03 88 92 45 50

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