Dégustation de vins de l’Oenothèque de la Confrérie Saint-Etienne

Dans le cadre de la préparation de la vente aux enchères et des chapitres, plusieurs vins ont été dégustés en octobre 2006 dans la cave du château en compagnie de Philippe Gisselbrecht, Major du conseil des jeunes 2006 de la Confrérie. Des vins de 1971 aux vins plus récents de 1988, la diversité de la production alsacienne se retrouve dans les commentaires qui suivent. 

Gewurztraminer 1988 – Charles Baur : la robe est cuivrée, intense. Le nez est gâché par une forte oxydation, sur des notes de tarte tatin. La bouche est moelleuse, souple et agréable, hormis l’oxydation. A regoûter pour vérifier qu’il s’agit d’un problème de bouchon sur ce flacon. Non noté.

Gewurztraminer 1988 – Domaine du Langenhald (François Baur) : la robe est jaune doré, de nuance vieil or, avec un bel éclat. Le nez est épicé, discret et évolué avec des notes de fleurs séchées. L’attaque est ronde et souple, puis le vin est fruité et moelleux, avec une évolution sur l’alcool et les épices. Un vin qui se montre assez évolué au nez et en bouche, à déguster sur les 5 prochaines années. Bien

Gewurztraminer Grand Cru Pfingstberg 1988 – François Braun : la robe est jaune doré avec des reflets orangés et un bel éclat. Le nez est assez intense, ouvert et complexe avec des arômes d’abricot, de fumée et de pierre à fusil. L’attaque est grasse et légèrement moelleuse, puis le vin se montre souple avec une acidité basse, évoluant sur un bel équilibre profond et puisant. L’équilibre minéral et l’évolution en font un grand gewurztraminer de terroir, qui se maintiendra dans cet état au moins 10 ans. Très Bien

Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz 1988 – Bott-Geyl : La robe est de nuance vieil or. Le nez est ouvert, moyennement intense, floral avec des notes fruitées de mirabelle mûre et une légère évolution sur les épices, la prunelle et le cuir. L’attaque en bouche est souple, puis le vin se montre gras, profond et élégant avec un caractère plus sec en évolution. La finale est assez longue, sur les fruits du nez. Un vin profond et soyeux, de bonne concentration. Avec un peu pus d’intensité au nez il serait parfait. A consommer dans les 5 ans pour suivre son évolution et vérifier que la structure ne s’affaisse pas. Bien

Gewurztraminer Grand Cru Hengst 1988 – Barmès-Buecher : La robe est jaune clair. Le premier nez est fruité, laissant rapidement place à l’aération à des notes de cuir et de fumée typiques du Hengst. La bouche est sèche et épicée en attaque, fumée avec n fruité discret, maqué par la race du terroir. Une cuvée proche des gewurztraminers Hengst 88 produits par Josmeyer et Zind-Humbrecht. Un vin  à associer à table pour son caractère puisant et épicé, qui devrait se boire sur cet équilibre pendant 10 ans au moins. Très Bien

Gewurztraminer 1981 – Josmeyer : La robe est jaune citron, claire avec des reflets verts. Le nez est épicé, légèrement évolué avec des arômes de cuir et de fleurs séchées. A l’aération des notes beurrées apparaissent. La bouche est riche avec un léger gaz en attaque, puis dense et épicée avec de l’amertume en finale. L’équilibre sec et les arômes à dominante épicée font de ce vin concentré un compagnon, parfait sur l cuisine exotique. A boire dans les 10 ans pour suivre son évolution. Bien

Riesling Sigillé 1988 – W. Gisselbrecht : Le nez est délicat, de bonne intensité, citronné avec des notes d’hydrocarbure. La bouche est acidulée en attaque, fine et légère, dans un style plaisant à boire. Un vin simple bien fait, à boire dans les 5 ans pour profiter de sa fraîcheur avant qu’il entre dans sa prochaine phase d’évolution. Bien

Riesling Patergarten 1988 – Paul Blanck : le nez est frais, intense, floral avec des notes de chèvrefeuille. La bouche est fruitée, concentrée avec une acidité présente qui tonifie l’équilibre. Une cuvée de garde en plein apogée, à suivre sur 15 ans. Très Bien

Riesling Hugel 1988 – Hugel et Fils : Le nez est parfumé, fruité et peu évolué, d’intensité moyenne avec un fruité légèrement muscaté très typé riesling. La bouche est sèche, acidulée, légère avec un bel équilibre. Un riesling léger qui vieillit admirablement. Et il s’agit de l’entrée de gamme chez Hugel ! Une cuvée à boire dans les 5 ans pour profiter de cette belle fraîcheur. Bien

Riesling Clos Sainte Hune 1984 – Trimbach : un vin qui officiellement n’existe pas, le domaine ayant mis son Clos en bouteille avec l’étiquette « Riesling réserve » et un numéro de lot particulier. La robe est claire avec des reflets verts. Le nez est pur, intense et très net, avec des notes végétales qui laissent la place à des arômes de buis et de raisin. La bouche est grasse en attaque, puis sèche avec une acidité élevée, évoluant sur un équilibre de bonne concentration qui garde un caractère sec et de maturité moyenne. Le vin est taillé pour une grande garde, 15 ans de plus ne lui feront pas peur, même si le caractère du millésime ne disparaîtra pas. Le travail réalisé sur ce cru est remarquable pour le millésime, mais le vin n’a pas le gras et la puissance qui caractérise les grands Sainte Hune. Bien

Sylvaner 1980 – Cave Vinicole de Sigolsheim : La robe est or vert, brillante. Le nez est ouvert, de bonne intensité, épicé avec des arômes de poivron et de paille, conservant une bonne intensité dans le temps. La bouche est grasse en attaque, fraîche avec une acidité présente sans être mordante. La finale est épicée, de bonne longueur. Un vin stable et de bonne concentration, qui devait continuer de se boire sur cet équilibre sec et épicé pendant 10 ans au moins. Bien

Pinot Auxerrois 1979 – Fernand-Paul Ortlieb (Beblenheim) : Robe jaune vieil or, brillante avec des reflets verts. Le nez est surmûri, avec des arômes de miel et de fleurs séchée, évoluant sur des notes de beurre. La bouche est moelleuse en attaque, souple et beurrée avec une bonne concentration, mais possède un équilibre vieux à la structure tombante. La finale est beurrée, sèche avec des notes d’encaustique. Un pinot qui amorce son déclin, à boire rapidement. Bien

Muscat 1974 – Preiss-Henny : La robe est jaune doré, avec des reflets verts. Le nez est net et intense, avec des arômes de bouillon blanc et de menthe sèche qui laissent place à de la citronnelle. La bouche est fruitée, acidulée avec une belle fraîcheur qui évoque le fruit de la passion, évoluant sur un registre plus amer. Un vin encore jeune dans sa structure, qui évoluera bien sur les 10 prochaines années. Bien

Riesling Ollwiller 1979 – Château Ollwiller : La robe est jaune or blanc, avec des reflets verts. Le nez est parfumé, avec des notes de fleurs blanches, d’encaustique, de pétrole et de fumée. La bouche est sèche en attaque, puis moyennement concentrée avec une bonne sensation minérale sur la langue. La finale est longue et légèrement amère. Un riesling de terroir en pleine forme, qui devrait se conserver ainsi une dizaine d’années supplémentaires. Très Bien

Riesling Hahnenberg 1982 – A. Goettelmann & Fils (Kintzheim) : la robe est jaune clair avec des reflets verts. Le nez est d’intensité moyenne, net, épicé et végétal, avec des arômes d’ortie, d’ail des ours et de poivre. La bouche est riche et fruitée en attaque, légère avec une acidité fine, évoluant sur un équilibre sec. Un vin léger et désaltérant, qui reste pur dans un millésime qui évolue lentement. A boire sur les 10 prochaines années. Bien

Riesling 1983 – W. Gisselbrecht : Gros contraste avec le vin précédent. La robe est jaune doré, brillante. Le nez est parfumé, mûr avec des arômes de miel, d’agrumes confits et de fruits secs, prenant une discrète note pétrolée à l’aération. La bouche est souple en attaque, sèche et de bonne concentration, marquée par la surmaturité et les hydrocarbures en finale. Un vin léger qui se boit encore bien, à regoûter dans les 5 ans pour suivre son évolution. Bien

Gewurztraminer 1984 – J. Becker : La robe est jaune doré avec des reflets verts, brillante. Le nez est parfum, simple et épicé avec des notes de rose fanée. La bouche est sèche en attaque, fraîche et moyennement corsée, avec des épices en finale. Un vin de bonne tenue parfait à table, à boire comme un traminer dans les 5 ans à venir. Bien

Gewurztraminer 1981 – Heim SA (Westhalten) : Le nez est discret, avec des arômes de pierre à fusil et de fleur séchée. La bouche est moelleuse en attaque,  grasse et de bonne concentration, évoluant sur un équilibre rond et épicé. La finale est souple et longue avec des arômes de poire. Un gewurztraminer concentré dans une année qui a souvent produit des vins secs. La structure a bien supporté les 25 ans de vieillissement, et le vin devrait se maintenir à ce stade pendant 10 ans au moins. Très Bien

Gewurztraminer 1977 – Jean-Paul Ecklé (Katzenthal) : la robe est jaune vieil or, claire. Le nez est ouvert, jeune et très frais, sur des arômes de fleurs et de fraise. La bouche est souple avec du gaz en attaque, puis plu grasse, fruitée et épicée. La concentration est moyenne, mais à près de 30 ans d’âge ce gewurztraminer conserve l’élégance et la fraîcheur d’un petit jeune. La finale est longue et parfumée. A boire sur les 10 prochaines années. Bien

Gewurztraminer Sélection 1974 – Dopff et Irion : La robe est aune dorée. Le nez est légèrement évolué, avec des arômes d’herbe sèche, de miel, de pralin et d’épices douces, mais évolue rapidement à l’aération. La bouche est grasse, âgée mais possédant encore un bel équilibre. La structure évolue rapidement à l’aération et il faut boire ce vin le jour même. Un vin qui se goûte encore bien, mais à boire pas trop frais et sans trop tarder. Bien

Riesling Wiebelsberg 1982 – André Gresser : La robe est jaune pâle avec des reflets verts. Le nez est parfumé, avec des notes de silex, d’encaustique et de menthe poivrée. La bouche est sèche, minérale, légère mais encore jeune. La fin de bouche est plus pétrolée, de bonne longueur. Un vin qui se présente bien, parfait encore à table à cause de sa fraîcheur et de sa minéralité. Devrait évoluer lentement sur les 10 prochaines années. Bien

Tokay Pinot Gris 1986 - François Ehrart (Domaine Saint Remy) : La robe est jaune doré, intense et brillante. Le nez est parfumé, avec des arômes entêtants de fruits jaunes et de truffe blanche, évoluant sur des notes plus évoluées. La bouche est moelleuse en attaque, fine et soutenue par une belle acidité, et poursuit un équilibre un peu dominé par la richesse en sucre. La fin de bouche est assez courte, plus fraîche. Un vin qui se montre jeune, à boire frais dans les 10 ans pour éviter de tomber dans la lourdeur. Bien

Muscat Grand Cru Brand 1985 – Auguste Hurst : la robe est jaune pâle, très claire. Le nez est très intense et très net, initialement dominé par des fleurs blanches, puis plus fruité avec des notes de menthe fraîche. La bouche est sèche en attaque, concentrée et muscatée, avec une belle finesse, évoluant sur un registre plus épicé à la façon d’un grand sauvignon. La puissance du muscat d’Alsace sur une des plus belles parties d’un grand terroir comme le Brand, ça donne un muscat majestueux. Dans le millésime 1976 cette cuvée est un vin d’anthologie, du même calibre que les irréels riesling SGN 76 de Hugel, riesling Clos Sainte Hune 1976 de Trimbach ou gewurztraminer comtes d’Eguisheim 1976 de Beyer. Ce 85 est encore un peu jeune mais suivra certainement son aîné au panthéon des grands vins de la région. Très très longue garde prévisible. Excellent

Riesling Cuvée Frédéric Emile 1976 – Trimbach : Le nez est complexe, très intense avec des arômes d’encaustique, de camphre et de fleurs séchées. La bouche est fine et sèche en attaque, puis plus grasse et presque souple avec un coté épicé qui lui donne une bonne longueur. Pas très différent de la dernière bouteille bue en 2000, cette cuvée minérale en bouche est marquée par une évolution plus sensible que sur le millésime 1979. A boire dans les 10 ans. Bien

Tokay Pinot Gris 1983 – W. Gisselbrecht : la robe st jaune doré, de nuance vieil or. Le nez est parfumé, avec des arômes de miel, de fruits jaunes, évoluant sur des notes fumées. La bouche est moelleuse en attaque, souple avec encore une belle fraîcheur, légère et plus évoluée en finale. Un vin léger et très net pour le millésime, qui évolue agréablement bien. A boire dans les 10 ans. Bien

Tokay Pinot Gris Cuvée Exceptionnelle 1983 – Jean-Paul Ecklé : La robe est jeune doré, intense. Le nez est parfumé, fruité et délicat avec des arômes de fruits confis, de fumée, évoluant à l’aération vers des notes de pêche mure en perdant de l’intensité. La bouche est moelleuse en attaque, riche et souple avec une bonne concentration. La finale est longue, fumée avec des arômes de fruits mûrs du nez. Un vin d’évolution lente, équilibré avec une belle patine apportée par le temps. Devrait rester à ce stade pendant les 10 prochaines années. Très Bien

Tokay Pinot Gris Réserve Personnelle 1983 – Kuentz-Bas : Le nez est évolué, iodé avec des arômes de noisette, évoluant sur des notes fumées. La bouche est moelleuse avec du gaz en attaque,  puis riche avec une bonne acidité. La finale est assez longue avec des arômes de fruits secs et de noisette. Le vin a de la profondeur mais est gâché par ses arômes. Le manque de netteté du nez est peut-être du au bouchon, une cuvée à regoûter et à boire rapidement s’il n’y a pas d’amélioration.

Tokay Pinot Gris 1983 – Bott-Geyl : Le vin est sérieusement bouchonné

Tokay Pinot Gris Altenbourg 1983 – Paul Blanck : La robe est jaune doré, assez claire. Le nez est très vieux, sur le cuir, la fumée, et des notes oxydatives. La bouche est sèche et évoluée. Un vin probablement altéré par un mauvais bouchon, à regoûter. Non noté.

Tokay Pinot Gris Grand Cru Hatschbourg 1983 – Joseph Cattin : La robe est vieil or. Le nez est parfumé, net et complexe, avec des arômes de thé vert, de fruits confits, d’écorce d’agrumes et de noisette. La bouche est moelleuse en attaque, grasse et profonde avec beaucoup de puissance. La finale est longue, sur des arômes de mirabelle. Le vin tient bien à l’ouverture, et se goûte presque mieux le lendemain. Grande garde prévisible, 15 ans au moins. Très Bien

Tokay Pinot Gris Réserve Personnelle 1979 – Kuentz-Bas : Le nez est étrange, évolué et fumé avec des notes de poivron vert. La bouche est vive en attaque, puis riche et sèche avec une bonne concentration. La finale est amère. Un vin à regoûter. Non noté

Tokay Pinot Gris Clos Saint Landelin 1979 – Muré : Le nez est de bonne intensité, avec des arômes de noisette et de fruits secs, mais prend des arômes de  champignon. Marqués à l’aération. La bouche est grasse, sèche, fortement acide avec des notes de champignon en finale. Un vin surprenant, à regoûter. Non noté

Tokay Pinot Gris 1977 – Zind-Humbrecht : Le nez est jeune, intense, très tokay avec des notes de sous bois, de fruits mûrs et de cuir. La bouche est surprenante de vivacité en attaque, puis le vin montre un peu de densité avec du gras, mais reste frais. La finale est courte. Pour une fois, c’est la bouche qui déçoit plus que le nez. Un vin qui a passé son apogée. A boire rapidement. Bien

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Thierry Meyer