Domaine Fleith-Eschard (Ingersheim) - Partie 2

Visite au domaine Fleith-Eschard – Ingersheim
Deuxième partie et impressions générales
21 décembre 2005

Suite de la dégustation du 09 décembre 2005, je suis repassé au domaine avant les fêtes de fin d’année pour goûter les VT.

Cliquer ici pour lire le compte rendu de la dégustation du 9 décembre.

On regoûte d’abord les pinots noirs, à l’occasion d’une comparaison avec deux pinots noirs bourguignons 2003 (Jean-Luc Joillot et Sylvie Esmonin). Les bourgognes semble avoir plus de finesse, mais la dégustation côte à côte des Alsace fait apparaître une chaire plus fine et une acidité un peu moins agressive.

Crémant Brut – Fleith-Eschard (6.7€): Le nez est parfumé, fruité et végétal, avec des arômes de groseille et rhubarbe. La bouche est ronde, acidulée avec beaucoup de fruit. La fin de bouche est assez longue avec du gras. Un crémant facile à boire. Bien

Pinot Gris Steinweg 2003 – Fleith-Eschard (7.2€): Le nez est assez discret, mûr avec des notes de grillé et de foin coupé. La bouche est grasse, ronde, fondue avec une acidité assez présente. Je le goûte moins bien que la dernière fois, la bouteille venant d’être ouverte nécessite un peu d’aération. Bien

Pinot Gris Dorfbourg 2002 – Fleith-Eschard (8.6€): Le nez est parfumé, fruité et mûr avec beaucoup de fraîcheur. La bouche est assez vive en attaque, puis souple et grasse avec une bonne minéralité. Un vin plaisant, assez long en fin de bouche. Bien

Riesling Vendanges Tardives 1989 – Fleith-Eschard (17.2€): Le domaine ayant épuisé le millésime 1997, quelques bouteilles de 1989 sont remises à la vente. Le nez est parfumé, assez évolué et complexe avec des notes de camphre, de cire, d’encaustique, de miel et de fruits secs. La bouche est grasse, sèche et moyennement vive, l’évolution lui donnant un bon fondu. L’acidité procure une sensation crayeuse en milieu de bouche. La fin de bouche est longue, légèrement évoluée avec des arômes de fruits secs et de grillé qui reviennent en arrière bouche. Très Bien

Riesling Steinweg Cuvée de la Cigale 1999 – Fleith-Eschard (11.2€): Une cuvée spéciale élevée deux ans sans soufre, dans un style oxydatif. Le nez est assez intense avec des notes de fruits rouges, de beurre et de champignon. La bouche est grasse, très pure, dans un style sec malgré un peu de sucre résiduel. L’acidité n’est pas trop marquée, et un léger rancio accompagne la longue finale. Très Bien

Pinot Gris Vendanges Tardives 2004 – Fleith-Eschard : Echantillon goûté avant l’agrément qu’il revendique (mention VT sous réserve donc). Le nez est parfumé, encore marqué par l’élevage avec des arômes de levure, puis prend du fruit et de l’ampleur à l’agitation avec des notes d’abricot. La bouche est moelleuse en attaque, immédiatement accompagnée par une acidité très fondue, ce qui donne beaucoup de rondeur. La fin de bouche est encore un peu courte. Un vin possédant une belle structure, à regoûter dans deux ans. Bien

Pinot Gris Vendanges Tardives 1997 – Fleith-Eschard (17.0€): Le nez est parfumé, complexe avec des arômes de miel, coing, pêche et fruits secs. La bouche est moelleuse en attaque, assez fine avec une acidité bien présente. Le vin se montre long en bouche et laisse une sensation très nette en bouche. Très Bien

Gewurztraminer Vendanges Tardives 2001 – Fleith-Eschard (21.4€): Le nez est très intense sur des arômes floraux, avec une légère évolution perceptible. La bouche est grasse, très pure avec un équilibre rond qui reste marqué par la rose. Un vin déjà prêt à boire. Très Bien

Gewurztraminer Vendanges Tardives 2004 – Fleith-Eschard : Echantillon goûté avant l’agrément qu’il revendique (mention VT sous réserve donc). Le nez est encore très fermentaire. La bouche est moelleuse, sucrée avec un bel équilibre acide. La finale est assez longue. Un vin déjà plaisant à boire mais doté d’un bon potentiel. Très Bien

Gewurztraminer Vendanges Tardives 2003 – Fleith-Eschard : Le nez est assez intense, floral, assez simple. La bouche est moelleuse en attaque, concentrée mais encore marquée par le sucre très présent. A attendre pour qu’il gagne en complexité. Bien

Vincent Fleith est un travailleur acharné. Avec son épouse il cherche à tirer le meilleur des vignes qu’il possède, recherchant un travail des sols et une conduite naturelle de la vigne. Le travail donne des résultats superbes dans toutes les cuvées, en particulier de belles réussites dans la manière dont le millésime 2003 s’exprime aujourd’hui, chose assez rare dans la région pour être soulignée. Mais ce travail fait également apparaître les différences de potentiel entre les terroirs. Les alluvions de la Fecht montrent ici leurs limites, et du coup la différence d’expression avec les vignes de coteaux apparaît très clairement. La dégustation des pinots gris est parlante pour comprendre ces différences. Seules les vendanges tardives conservent un très bon niveau, l’origine des raisins étant moins prépondérantes lorsque les vins sont bus jeunes. Un travail un peu moins poussé avec des rendements plus élevés aurait tendance à gommer les différences de terroir dans un nivellement par le bas, ici on voit clairement le niveau de qualité qu’on peut atteindre sur des vins secs avec des terroirs alluviaux, à l’image des vins du Herrenweg produits par Zind-Humbrecht ou Josmeyer. Mais cette recherche de qualité montre ses limites. Réduire les rendements encore plus ne donnerait probablement pas des vins plus fins. Le Pinot Gris Grand Cru Furstentum se retrouve ainsi un peu solitaire dans la gamme des vins produits, avec un style et une puissance qui le séparent un peu des autres vins Quand on sait que certains grands crus ne produisent à peine 50% de vins revendiquant cette appellation, on se dit qu’il y a là un beau gâchis de terroirs.

On comprend alors que la force de l’Alsace reste la quantité impressionnante de bons terroirs, et qu’aucun travail dans les vignes et dans les chais, aussi poussé soit-il de manière technique ou biologique, ne remplacera le besoin de disposer de bons terroirs. On peut produire de bons rieslings un peu n’importe où dans le monde en vinifiant des raisins de qualité, mais il manquera toujours le petit quelque chose qui font que l’Alsace, l’Allemagne, l’Autriche et quelques autres régions du monde produisent un vin très typé, et au final très apprécié. Les grandes plaines du Nouveau Monde ne font pas peur aux vignerons qui recherchent autre chose qu’une expression pure du cépage.

Les vins du domaine s’ouvrent rapidement, peuvent s’apprécier dès leur achat au domaine, et les prix sont très sages : que demander de plus ?

Thierry Meyer

  • Vincent FLEITH
  • VINS FINS FLEITH-ESCHARD
  • 8 Lieu-dit Lange Matten
  • 68040 Ingersheim
  • Tel 03 89 27 24 19
  • Fax 03 89 27 56 79
  • (Rendez-vous recommandé pour une visite et une dégustation détaillée)

 

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