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10 février : Vins de terroir calcaro-gréseux (Pfersigberg, Vorbourg, Zinnkoepflé), puis Pinots Gris SGN

  • Sur les vins de terroir calcaro-gréseux en 2009 (32 cuvées), j’ai trouvé des vins au fruité généreux, mais qui manquent souvent de minéralité. Les vins sont purs, élégants et souvent moelleux, mais la faible longueur en bouche trahit le manque de profondeur. Ce sont des vins à déguster dans les 10 premières années. Quelques vendanges tardives intelligemment réalisées reprennent curieusement une très belle fraîcheur, car la maturation physiologique des raisins fut meilleure. Le niveau général est toutefois assez bon, avec peu de cuvées non sélectionnées pour cause de défaut majeur.
  • Les 2008 (14 cuvées) et les 2007 (10 cuvées) font un grand écart, avec à nouveau des rieslings à la peine coté maturité, des pinots gris et des gewurztraminers magnifiques grâce à leur solide charpente acide.
  • Sur les deux millésimes, quelques vins d’exception sur le Zinnkoepflé  tirent la quintessence de ce terroir en proposant des gewurztraminers fabuleux aux arômes d’agrumes confits, très élégants en bouche malgré le moelleux
  • Au final, 56 vins dégustés, des notes de 10 à 18/20, avec une moyenne de 14.6/20. 43 vins atteignent ou dépassent la note de 14/20.
  • Les 16 AOC Alsace pinots gris SGN qui clôturèrent la journée ont parfaitement reflété le sentiment qui m’habite après 16 jours de dégustation : en Alsace le meilleur côtoie le pire, et c’est difficile de faire le tri.
  • 6 cuvées du millésime 2008 montrent une concentration extrême, avec des taux de sucre croissant de 115, 142, 160, 197, 212 et 217 g/l… Combinés à des acidités élevées certaines cuvées son majestueuses comme la cuvée Altenbourg Quintessence du domaine Weinbach
  • Les 9 cuvées du millésime 2007 (et un vin de 2005) sont plus inégales, certains producteurs peu réputés ayant cru tenir un grand vin en produisant un vin très sucré. Mais l’absence de botrytis, un pressurage trop appuyé ou un manque de propreté ont créé des vins sucrés peu agréables.
  • Au final, 16 vins dégustés, des notes de 11.5 à 18.5/20, avec une moyenne de 14.8/20. 11 vins atteignent ou dépassent la note de 14/20.
  • La découverte du fichier de correspondance avec les noms des domaines va permettre de faire des statistiques cru par cru, et producteur par producteur.

9 février : AOC Alsace Grand Cru des terroirs à base de marnes, 2007 et antérieurs, puis terroirs calcaires (Furstentum, Rosacker, Steinert, Steinklotz)

  • Sur la fin des terroirs à base de de marnes, des 2007 très hétérogène, comprenant des VT peu botrytisées. Certaines cuvées sont déjà évoluées, mais il s’agit d’un biais de sélection, les ciuvées les moins bonnes étant les plus longues à vendre. Heureusement certaines cuvées sauvent le reste, en particulier un surprenant mais remarquable Grand Cru Mambourg 2007 de Marc Tempé, assemblage demi-sec de ses parcelles de gewurztraminer et de riesling qui ont subi les dégâts de la grêle en juin 2007. Quelques 2005 en bout de course, rassis.
  • Sur cette catégorie, 28 vins dégustés, notés de 10.5 à 17/20 avec une moyenne de 13.4/20. 11 vins atteignent ou dépassent la note de 14/20.
  • Sur les terroirs calcaires, les 2009 (11 cuvées) sont amples, les vins secs du Rosacker sont aboutis et taillés pour une grande garde ; les pinots gris et gewurztraminers sont nettement plus moelleux, et ne proposent pas toujours le même niveau de minéralité. Le passage à 2008 (14 cuvées) inverse les rôles, avec des rieslings manquant de maturité et des pinots gris et gewurztraminers très murs qui profitent de l’acidité du millésime. Le Gewurztraminer Grand Cru Furstentum 2008 du Domaine Weinbach, déjà dégusté l’année dernière est toujours aussi somptueux, mais le découvrir au beau milieu des autres lors d’une dégustation à l’aveugle ne fait que renforcer cette impression de supériorité.
  • Sur cette catégorie de terroirs, 28 vins sont notés de 11 à 19/20, avec une moyenne de 15.2/20. 22 vins atteignent ou dépassent la note de 14/20.
  • Il reste à déguster demain les Grands Crus des terroirs calcaro-gréseux (Pfersigberg, Vorbourg, Zinnkoepflé), et les AOC Alsace Pinot Gris  SGN pour achever ce marathon de dégustation.

8 février : Les AOC Alsace Grand Cru 2008 de terroirs à dominante de marnes

  • Les terroirs à base de marnes, si généreux en 2009, se retrouve plus étriqués en 2008 avec des vins secs qui peinent à avoir suffisamment de maturité et de corps pour révéler leur terroir.
  • Le sylvaner et surtout le riesling, lorsqu’ils ont été récoltés à maturité moyenne, retrouvent l’amertume d’un manque de maturité physiologique, et des acidités maliques tranchantes. Le pinot gris en revanche prend un gras remarquable et un équilibre acide digne d’un riesling.
  • Les gewurztraminers sont très équilibrés, avec sur les meilleurs vins, des puretés cristallines que les rieslings n’arriveront pas souvent à avoir. Les meilleures rieslings ne sont pas secs, mais malgré près de 10 g/l de sucre résiduel leur acidité importante leur donne un caractère sec. Aucun muscat n’a été présenté, le millésime étant difficile à cause de la coulure qui a déséquilibré nombre de cuvées réputées.
  • Au final, 50 vins dégustés, notés de 10.5 à 19/20 avec une moyenne élevée de 14.7/20
  • Tous les terroirs n’étaient représentés, mais en déshabillant quelques beaux vins ce soir j’ai vu des Kirchberg de Barr, des Zotzenberg, des Mambourg, des Pfingstberg remarquables. Ces terroirs ne font pas partie des plus réputés actuellement (à l’instar des Kastelberg, Schlossberg, Brand, Hengst et autres Rangen) mais sous l’impulsion nouvelle de quelques domaines en plein développement, ils retrouvent une qualité qui a certainement fait la réputation des millésimes anciens. A l’inverse, quelques bouteilles furent très décevantes sur les très connus crus Eichberg et Hengst, pour lesquels 2008 est un millésime difficile en riesling.
  • Une dégustation passionnante qui confirme l’intérêt de classer les crus par famille de terroir lors d’une dégustation à l’aveugle, pour ne pas se laisser influencer par un grand cru de notoriété moindre.  

7 février : Les AOC Alsace Grand Cru 2009 de terroirs à base de marnes (22 grands crus du Bruderthal au Saering)

  • 74 cuvées des grands crus parmi les suivants : Altenberg de Bergbieten, Altenberg de Bergheim, Altenberg de Wolxheim, Bruderthal, Eichberg, Engelberg, Florimont, Geisberg, Goldert, Hatschbourg, Hengst, Kirchberg De Barr, Kirchberg de Ribeauvillé, Mambourg, Mandelberg, Marckrain, Moenchberg, Pfingstberg, Saering, Sonnenglanz, Steingrübler, Zotzenberg.
  • L’expression des rieslings vinifiés secs était souvent marquée par la sécheresse : arômes fumés voire poivrés, mais peu de fruit au nez, bouches légères, tendues, montrant parfois le blocage de maturité. Les rieslings récoltés plus tardivement ont une belle ampleur, avec parfois quelques grammes de sucre résiduel qui devront se fondre après 10 ans de garde.
  • Les muscats grand cru et sylvaners grand cru sont parfois magnifiques, leur bonne maturation physiologique a permis d’avoir des vins de grande pureté. Sur leurs grands crus d’origine ce sont souvent parmi les meilleurs vins.
  • Les terroirs les plus froids qui peinent à produire des grands rieslings secs dans des millésimes comme 2004 ou 2007 ont produits en 2009 de bonnes cuvées, mûres sans surmaturité et dotées d’acidités de qualité. Bruderthal, Zotzenberg, Moenchberg, Hengst sont parmi les crus ayant donné de grands vins.
  • Les notes s’échelonnent de 10.5 à 18.5/20, avec une moyenne de 14.7/20. 54 vins atteignent ou dépassent la note de 14/20.
  • Les cuvées s’échelonnent de 11 à 15 degrés d’alcool, de 2.7 à 109 g/l de sucre résiduel (médian à 18g/l), et de 3.4 à 8.7 g/l d’acidité totale exprimée en tartrique. Tous les styles sont rencontrés.
  • Tous les grands crus n’étaient pas représentés sur le millésime 2009. Il reste à déguster dans cette catégorie de terroirs 50 vins de 2008, 23 de 2007 et  4 de millésimes plus anciens.
  • Une redégustation rapide des SGN de la vieille a confirmé l’évolution rapide de certaines cuvées, et la grande stabilité des vins les plus prometteurs, quel que soit le millésime. Certaines notes moyennes ont été revues à la baisse, d’autres à la hausse, d’un demi-point.

6 février : AOC Alsace gewurztraminer Sélection de Grains Nobles

  • 24 vins en dégustation, de 2009 à 1994 avec une majorité de 13 vins de 2007.
  • Les meilleurs vins se distinguent par la qualité de leur botrytis, leur pureté même en cas de passerillage, et surtout leur terroir qui semble provenir parfois de grands crus même si l’appellation n’est pas revendiquée.
  • Certains vins sont désagréables à cause de leur manque de netteté aromatique, ou par une domination du sucre sur une matière diluée. Les vins de milieu de gamme sont fruités, plaisants, du niveau de vins moelleux qu’on peut trouver facilement et pour pas très cher dans d’autres appellations (Muscat de Rivesaltes, Coteaux du Layon etc).
  • Comme pour les rieslings VT, quelques cuvées arborent un macaron indiquant une médaille d’or ou un trophée d’excellence au concours des gewurztraminers du monde. Au mieux ce sont des cuvées simples, au pire quand le macaron date de quelques années ce sont des vins évolués.
  • Les notes vont de 12 à 17.5/20, avec une moyenne de 14.5/20. Seuls 10 vins atteignent ou dépassent la note de 15/20.  

4 février : l’AOC Alsace grand Cru sur les familles de terroirs volcaniques (Muenchberg, Kitterlé, Kastelberg, Rangen), pinots gris VT 2007 et antérieurs, puis l’AOC Alsace grand Cru sur les familles de terroirs à dominante de marnes et marnes à gypse (Froehn, Kanzlerberg, Osterberg, Sporen, Schoenenbourg)

  • Les vins du Muenchberg sont toujours aussi hétérogènes, les stars du cru sortant très loin devant les autres. Les Kastelberg et Kitterlé sont plus hétérogènes, enfin de grandioses Rangen de Schaetzel, Schoffit et Zind Humbrecht, avec une magnifique qualité en 2008 et de très beaux résultats en 2009. Les quelques 2007 présentés sont décevants. Sur 26 vins dégustés, les notes vont de 10 à 18.5/20 avec une moyenne très élevée de 14.9/20. 17 vins obtiennent une note égale ou supérieure à 14/20, 9 vins une note égale ou supérieure à 17/20.
  • Fin des Pinots Gris VT de millésimes 2007, avec un 2005 et un 2003. Qualité moyenne, peu de botrytis, de bonnes puretés en bouche mais souvent un déséquilibre entre un sucre trop présent qui n’est pas équilibré par une belle charpente. Peu de terroir perceptible sur les cuvées du milieu du groupe, qui restent moins complexes que les grands crus dégustés hier et aujourd’hui, et qui méritent donc des notes plus basses. Au final, sur 23 Pinots Gris VT dégustés, les notes s’échelonnent de 10 à 17/20, avec une moyenne de 13.8/20. seules 9 cuvées sont notées 14/20 ou plus.
  • Sur les familles de terroirs à dominante de marnes et marnes à gypse, les Schoenenbourg sont à la fête avec une belle série de 2009, un millésime qui sera certainement aussi bon que 2008 voire 2007. Les Sporen sont également amples avec du volume, mais légèrement marqués par la sécheresse qui donne des arômes de girofle aux gewurztraminers. Des 5 Osterberg dégustés trois ressortent facilement du lot. Sur 25 vins dégustés, les notes vont de 10 à 17.5/20 avec une moyenne très élevée de 14.8/20. 19 vins obtiennent une note égale ou supérieure à 14/20.
  • En fin de cette semaine, 945 vins ont été dégustés, il en reste 280 pour le début de la semaine prochaine, principalement les Pinots Gris SGN et Gewurztraminer SGN en AOC Alsace, et les grands crus de terroirs de marnes et de calcaire.

3 février : l’AOC Alsace grand Cru sur les familles de terroirs à base de granit, de grès et de sables (Gloeckelberg, Kaefferkopff, Kessler, Ollwiller, Praelatenberg, Wiebelsberg), puis AOC Alsace pinots gris vendanges tardives et 2 riesling sélection de grains nobles

  • La première partie de la dégustation portait sur les grands crus, dont plusieurs Kaefferkopf de belle tenue, tant en riesling qu’en gewurztraminer, en particulier en 2009 où les salinités ont souvent été préservées. 2008 a de nouveau plus d’acidité mais souvent des notes de champignon plus prononcées, sur les pinots gris et les gewurztraminers VT.
  • Les Gloeckelberg à base de pinot gris et gewurztraminer sont très homogènes sur un équilibre moelleux, un beau tir groupé de plusieurs producteurs.
  • Kessler, Wiebelsberg ont visiblement souffert du millésime 2009, et manquent souvent de salinité. A contrario, un beau Praelatenberg et une belle cuvée de l’Ollwiller montrent que les choses bougent sur des ceux grands crus. Au total, sur 39 vins, les notes vont de 10 à 16.5/20, avec une moyenne de 14/20. 24 vins obtiennent une note égale ou supérieure à 14/20
  • La journée s’est poursuivie par les deux seuls rieslings SGN en AOC Alsace présentés, un 2009  et un 2001 toujours en vente. Enfin, une première série assez décevante de pinots gris VT 2009 et 2008 a clôturé la journée, la série sera complétée demain vendredi.

2 février : les pinots noirs

  • Le nombre d’échantillons (98) était idéal pour consacrer une journée entière à ce cépage. Une majorité de 2009 (74) a permis de faire un état des lieux sur le cépage considéré comme le plus réussi en Alsace. Si le nombre de cuvées élevées en barrique neuve est en baisse, de nombreux vins sont encore déséquilibrés par une extraction et un élevage trop ambitieux pour la matière première. A l’inverses, quelques producteurs ont su vinifier intelligemment les rosés et autres clairets qui sont de véritables paniers de fruits, souples et vineux en bouche, délicieux dès à présent, ou sur les tables estivales de 2011.
  • Certains producteurs ont pu créer l’illusion du grand vin avec des nez très bien travaillés et un élevage en barrique visiblement bien maîtrisés, mais malheureusement la concentration n’est pas à la hauteur pour supporter un tel travail et le vin se montre léger, court, voire décharné en bouche. Quand on sait que le grand public recherche des vins dont les qualités importants sont un nez fruité et une attaque souple en bouche, indépendamment du corps et de la longueur, on se dit que ces choix de production/vinification sont faits en connaissance de cause. Si je ne suis pas un grand fan de ces vins, je suis respectueux du marketing intelligent qui en est fait.
  • Les producteurs des cuvées élevées sous bois les plus réussies ont paradoxalement  moins tendance à afficher « élevé en barrique de chêne » sur leurs étiquettes. Que faut-il en conclure ?
  • La caractéristique d’un grand rouge est son intensité de fruit en milieu de bouche.  Un caractère que la seule forte maturité du raisin issu d’un terroir moyen, ou l’élevage sous bois ne saurait reproduire à lui-seul.
  • Derrière les stars reconnus pour leurs vins de terroir, certaines cuvées prometteuses par le passé se révèlent en 2008 et 2009. Les quelques 2007 présentés montrent la faiblesse de ce millésime en rouge (et certainement son faible succès commercial).Sur les 13 vins du millésime 2008, les notes vont de 10 à 15.5/20, avec une moyenne de 13/20. 8 vins sont sélectionnés.
  • Sur les 74 vins du millésime 2009, les notes vont de 10 à 18/20, avec une moyenne de 13.5/20. 52 vins obtiennent une note égale ou supérieure à 13/20  

1 février : Début de l’AOC Alsace grand Cru avec une série de vins de terroirs granitiques (Brand, Frankstein, Schlossberg, Sommerberg, Wineck Schlossberg, et Winzenberg)

  •  Pour rappel, les vins de l’AOC Alsace Grand Cru sont triés par famille de terroir, les différents lieux-dits étant classés selon leur géologie principale. Ceci a l'avantage de ne pas déguster chaque grand cru de manière spécifique, car il serait trop facile de repérer les grands producteurs du grand cru Brand par exemple, ou aussi l'absence de grands noms sur le Grand cru Ollwiller.
  • La dégustation du jour portait sur 63 vins de la famille des terroirs granitiques, comprenant les grands crus Brand, Frankstein, Schlossberg, Sommerberg, Wineck Schlossberg, et Winzenberg. Au sein de cette famille, les vins furent classés par millésimes décroissants, puis par sucrosité croissante, indépendamment du cépage ou de la mention VT ou SGN.
  • La dégustation a débuté par 28 vins du millésime 2009, dont un véritable défilé de grands vins secs produits par les stars des grands crus Brand, Schlossberg, Sommerberg ou Wineck Schlossberg. Les vins plus moelleux n'étaient pas en reste, avec en fin de série un somptueux riesling SGN originaire du Schlossberg. Après la relative déception des rieslings génériques du millésime 2009, cette série a démontré qu'il était possible de produire des vins très minéraux dans ce millésime difficile. Les notes vont de 10 à 19/20, avec une moyenne très élevée de 14,7/20. 13 des 28 vins atteignent ou dépassent la note de 15/20.
  • Les 25 du millésime 2008 qui ont suivi ce sont également montrées d'un très haut niveau, même si quelques vins de moins bonne qualité ont fait baisser la moyenne des notes à 14/20. Seuls 10 vins atteignent ou dépassent la note de 15/20. À nouveau très peu de surprise parmi les vins sélectionnés, on retrouve les stars les différents grands crus. Le domaine Vincent Spannagel de Katzenthal revient sur le devant de la scène avec deux vins magnifiques du Grand Cru Wineck Schlossberg.
  • Les huit vins du millésime 2007 est le seul vin du millésime 2006 se sont montrés moins grandioses, par la présence de producteurs et de terroir moins réputés. En particulier une série de rieslings secs du grand cru Frankstein s'est montrée très décevante, leur manque de maturité et de salinité en faisant au mieux de piètres rieslings génériques. Un seul vin a été noté 15/20 ou plus.

31 janvier : AOC Alsace Gewurztraminer (suite et fin), AOC Alsace Gewurztraminer vendanges tardives

  • Fin de la série des 98 gewurztraminers, principalement des millésimes 2009 (76 bt), 2008 (18 bt) avec trois vins de 2007 et une seule cuvée – déjà curieusement évoluée - de 2005.
  • Les 2009 ont été décrits hier, il faut noter qu’en terminant la série avec les vins les plus moelleux quelques cuvées sont sorties du lot. Une fois de plus, en 2009 les cuvées les plus abouties sont parfois celles récoltées les plus tardivement. Confirmation du grand succès des biodynamistes. Barmès-Buecher et Zind-Humbrecht ont été somptueux.
  • Peu de cuvées m’ont semblé avoir été réacidifiées. On détecte parfois la réacidification lorsqu’elle est excessive : un vin au nez mou, qui débute mou en bouche, finit par surprise sur une acidité  intense, presque métallique.
  • Les millésimes 2008 et 2007 apportent une belle fraîcheur qui contraste une nouvelle fois avec le millésime 2009, que seule une charge importante en gaz carbonique et une amertume parfois prononcée arrivent à rafraîchir.
  • Au final, sur 98 cuvées de Gewurztraminer AOC Alsace, 44 sont sélectionnées, les notes vont de 10 à 17/20, pour une moyenne de 12.7/20. A noter de bonnes réussites pour des vins titrant moins de 6g / de sucre résiduel, mais aussi pour des vins ayant plus de 60 g/l.
  • Les 40 gewurztraminers AOC Alsace, de mention vendanges tardives prévus l’après midi débutent par une mauvaise série de vins sucrés, plus ou moins plaisants au nez, mais aqueux en bouche, sans la profondeur de fruit qu’on attend d’une vendange tardive. Rétrogradé en AOC Alsace Gewurztraminer, ces vins ne seraient pas mieux notés. 
  • Après 3 vins seulement du millésime 2009, les 2008 sont malgré tout assez équilibrés et botrytisés, contrairement à de nombreux 2007 qui restent sucrés sans rien d’autre en bouche. 
  • Il faut monter dans les degrés potentiels et le sucre résiduel pour trouver des vins riches en gout, au caractère de vendange tardive affirmé qui manque sur certaines cuvées. Les gewurztraminers génériques montent jusque quasiment 100 g/l de sucre résiduel, et les gewurztraminers VT les moins sucrés démarrent à moins de 50 g/l ; ce n’est donc pas le niveau de sucre qui fait la vendange tardive
  • Sur les 40 vins, 23 obtiennent 13/20 ou plus, faut-il tous les sélectionner compte tenu du statut d’exception de la fameuse mention vendange tardive ? Seuls 13 vins obtiennent 14.5/20 ou plus, avec un maximum de 17.5/20 pour la spectaculaire cuvée de Gewurztraminer Fronholtz VT 2008 d’André Ostertag (j’en parle d’autant plus que la cuvée est épuisée à la vente au domaine je pense). La moyenne des 40 vins reste basse : avec 13.1/20 on est à peine plus élevé que sur les gewurztraminers génériques.
  • La présence de nombreux 2008 et 2007 semble indiquer qu’il y a encore du vin à vendre dans ces millésimes, preuve que la production de VT/SGN entre 2005 et 2009 est trop importante, surtout qu’au vu de leur qualité moyenne, je comprends que peu de clients aient envie d’en acheter par carton de 6.
  • Les pinots noirs sont au programme mercredi, pour mardi je débute les près de 100 grands crus de terroirs granitiques. Les vins sont classés par millésime décroissant puis par sucrosité croissante, indépendamment du cépage ou du lieu-dit au sine d’une même famille de terroir (ici, les granitique, donc incluant les grands crus Brand, Gloeckelberg, Schlossberg, Sommerberg, Wineck-Schlossberg.

27 janvier : Pinots Gris 2008 et antérieurs, Gewurztraminers 2009, Klevener de Heiligenstein, Riesling VT et Muscat VT

Une journée chargée, incluant plusieurs cépages et plusieurs niveaux de sucre. Le principe d'inclure quelques vendanges tardives au milieu de vins plus secs, annoncé hier, permet de faire varier le dessus quand les vins dégustés, et ainsi d'éviter la fatigue.

  • Après les vins du millésime 2009, boire des pinots gris 2008 était un régal. Vive l'acidité, même si cela ne suffit pas pour faire un bon vin ! Plusieurs cuvées 2008 étaient élevées en barrique, avec une proportion plus grande qu’en 2009. Une fois de plus, les pinots gris très secs et les pinot gris très moelleux étaient les plus réussis. 2008 signe également le retour d’arômes de sous-bois, peu présents dans les 2009. L’équilibre miel/fruits jaunes/noisette/sous bois des pinots gris mûrs et pas trop moelleux convient parfaitement aux terrines, foie gras et chutney de figues, voire gibier à plume (canard colvert, faisan etc…). Tout cela est très gastronomique
  • La transition vers le Klevener de Heiligenstein était décevante. Sur les 8 vins présentés, seuls 2 ont été sélectionnés : respectivement notés 13 et 13.5/20, ils ont su montrer des arômes francs, un minimum de concentration, et un équilibre harmonieux. L'appellation souffre d'un manque de notoriété, mais si le huitième cépage alsacien est effectivement difficile à rajouter aux sept premiers, ce n'est pas avec un tel niveau de qualité que les vins ressortiront devant les autres. Ma grande expérience de dégustation de gewurztraminer mais aussi de savagnins ouillés du Jura me fait penser que le Klevener a un potentiel bien plus grand.
  • Avant de passer au gewurztraminer, nous avons goûté les 5 muscats vendanges tardives. Je dis « nous », car Mélanie Pfister est venue m’accompagner cet après-midi lors des dégustations. Seuls 2 vins ont été sélectionnés sur les 5.
  • L'après-midi a débuté par une première série de 48 gewurztraminers 2009, en débutant par les plus secs : une fois de plus, le stress hydrique amène un caractère asséchant aux vins, et si certains ont décidé de laisser beaucoup de gaz carbonique, les meilleurs ont conservé un joli fruité et une belle fraîcheur. Beaucoup de déviations aromatiques ont une nouvelle fois été rencontrées, allant de goût de bouchon à des contaminations TCA, en passant par des goûts de logements. Pour ses vins les plus secs, le sucre résiduel s'échelonnait de 12 à 38 g/l. Peu de vins ont à nouveau été sélectionnés, et la moyenne des notes est restée à 12.4/20.
  • Pour bien terminer la journée nous avons dégusté les 26 rieslings vendanges tardives de la sélection. Mal nous en a pris, la sélection était très hétérogène une fois de plus, avec une moyenne des notes de 13.2/20. Les vins étaient souvent issus du millésime 2007, et manquaient souvent de maturité, de vraie pourriture noble, et pour certains se montraient déjà évolués. Avec quelques cuvées de millésimes antérieurs, en dévoilant les étiquettes nous avons eu la tristesse de voir des macarons montrant des médailles d'or et du trophée d'excellence au concours de meilleurs rieslings du monde des années passées. Malheureusement les bouteilles arborant ses macarons étaient très souvent déjà très évoluées, très loin de la fraîcheur qui leur avait permis d'obtenir ces prix. Heureusement, quelques flacons de très dont niveau (dont une Pfoeller de Meyer-Fonné 2009), on rehaussé le niveau.

26 Janvier : AOC Alsace Pinot Gris 2009

  • La journée a été entièrement consacrée à la dégustation des 92 pinots gris du millésime 2009. 41 vins ont été sélectionnés, avec des notes s'échelonnant de 10 à 16, et une moyenne de près de 14/20. Cette moyenne élevée s'explique par de très bonne note donnée à des vins très secs, et d'autres très bonnes notes données à des vins plus moelleux. Il y a peu de vins notés 13 ou 13.5/20.
  • Malheureusement, la qualité fut très hétérogène, surtout dans cette longue série de vins d'équilibre demi sec, avec entre 18 et 40 g/l de sucre, manquant souvent cruellement de matière, et présentant un profil simple et sucraillon, sans oublier la présence de gaz carbonique, qui leur donnait une allure de cidre de poire.
  • À noter un nombre important de bouteilles présentant des déviations aromatiques : plusieurs vins étaient réduits, et 16 bouteilles ont été redégustées à cause d'un problème de bouchon, ou de contamination TCA.
  • Quelques vins avaient visiblement été réacidifiés, et plusieurs cuvées ont présenté des notes lactiques, faisant penser à une fermentation malolactique mal maîtrisée.
  • Très peu de cuvées étaient élevées en barrique, le phénomène de mode semblant disparaître. Les quelques élevages sous bois ont heureusement concerné des vins secs.
  • Les vins et étant classées par sucre résiduel croissant, la première caisse de 12 vins dégustée tôt le matin fut extraordinaire, avec des vins présentant moins de 7g/l de sucre, dont certains parfaitement secs. Il était possible de produire des grands pinots gris en 2009, et quelques producteurs l'ont démontré : Zind Humbrecht, Paul Kubler, Léon Boesch, André Ostertag, et surtout Jean-Claude Rieflé qui a présenté un magnifique Pinot Gris Côtes de Rouffach 2009 à moins de 4 g/l de sucre résiduel. 
  • Si la minéralité et la salinité a été une nouvelle fois absente dans de nombreuses cuvées, à tous les niveaux de maturité et j'ai pu déguster quelques vins dont l'équilibre minéral était remarquable. La quasi-totalité des producteurs de ces cuvées travaillent en biodynamie.
  • Parmi les cuvées plus moelleuses qui ont conservé un bel équilibre, deux vins de Henri Schoenheitz se sont démarqués du lot, apportant un réconfort au milieu de nombreuses cuvées sucraillonnes.
  • A ce stade, 475 vins ont déjà été dégustés.

25 Janvier : fin de dégustation des AOC Alsace Riesling

  • Fin de la dégustation des Rieslings AOC Alsace: 164 vins dégustés dont 117 de 2009, 84 sélectionnés, notes de 10/20 à 16/20, moyenne 12.8/20
  • Sur les 2009, la dégustation des vins plus riches que la veille n'a pas montré d'amélioration dans la salinité des vins. Certains vins récoltés très mûrs se montrent cependant plus acidulés, et au final plus fruités en bouche, donc plus agréables à boire.
  • Au final, la maturation des rieslings 2009 par rapport à leur degré alcoolique n'a pas montré le même équilibre que sur les sylvaners. Il faudra impérativement les déguster avant de les acheter, même chez les producteurs réputés de fortes variations de style existent.
  • Le contraste fut saisissant avec les rieslings du millésime 2009, 19 des 30 vins de 2008 présentés ayant été sélectionnés. Les notes pour le millésime 2008 vont de 11 à 16 avec une moyenne de 13,4/20. La fraîcheur, fruité, le caractère aérien du riesling étaient de retour.
  • Enfin, 17 vins de millésimes antérieurs à 2008 était présentés, avec une hétérogénéité de styles et de qualité qui n'a pas permis d'en sélectionner beaucoup. J'ai malgré tout beaucoup apprécié le riesling Cuvée Equinoxe 2007 de la Maison Henry Fuchs à Ribeauvillé, il s'agit du premier millésime vinifié par Paul Fuchs, le fils de Henry, un jeune vigneron dont on reparlera très prochainement...

24 janvier : le reste des AOC Alsace pinot blanc/auxerrois, les AOC Alsace Muscat, et le début des AOC Alsace Riesling

  • 13 Pinot Blanc/Auxerrois de 2008 à 2005, avec des niveaux de sucrosité très variés qui traduisent le caractère spécial de certaines cuvées. 7 vins sélectionnés, notes de 10.5/20 à 14/20, moyenne 12.6/20

  • 42 AOC Alsace Muscat : état sanitaire souvent bon mais la maturité des raisins et la qualité du pressurage donnent encore beaucoup de notes végétales et herbacées au vin. Le sucre résiduel perçu dépend de la matière : 5-6g/l sur un vin concentré et salin passent inaperçu, alors que 4g/l fait sucraillon sur un vin dilué. Que faut-il en conclure sur les producteurs qui défendent le zéro sucre résiduel avec acharnement ?… Peu de terroir perçu sur les cuvées présentées. 26 vins sélectionnés, notes de 10.5/20 à 14.5/20, moyenne 12.5/20

  • Premiers 60 Rieslings 2009 sur 117 : 2009 est marqué par le stress hydrique, certains rieslings ont connu des blocages de maturité, et des acidités en forte baisse quand ils ont été récoltés mûrs. D’autres terroirs de coteaux ont connu un climat plus acceptable et ont bien supporté le millésime, avec de belles maturités et des niveaux d’acidité proches de 2007. 2009 est plus asséchant et amer en riesling que les meilleurs sylvaners du millésime. A noter que sur 60 bouteilles, 10 se sont révélées défectueuses, souvent bouchonnées ou atteintes de TCA, et dans 6 d’entre elles, la deuxième bouteille n’a rien arrangé. Notes de 10/20 à 15.5/20, moyenne 12.6/20. Les vins étant classés par sucre croissant, les premiers 60 vins avaient moins de 6.5g/l de sucre restant annoncé. 

21 janvier 2011 :  Tous les AOC Alsace sans cépage,  les AOC Alsace Sylvaner et les AOC Alsace pinot blanc/auxerrois du millésime 2009

La première journée complète de dégustation a vu défiler plusieurs appellations :

  • Les 17 AOC Alsace sans mention de cépage, de l'Edelzwicker au Gentil en passant par les assemblages nobles multi-cépages, les vins de soif, les vins de complantation issus de grands terorirs (Osterberg, Rangen etc ). Groupe très hétérogène. 10 vins sélectionnés, notes de 10.5/20 à 16/20, moyenne 13.4/20.
  • Une seule bouteille de Chasselas, de très bonne qualité
  • Les 40 Sylvaners en AOC Alsace (les sylvaners Grand Cru Zotzenberg seront goûtés à part). Le millésime 2009 a produit de très grands vins, mûrs physiologiquement, denses, vinifiés sec, souvent plus intéressants que les rieslings du même millésime. Ce seront les meilleures affaires du millésime. 23 vins sélectionnés, notes de 10/20 à 16/20, moyenne 13.15/20
  • Les 49 pinot blancs et auxerrois du milllésime 2009 : une série très hétérogène, plus encore que les sylvaners, avec des niveaux d'alcool et de sucre résiduel très variables. De nombreux vins sont déséquilibés par leur excès d'alcool ou de sucre par rapport à la concentration du vin. De belles cuvées parmi les vins viniifés secs, dont une très belle cuvée élevée sous bois (Claude Weinzorn). 22 vins sélectionnés, notes de 10/20 à 15/20, moyenne 12.7/20

20 janvier 2011 : la première journée de dégustation était consacrée à l'appellation crémant d'Alsace

  • 52 échantillons ont été dégustés comprenant des bruts millésimés, des extras bruts de crémant rosé de millésimes plus anciens. La dégustation s'est bien déroulée avec un taux de sélection de 50 % puisque 26 cuvées ont été notée 13/20 ou plus, donc sélectionnées. La meilleure note accordée ce jour était seulement de 15/20.
  • Les cuvées non sélectionnée l’ont été à cause de plusieurs défauts. Le défaut rencontré le plus couramment était le manque de maturité dans le millésime 2007, ou des nez de complexité et de pureté douteuse signifiant ou traduisant un manque de pureté en 2008.
  • A noter sur les échantillons présentés, un dosage moyen en baisse, quasiment pas de crémants dosés au-delà de 10 g/l, et de très bons extra brut non dosés qui montrent une bonne maturité et une bonne pureté des raisins par rapport à ce qui s'était fait en 2005-2006.
  • Les crémants rosés furent peu nombreux (4 au total), contrairement à ce qu'on aurait pu attendre du marché, traduisant peut-être une qualité en baisse alors que la demande de volume ne fait que grimper. Bonne pioche pour le Crémant Rosé de Fernand Engel à Rorschwihr !
  • Plusieurs crémants étaient du millésime 2009, ce qui signifie qu'ils ont été dégorgés très très récemment, après la durée minimum de neuf mois d'élevage sur latte.

Thierry Meyer

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