Déjeuner Bourguignon

Déjeuner bourguignon
24 Juin 2005

Les vacances sont l’occasion de passer par la Bourgogne, et une étape au Clos du Mur Blanc s’imposait. Nous étions réunis avec quelques amis autour de quelques mets et  de flacons servis à l’aveugle.

Alsace - Pinot Noir Cuvée des Vigneronnes 2001 – Domaine de l’Ancien Monastère : regoûté avec des bourguignons, le vin fait apparaître un fruité doux au nez et une structure tannique en bouche qui lui donne de l’élégance. Le vin pinote, et se boit sans peine. Bien

Bourgogne rouge Joseph Faiveley 2002 – Faiveley : La comparaison avec un vin bourguignon largement diffusé est intéressante. Le vin se fait plus corsé, avec une structure tannique plus ferme et un niveau de concentration plus élevé. On est dans la même gamme de prix, à un niveau qualitatif similaire sur un style différent. Bien

Champagne Blanc de Blancs 1995 – Sanger (Lycée viticole d’Avize) : Dégorgé à la volée, le nez est floral, grillé avec des notes citronnées. La bouche est mûre, vive avec une acidité un peu crayeuse, donnant beaucoup de richesse. Un vin jeune avec beaucoup de peps, à boire ou à attendre. Très Bien

Viré-Clessé 2001 – Bret Brothers : La robe est jeune dense, sans traces de doré. Le nez est boisé avec une forte chauffe, ce qui lui donne des arômes de noix de coco. La bouche est grasse, beurrée, mûre au point de devenir presque lourde, avec des arômes de fruits exotiques en finale. On pense à un chardonnay du nouveau monde, et on est un peu surpris de voir ici un vin bourguignon. Espérons que le domaine s’est un peu assagi depuis 2001 dans l’élevage de ses blancs. A boire frais. Bien

Chignin Bergeron 1990 – Michel Quenard : Le nez est parfumé, avec des arômes d’encaustique et de cire, des notes fumées, dans un registre très mur et un peu évolué. Je pense à un riesling vieux et mur, style 1983, mais des notes de foin coupé et l’évocation d’autres régions me font douter. La bouche est évoluée, grasse avec une structure acide encore fraîche. Les arômes de cire accompagne le milieu de bouche, le foin coupé revenant plus fortement en finale. Quelle complexité ! Excellent.

Meursault 1er Cru Gouttes d’Or 2003 – Domaine Buisson-Charles : Le nez est très parfumé, floral, mielleux avec des notes de pêche à l’agitation. La bouche est très grasse, dense, avec une acidité qui montre tout doucement le bout de son nez au réchauffement. On pense Meursault bien entendu, mais je pensais plutôt à un 1er Cru Charmes à cause de la tension du vin. Le vin a beaucoup de finesse et une matière énorme, un gros potentiel à développer sur les 15 prochaines années. Très Bien

Côtes du Roussillon La Muntada 1995 – Domaine Gauby : La robe est rouge sang, très foncée, avec des bords qui tirent sur la brique. Le nez est parfumé, un peu végétal et légèrement alcooleux, avec des notes de cassis et de ronce. La bouche est sèche, grasse avec des tanins un peu secs. Le vin se montre pur, assez complexe, mais manque un peu de finesse et de pureté, et ce petit plus qui fait les grands vins. Je pense à une syrah pure, type Saint Joseph 1998 par exemple, mais la région est toute autre… Bien

Hermitage 1988 – E. Guigal : Le nez est parfumé, initialement un peu désagréable (notes de basse-cour), puis à l’aération cela devient un festival d’olive, d’épices (laurier), de suie. La bouche est dense, pure, avec des tanins un peu secs, mais s’assouplit à l’aération. Je pense à un Hermitage 1995 de Guigal, mais une fois encore, le vin est plus vieux qu’il n’y paraît. Très Bien

Chambertin 1974 – Jacques Prieur : La robe est assez claire, rubis avec une légère évolution. Le nez est très parfumé, avec des notes de champignon frais, de cerise, d’écorce d’orange, de réglisse et de chocolat, dans un style complexe très fin et très plaisant. La bouche est souple, élégante, avec un peu d’amertume en finale. L’acidité est présente du début à la fin sans que le vin ne paraisse décharné. Un petit millésime qui a produit quelques rares merveilles dont ce vin. Excellent

Nuits Saint Georges VSR – Faiveley : « Vin Spécialement Recommandé » est une mention pour des vins d’assemblage fait jusque dans les années 70. Il doit s’agir d’un assemblage de millésimes du début des années 70 d’après le fournisseur de cette bouteille (que je remercie au passage), avec des bons crus assemblés pour faire un vin de grande garde. Le domaine n’a pas su en dire plus, et aucun signe spécifique (numéro de lot sur l’étiquette ou le bouchon)  ne permet de définir le contenu de l’assemblage. La robe est rubis profond, légèrement tuilée sur les bords. Le nez est parfumé, avec du cuir, du champignon, puis des petits fruits noirs. La bouche est souple, fruitée, avec des tanins fins et fondus. La finale est longue et développe des arômes de suie. Le vin est un peu plus dense et plus rustique que le Chambertin, mais garde une jeunesse exemplaire et une souplesse apportée par l’âge qui lui donne un bel équilibre. Un grand moment. Excellent.

Gewurztraminer Grand Cru Vorbourg 1989 – Domaine de l’Ecole à Rouffach : La robe est pâle, avec des reflets verts. Le nez est parfumé, avec des notes de litchi, de fleurs séchées et d’épices. La bouche est grasse, assez sèche, légèrement vanillée. On sent un bel équilibre entre l’âge, le sucre fondu et la matière de ce vin moyennement corsé. Le style me rappelle un Gewurztraminer 1988 de Rolly-Gassmann en légèrement plus sec, la maturité du millésime n’étant pas particulièrement perceptible à ce stade. Bien

Un bien beau repas, convivial et gourmand, avec de belles bouteilles dont de surprenant vieux bourgognes.

Thierry Meyer