Les Vins du mois d'Août 2006

Compte rendu des vins dégustés en août 2006 à différentes occasions.

Black Tie 2004 – Cave Coopérative de Pfaffenheim : Assemblage 40/60 de riesling et de pinot gris, cette cuvée innovante bouchée en capsule à vis ou en liège a fait l’objet d’une belle campagne de publicité à sa sortie. Le nez est marqué par le pinot gris, avec des arômes de miel, de sous bois et une pointe de fruits murs. La bouche est moelleuse en attaque, puis laisse la place à une acidité fine et présente apportée par le riesling. L’ensemble possède une complexité moyenne et procure un plaisir désaltérant comme un bon Edelzwicker. Bien

L’intérêt d’un tel flacon est peut-être de diminuer l’appréhension de consommateurs qui trouvent le pinot gris trop sucré, et le riesling trop acide. En mélangeant les deux, on obtient un juste milieu, même si ce milieu n’est que l’équilibre entre un vin sucré et un vin acide. Ici, avec 10 g/l de sucre résiduel et 7.3g/l d’acidité en tartrique, on est dans la fourchette haute en sucre et en acide. Mais ce relief artificiel ne suffit peut-être pas à compenser une matière moyenne. Si le vin était vendu 5 euros, ce serait un bon vin de tous les jours, mais à 10 euros la bouteille, je préfère nettement un pinot blanc Rosenberg 2002 de Barmès-Buecher, un Sylvaner 2004 du Domaine Weinbach ou un riesling 2004 d’Albert Boxler, d’un tout autre calibre. Mais ce sont des vins moins faciles à trouver, probablement produits en plus petite quantité. L’intérêt de cette cuvée est peut-être de proposer un tarif élevé aux particuliers pour le positionner dans le haut de gamme, mais de le vendre en majorité à bas prix en restauration, pour que les restaurants puissent le vendre au verre à prix relativement modéré pour le consommateur. Un verre de Black Tie à 2.5€ au repas de midi en semaine ça pourrait être une bonne occasion de boire quelque chose de bon et de régulier.

Riesling Vendanges Tardives 1989 – René Fleith : La robe est jaune doré, de nuance vieil or tirant sur l’ambre, brillante. Le nez est intense, évolué avec des notes de pétrole, de miel et d’encaustique. La bouche est grasse en attaque, puis plus moelleux, le moelleux étant fondu avec l’âge, évoluant sur une acidité qui donne un caractère plus sec au vin. La finale est assez longue, avec une présence de chocolat et d’eau de vie. Un vin de style surmaturé sec, qui a fini avec 14 degrés d’alcool. Parfait aujourd’hui, on se dit que 12.5 degrés d’alcool et 25 g/l de sucre résiduel en plus aurait aussi donné un beau flacon.  Très Bien

Gewurztraminer Grand Cru Altenberg de Bergheim 1983 – Gustave Lorentz : La robe est jaune dorée, encore claire. Le nez est parfumé, avec une dominante florale sur le jasmin, puis des notes plus évoluées de cire, d’encaustique, d’épices. La bouche est moelleuse en attaque, puis profonde, dense, minérale, avec un moelleux fondu dans une grosse matière. La finale est ronde et très longue. Le vin est à parfaite maturité, pur et marqué par la profondeur de l’Altenberg. Une bouteille bue en Avril dernier avait un nez plus vieux que cela, probablement perturbé par un transport en voiture. Cette bouteille est magnifique, d’une jeunesse éclatante pour un 1983, et promise à une longue garde. Surtout, en comparaison au riesling VT 89 bu le même soir, la profondeur du terroir apparaît de manière très nette. Bue à trois sur un repas asiatiques (dim-sum, nems, rouleaux au crabe, crevettes sauce aigre-douce), le plaisir fut à son maximum avec un accord magnifique sur tout le repas. Excellent

Valais – Petite Arvine 2004 – Simon Maye (Chamoson) : La robe est or blanc, claire et très limpide. Le nez est parfumé, encore marqué par des notes d’élevage, puis frais avec des arômes d’herbe coupée, d’asperge et de pomme verte. La bouche est moelleuse en attaque, riche et rehaussée par une acidité présente qui évite de tomber dans la lourdeur. L’ensemble est moelleux et présente une légère pointe alcoolique en finale. Cette petite arvine ressemble plus à un johannisberg ou à un pinot gris alsacien. Je m’attendais à plus de fraîcheur. Bien

Givry Clos de la Brûlée 2002 – Domaine Masse : La robe est rouge rubis clair, brillante. Le nez est ouvert, de bonne intensité et net avec des arômes de cerise suivis par de la ronce et de l’humus. La bouche est  pure, fruitée en attaque puis acidulée avec des tanins fins. Le vin se montre fin et assez léger, avec une finale plus sèche. Un vin élégant  et bien vinifié, à boire dès à présent. Bien.

Muscat les Marnes Vertes 2004 – Etienne Loew : la robe est or blanc avec des reflets verts, très limpide. Le nez est ouvert, intense et frais avec des arômes de raisin frais et de fleur de sureau. La bouche est moelleuse en attaque, puis fraîche et croquante avec une belle maturité, l’ensemble soutenu par une acidité fine qui se fait présente en milieu de bouche. La finale est longue et très aromatique avec une pointe alcoolique. Un vin concentré et mûr tout en restant frais, possédant une bonne sapidité, qui procure beaucoup de plaisir. Ouvert pour étancher une petite soif avec quelques amis, la bouteille n’a pas fait long feu. Très Bien.

Vdp de l’Hérault Cuvée EOS 2005 – Domaine Courbissac : Le nez est parfumé, fruité avec des notes de fruits rouges et de réglisse. La bouche est grasse, fine avec des tanins assez présents, surtout en finale où ils donnent une touche sèche bien agréable à table. Syrah et Carignan sont mûrs sans avoir le coté très souple du millésime 2003. Une cuvée bien née, de concentration moyenne, qui sera parfaite dans un an ou deux. Le Minervois 2003 reste une bonne affaire en attendant que cette cuvée soit à maturité. Bien

Meursault 1er Cru les Gouttes d’Or 2000 – Domaine Buisson Charles : la robe est jaune doré, brillante et profonde. Le nez est ouvert, intense et net avec des arômes de noisette fraîche, de silex et de pain grillé. La bouche est ample en attaque, assez concentrée avec du gras, possédant une belle acidité très fine qui donne de la fraîcheur à l’ensemble. La finale est longue, portée par le gras et l’acidité avec des arômes de beurre et d’anis. Un vin équilibré, prêt à boire après un carafage de quelques heures. Bien

Riesling Zellenberg 2003 – Eblin-Fuchs : Robe jaune pâle, claire avec de légers reflets verts. Le nez est net et discret, marqué par la chaleur du millésime avec des arômes de citronnelle et de pêche blanche. La bouche est sèche et acidulée en attaque, puis légère et assez vive avec une touche épicée en finale. Un vin très pur qui montre beaucoup de finesse. A boire. Bien.

Riesling Grand Cru Schlossberg 1987 – Paul Blanck : Nez très frais, sur les agrumes et le bourgeon de cassis, rappelle un sauvignon, évolution sur des notes fumées et pétrolées qui trahissent une légère évolution. La bouche est franche en attaque, puis sèche et minérale avec une concentration moyenne, finissant avec une grande longueur. Un vin fin à l’équilibre frais et élégant, qui se présente encore au sommet de son apogée avec une bonne complexité. Très Bien

Muscat Cuvée Marie 2004 – Valentin Zusslin : Le nez est fruité, sur les fruits murs, avec des notes de raisin frais et de pêche des vignes. La bouche est souple en attaque, fruitée et délicate avec un caractère sec et un fruité délicat. La finale est nette, assez longue mais légèrement chaude. Un muscat riche au style pur qui sera parfait au printemps prochain. Bien

Gewurztraminer Grand Cru Marckrain 2004 – Laurent Barth : le nez est riche et complexe avec des arômes confiture de rose, de miel et de fruits mûrs. L’attaque en bouche est moelleuse, minérale, puis le vin se montre fruité et ample. La finale est ronde avec des arômes de litchi. Un vin moelleux avec de la profondeur, qui prend un caractère demi-sec. Déjà agréable à boire, il faudra attendre quelques années pour qu’il donne toute sa mesure. Très Bien

Riesling Vent d’Est 2002 – Domaines Schlumberger : Frais et salin avec une légère évolution au nez et une fine minéralité en bouche, le riesling alsacien par excellence. Toujours aussi bon. Très Bien

Morgon 2000 – Jean Descombes : La robe est rouge rubis foncé, opaque avec une faible brillance et de légers reflets tuilés. Le nez est d’intensité moyenne, avec de la ronce, des petits fruits rouges et une pointe de cerise, à mi-chemin entre le gamay jeune et un beaujolais légèrement évolué. La bouche est souple et fruitée en attaque, puis assez légère, finement acidulée avec des tanins très légers. Le vin se montre gourmand, facile à boire avec des notes de violette et de cerise en fin de bouche. Il a perdu le coté gras de sa jeunesse et commence tout doucement à « morgonner ». Un parfait vin de table. Bien

Pinot Blanc Réserve 2001 – Albert Boxler : La robe est jaune doré intense. Le nez est exotique, très mûr avec des notes de miel et de fruits jaunes. La bouche est moelleuse en attaque, puis riche avec une belle acidité, conservant beaucoup de finesse. La fin de bouche est longue sur des arômes de fruits confits. Un bel exercice de style à la recherche de la maturité maximale, mais une cuvée à réserver à des plats riches voire à l’apéritif, le caractère moelleux étant marqué. On est proche d’un Auxerrois Cuvée Excellence 2001 de Binner. Très Bien

Muscat orange et Flora vendanges tardives 2002 – Brown Brothers (Australie, en demi-bouteille) : le nez est parfumé, très mur avec des arômes de miel, d’agrumes confit, de pâte de coing. La bouche est moelleuse, légère et sucrée avec beaucoup de rondeur et de douceur. Pas le grain nobles puissant et corsé, mais plutôt une douceur très agréable à siroter le soir ! Très Bien

Riesling Grand Cru Rangen 1996 – Bruno Hertz : la robe est jaune doré très intense. Le nez est ouvert, minéral avec des fleurs blanches mais très rapidement marqué par de l’oxydation. La bouche est fine et concentrée, mais se montre décharnée par rapport aux précédentes bouteilles bues, confirmant le caractère oxydé de cette bouteille. Un mauvais flacon qui se boit encore à la rigueur, mais qui n’a pas du tout l’éclat de cette bouteille lorsqu’elle se présente bien. Bof

Pinot 1962 – Cave Vinicole de Beblenheim : La robe est jaune doré, dense et brillante. Le nez est marqué par des arômes de fruits blancs mûrs, d’épices et de fleur séchées, avec de légères notes d’encaustique à l’aération. La bouche est souple, grasse et riche, avec une jeunesse incroyable pour un vin de cet âge. Le pinot blanc de cette cuvée Sigillé tirée de la cave de la Confrérie Saint Etienne doit être issu du terroir du Sonnenglanz (fortement planté en Pinot et Sylvaner à cette époque), ce qui lui donne ce gras exemplaire. Le vin supporte en outre bien l’aération, à cause d’une bonne maturité mais aussi d’une dose de soufre non négligeable. Eviter de vider la bouteille à deux le même soir ! Superbe flacon de collection. Bien

Gewurztraminer Sélection 1969 – Cave Vinicole d’Eguisheim (Wolfberger) : La robe est encore très claire. Le nez est net, floral avec des arômes de rose fanée, de miel et quelques notes discrètes d’évolution. La bouche est riche, grasse et moyennement moelleuse avec un coté épicée qui se développe progressivement, délaissant l’aspect floral du nez. La fin de bouche est assez courte, sur des épices douces. Une belle bouteille tirée de L’oenothèque de la Confrérie Saint Etienne, rebouchée en 1994, et qui se montre plus nette encore que le flacon bu l’année dernière. Très Bien

Pinot Blanc Auxerrois 2002 – Beck-Hartweg : La robe est jaune de nuance or blanc. Le nez est parfumé, avec du chèvrefeuille, des agrumes et une note évoluée rappelant la pomme mûre. La bouche est souple en attaque, assez moelleuse puis développe une fine acidité ciselée qui lui donne de la finesse. Le vin est légèrement évolué, parfumé et termine sur une note épicée assez longue en finale. Un vin qui a perdu la fraîcheur de sa jeunesse, est-ce une altération due au bouchon ? Si cette bouteille est représentative de la cuvée, à consommer rapidement. Bien

 

Thierry Meyer

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