Les Vins du mois d'Avril 2006

Compte rendu des vins dégustés en avril 2006 à différentes occasions.

Bourgogne 2003 – Jean-Luc Joillot : robe rouge clair avec des bords qui commencent à tuiler. Le nez est fruité, pas très net, sur des fruits rouges et un peu d’alcool. La bouche est fruitée en attaque, légère avec un creux, finit un peu acidulé. Un vin qui se boit moins bien que l’an dernier. Bof

Muscat Cuvée Caroline 2003 – Paul Ginglinger : la robe est or blanc avec beaucoup de brillance. Le nez est parfumé, floral et mielleux avec des notes de fruits à chaire blanche. La bouche est souple en attaque, prenant rapidement le croquant du raisin frais typique du cépage, mais avec des nuances plus souple dues au millésime, et un léger moelleux. La fin de bouche est plus sèche, avec des petits tanins et une rétro-olfaction importante sur le raisin frais. Une belle réussite dans le millésime. Bien

Muscat Tradition 2002 – Hugel et Fils : la robe est or pâle très clair, avec des reflets verts. Le premier nez est discret, végétal avec des notes de menthe fraîche, de mousseron et d’anis, évoluant à l’agitation sans prendre de l’intensité sur des notes de pamplemousse. La bouche est fruitée en attaque, sur un équilibre de fruits blancs avec une acidité mesurée. La fin de bouche est courte arômatiquement, avec des notes de raisin frais en rétro-olfaction. Un vin qui est entre deux âges, ayant perdu sa fraîcheur initiale et son croquant des premiers jours et n’ayant pas encore développé son bouquet subtil de vieux muscat. Bof

McLaren Vale GSM 1997 – Rosemount Estate (Australie): Une belle cuvée de Grenache-Syrah-Mourvèdre que je gardais précieusement pour voir comme elle évoluerait. La robe est rouge grenat foncé, avec des bords à peine plus clairs. Le nez est très parfumé, avec des notes de chêne toasté très douces, les arômes de vanille se combinant très bien avec les fruits rouges qui apparaissent à l’agitation. La bouche est souple, très fruitée, presque lactée tellement elle est onctueuse, les tanins sont gras et fondus dans l’ensemble. On ne dirait pas avoir un vin de 9 ans dans le verre, tant le fruit et le bois dominent. La fin de bouche est assez courte. Le premier verre est très plaisant, proche du coup de cœur pour tous les convives. Au deuxième verre, beaucoup n’en reprennent plus, et le vin commence à très fatigant par son fruit et son boisé toasté. Personne n’ira au-delà du 2e verre, et lorsqu’il faut finir la bouteille le lendemain, on se dit qu’il faut faire un effort. Le GSM 97 était un des vins très bien notés par notre gourou mondial, et si sa maturité flatte beaucoup de palais, on fatigue quand même beaucoup en le buvant. Peut-être que jeune il fatiguait moins ? Bien

Gewurztraminer 2002 – Domaine Trapet : Le nez évoque les fruits exotiques et le miel, assez ouvert mais sans grande évolution en intensité. La bouche est fine et acidulée et attaque, légèrement moelleuse, avec une évolution un peu plus sèche. La matière est bonne et le vin ciselé par l’acidité du millésime 2002 qui lui donne un équilibre assez vif avec des arômes de fruits exotiques et d’agrumes en finale. Malheureusement, le mal de tête qui s’empare de tous les convives deux heures après avoir ingurgité le vin est inhabituel et inacceptable. Une erreur de dosage de soufre à la mise ? Bien

Saint-Julien 1989 – Château Léoville-Poyferré : la robe est rouge grenat, sombre avec des bords tuilés, laissant de grosses larmes sur les parois du verre. Le nez est parfumé, complexe sur des arômes de fruit compotés, de fumée, évoluant sur des notes épicées. La bouche est souple en attaque, grasse avec des tanins riches, gras et fondus donnant beaucoup de corps au vin. La bouche évolue de manière souple et très élégante, avec des notes épicées en finale. Un vin à maturité, mûr, gras et concentré, très plaisant à boire maintenant. Très Bien

Bandol cuvée Cabassaou 2003 – Domaine Tempier : la robe est sombre, aux reflets violacés. Le nez est discret à l‘ouverture, simple et fruité, puis développe des senteurs plus complexes à l’aération, avec des épices et des fruits noirs. La bouche est souple en attaque, chaleureuse et concentrée avec une structure tannique présente mais qui n’assèche pas. La fin de bouche est plus épicée avec beaucoup de souplesse. Du travail d’orfèvre en 2003. Très Bien

Nuits Saint Georges 1er Cru les Saints Georges 2000 – Henri Gouge : le nez est moyennement intense, avec des arômes de cerise, de fumée, d’humus. La bouche est sèche en attaque, dense et très bien charpentée, avec des tanins frai très présents qui enrobent une matière concentrée. Un vin terrien déjà buvable mais qui dispose d’un grand potentiel de garde compte tenu de sa structure. Très Bien

Riesling Ahn Palmberg 2003 – Domaine du Clos des Rochers : le nez est parfumé, citronné avec des note de fleurs blanches et de pêche. La bouche est fraîche en attaque, avec beaucoup de gaz, évoluant sur un équilibre léger et fruité avec une bonne acidité. Une fois le gaz disparu, la bouche prend du gras et l’acidité est moins vive, donnant une impression de chaire agréable. La finale est nette, courte. Bien

Feteasca Neagra/Merlot 2003 - Villa Bona Terra (Roumanie) : la robe est rouge grenat avec des reflets violacés, limpide et brillante. Le nez est très net, fruité et doux avec des notes de fruits noirs, d’épices et de fumée. La bouche est souple en attaque, légère et mûre, avec des tanins très fins et gras, devant plus secs en finale. La fin de bouche est longue, épicée avec des notes de réglisse. Un vin souple et fruité qui se boit très bien en ce moment. Voilà un flacon très plaisant dans un style loin de l’image caricaturale des vins modernes. Un vin de Roumanie produit par la maison danoise Chris Wines. La contre étiquette vante la latitude similaire de la région de Dealul Mare avec Bordeaux.  Trouvé en GS au Luxembourg, à 4.99€ la bouteille, voilà un beau vin très prometteur, de très bon rapport qualité prix. Bien

Jurançon Sec Cuvée Marie 2004 – Domaine Charles Hours : La robe est jaune citron assez dense, de bonne concentration. Le nez est moyennement intense, finement boisé avec des notes d’agrumes verts. La bouche est sèche et riche en attaque, rapidement dominée par le grain du bois, ce qui déséquilibre l’harmonie en bouche. Je ne me souviens pas avoir goûté le vin de cette manière en novembre dernier, le bois domine un peu trop et n’apporte pas grand-chose à une matière de bonne densité. Bien

Pinot Blanc 2004 – Bruno Hertz : la robe est brillante, de nuance or blanc. Le nez est ouvert, jeune avec des arômes de fleurs et de fruits à chaire blanche, simple et net. L’attaque en bouche est franche, évoluant léger et fruité avec une bonne acidité. La finale est légèrement épicée, avec des notes de silex. Un pinot blanc gouleyant, très agréable frais à table. Bien

Muscat Les Marnes Vertes 2004 – Etienne Loew : La robe est pâle. Le premier nez est très ouvert, intense avec des notes de fleur de sureau et de raisin frais mûr, évoluant sur des notes de bourgeon de cassis et de pêche. En bouche l’attaque est moelleuse, évoluant plus sec sur un fruit concentré sans lourdeur, avec une bonne acidité. La fin de bouche est ample, soutenue par le gras du vin et une longue rétro-olfaction. Essayé à l’apéritif puis (enfin) sur des asperges avec du jambon cru et une mayonnaise maison, le vin se montre très polyvalent, suffisamment fruité pour l’apéritif et charpenté pour ne a se laisser dominer par le plat. Très Bien

Châteauneuf du Pape 1985 – Caves Saint Pierre : La robe est rouge grenat, foncée avec des bords légèrement tuilés, très brillante avec des larmes lentes qui dessinent un jambage épais. Le nez est initialement discret, et s’ouvre à l’aération avec des notes de petits fruits rouge compotés, d’épices et de réglisse. La bouche est grasse en attaque, soyeuse et de concentration moyenne avec un joli fruit parfaitement intégré à des tanins gras et fondus. La finale est plus complexe, avec des épices et de la réglisse en rétro-olfaction. Un Châteauneuf du Pape à maturité qui vieillit aussi bine qu’un grand médoc. Bien

Clevner 2003 – Domaine des Marronniers : La robe est jaune dorée, de nuance or blanc. Le nez est d’intensité moyenne, simple et net avec des notes de fleurs printanières et de fruits à chair blanche. L’attaque en bouche est moelleuse puis plus grasse avec une fine acidité, évoluant sur un fruit pur avec une bonne concentration. La finale est souple, légèrement moelleuse et de bonne longueur sur les notes fruitées. Un pinot blanc en pleine forme, plus équilibré que l’année dernière et qui se conservera quelques années encore. Bien

Thierry Meyer