Les Vins du mois d'Avril 2004

Compte rendu des vins dégustés en avril 2004 à différentes occasions.

Jurançon Sec Le Chant des Vignes 2002 – Domaine Cauhapé : La robe est jaune clair, grosses larmes. Le nez est parfumé et frais, avec du citron vert, du pamplemousse et des herbes fraîches coupées. Quelques fruits exotiques à l’aération font presque penser à un sauvignon blanc. La bouche est sèche et dense avec une belle vivacité, avec des arômes fruités qui rappellent des bonbons acidulés. Mon palais alsacien découvre avec délectation ce millésime de Jurançon sec.

Coteaux du Languedoc 2001 Domaine de la Garrigue Saint Martin : riche et épicé, vanillé et dense, souple.

Coteaux d’Aix Terra d’Or 1997 – Domaine des Béates (Chapoutier) : plus minéral, acidulé et fin, même si en dégustation pure c’est un vin difficile d’approche. En revanche sur des cèpes …

Madiran Cuvée Prestige 1991 – Château Montus : légère évolution qui adoucit les tanins et donne une belle patine. Pas un millésime de très grande maturité mais un vin qui s’assagit tout doucement...

Riesling Millenium 2000 – Vincent Spannagel : citronné, doux, léger moelleux. Minéralité légère en milieu de bouche.

Puligny Montrachet 1er Cru Sous le Puits 1995 – Olivier Leflaive : robe jaune dense, foncé avec des reflets dorés. Le disque est épais et les jambes assez grasses, suite à des larmes lentes. Le nez est minéral avec des notes d’évolution, une légère oxydation, et des arômes de foin coupé et de beurre. La bouche est sèche et dense avec les arômes du nez, minéral et assez tendue, avec beaucoup de gras. Une superbe bouteille qui rattrape les deux dernières qui étaient oxydées, même si ces flacons ont probablement aussi souffert d’une mauvaise conservation. Très Bien

Volnay 1er Cru Les Angles 1999- Lucien Boillot : Robe rouge grenat avec des reflets violets, larmes lentes et fines jambes. Le nez est très parfumé, complexe avec de la cerise, de la prune, de l’humus, du cacao, à la fois fin et riche. La bouche est dense, souple et veloutée, avec des tanins présents très soyeux, une bonne acidité et une grosse richesse qui reprend les arômes du nez. Un pinot noir mur et corsé, très fin qui se déguste déjà très bien maintenant. Le souvenir du millésime 90 rappelle que ce vin se bonifiera sur les 10 prochaines années. A 19 euros, il s’agit là d’une perle secrète de la Bourgogne. Excellent.

Riesling Grand Cru Wineck-Schlossberg 1996 – Vincent Spannagel : La robe reste jaune pâle avec de légers reflets verts. Les jambes et le disque sont assez épais. Le nez est complexe, avec des notes de citron vert, de tilleul, d’acacia, développant des notes d’ananas et de fruits blanc et jaunes à l’agitation. En bouche l’attaque est franche mais laissa rapidement place à un joli ras que vient souligner une acidité fine. Le vin est légèrement évolué et développe des notes de fumée, de camphre, de grillé et de fruit blancs. Un équilibre tout en finesse et une très belle minéralité. La finale est moyennement longue sur une légère amertume. Un vin à maturité depuis quelques années, mais qui se maintient parfaitement en développant des notes secondaires. Encore en vente au domaine jusqu’à il n’y a pas si longtemps que cela (7.6 euros !), voila une très belle affaire pour les amateurs de rieslings alsaciens.

Coteaux de Champlitte Pinot Noir 2000 – Denis Jacquelin: La robe est rubis assez foncé, avec des bords un peu plus clairs. Des larmes assez épaisses descendent lentement. Le nez est frais et assez parfumé, avec des notes de fruits rouges et un peu de ronce. La bouche est souple et parfumée, acidulée avec des tanins légers. La finale est un peu sèche. L’ensemble est gourmand avec beaucoup de fraîcheur.

Beaune 1er Cru Les Grèves 2000 – Domaine Charles Thomas : robe rouge sang, foncé et assez dense. Le nez est bouqueté, toasté et boisé, avec un peu de ronce et de la mûre. La bouche est sèche, corsée et épicée, avec un beau boisé et une bonne concentration. Quoi que plaisant, le bois occulte pour le moment à la fois l’expression du cépage et du terroir. On retrouve un style de bourgogne un peu tannique avec des notes de cerise en fin de bouche qui n’est pas sans rappeler les vins du domaine Faiveley, mais qui est moins plaisant une fois qu’on a affûté son palais avec des douceurs de chez Boillot ! Est-ce que la garde le sauvera ? Je trouve dommage de gâcher un millésime comme 2000 qui a produit des vins fruités et faciles à boire par un boisé un peu trop généreux. Du coup, je préfère presque le Champlitte...

Sauvignon Blanc 2002 Wairau Reserve – Saint Clair (Marlborough - Nouvelle Zélande) : Robe pâle avec des reflets verts. Le nez est parfumé, très sauvignon avec du buis et du bourgeon de cassis. Au réchauffement on sent un peu trop le SO2 à mon avis. La bouche est sèche, mure et vive. Bu frais ce vin est très frais et fruité. Mais mieux vaut éviter qu’il ne se réchauffe trop, le surcroît de fruit domine trop la petite minéralité.

Pinot Blanc Fleur de Printemps 2002 – Vincent Spannagel : robe jaune beurre assez dense. Le nez est parfumé, avec des arômes de fruit blancs et de fleurs, et une pointe légère de surmaturité. La bouche est ronde et légèrement acidulée, grasse en milieu de bouche avec un peu de pierre à fusil en finale. On est sur une cuvée 100% Auxerrois, dans un style très plaisant à boire en ce moment, sans plus tarder. La cuvée fleur de printemps 2003 sera mise en vente prochainement.

Ribera del Duero - Abadia Retuerda 1996 : Robe sombre, new vanillé puis boisé, avec des fruits rouges cuits. La bouche est assez souple et dense mais un peu asséchante, sur le poivron, les fruits rouges et le bois. Après une journée, le poivron est très présent et le vin est assez éventé. L’élevage boisé des jeunes années ne semble pas garantir une grande longévité à ce type de vin. Acheté et goûté il y a 4 ans, il va falloir maintenant suivre l’évolution de ce vin.

Thierry Meyer