Weekend de dégustation de vins du Rhône à Luxembourg

28-29 février 2004

Christian Schueller a organisé d’une main de maître un week-end autour des vins du Rhône. Comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, les grandes vacances aidant j’ai enfin pris le temps de mettre mes notes au propre et de peaufiner mes conclusions. horizonale de Chateauneufs du pape 1998, Hermitages et Cotes Roties de 1999 et plus anciens, de belles bouteilles ont pavé ce weekend.

 

Châteauneuf du Pape 1998

Le week-end débute par une dégustation de Châteauneuf du Pape millésime 1998. Ce millésime marque le début d’une longue série de bons millésimes, et l’enthousiasme de Robert Parker a relancé la course aux bonnes affaires. Si on trouvait encore quasiment tous les 95 en foire aux vins à l’époque, le 98 s’est vendu assez rapidement.

On débute avec un pirate qui est assez proche d’un CDP :

Cotes du Rhône cuvée la mémé 1998 en Magnum – Domaine Gramenon : robe rouge sombre, trouble, avec du dépôt, absence de jambes, les bords sont tuilés. Le nez est épicé, avec de la pierre à fusil, quelques fruits rouges. Il s’ouvre progressivement avec de plus en plus de fruits rouges et des notes de truffe. La bouche est acidulée, riche et dense, corsée et épicée, avec une acidité assez forte, des tanins gras. La fin de bouche est longue avec des arômes de pain grillé et de groseille.

Châteauneuf du Pape Cuvée Grenache 1998 – Bosquet des Papes : La robe est rouge tirant sur l’acajou, assez évoluée, avec des jambes épaisses et de grosses larmes. Le nez est parfumé et doux, sur des fruits cuits, des fruits rouges, du kirsch, du cassis. La bouche est souple, mûre, assez sèche avec beaucoup de finesse. La finale est un peu chaude avec des notes de cacao. Un vin tout en finesse mais à maturité.

Châteauneuf du Pape Cuvée Chantemerle 1998 – Bosquet des Papes : robe rouge avec des reflets tuilés, donne une impression d’évolution. Les jambes sont fines et les larmes descendent rapidement dans le verre. Le nez est parfumé et très fin, avec des fruits rouges frais qui rappellent le sirop de grenadine, de la myrtille, mais aussi des notes de poivron et de pivoine. La bouche est sèche, dense, épicée et complexe avec des notes de chocolat amer et de framboise en finale. Moins souple que la cuvée grenache, cette cuvée est néanmoins très plaisante à table. J’aime beaucoup cet équilibre.

Châteauneuf du Pape Cuvée Chaupin 1998 – Domaine de la Janasse : Le nez est parfumé et floral, avec des notes d’aubépine et de menthe. La bouche est corsée, moelleuse, avec des arômes de torréfaction, de pistache et d’épices. La finale est assez longue. Un vin riche  et corsé, mais qui présente un changement de style surprenant par rapport aux vins précédents.

Châteauneuf du Pape 1998 – Château Rayas : La robe est rouge clair, brillante mais pas très intense. Le nez présente un beau mélange de fruits rouges frais et de vanille. La bouche est assez souple, mure et grasse, très pure avec des tanins peu perceptibles. La finale est longue. Un vin tout en dentelle, très pur, qui peut surprendre ceux qui s’attendent à un mastodonte d’épices, de tanins et de pruneau avec une couleur rouge sombre et opaque !

Châteauneuf du Pape 1998 – Château Fortia : Le nez est un peu végétal, avec de la menthe, des épices et des notes de pêche qui rappelleraient presque un vin blanc à l’aveugle. La bouche est assez dense et épicée, avec des tanins présents. La fin de bouche revient sur des arômes de réglisse. Un vin sûrement un peu austère pour le moment, quand on connaît les millésimes un peu plus anciens (95, 96).

Châteauneuf du Pape 1998 – Château de Beaucastel : La robe est sombre, rouge sang. Le nez est marqué par des arômes de pain frais, de fruits noirs, avec des notes animales discrètes et des épices. La bouche est acidulée, fruitée et corsée, avec une finale sur les fruits noirs qui est longue mais un peu chaude. Un vin très puissant, qui bénéficiera de quelques années de garde supplémentaire.

Châteauneuf du Pape 1998 – Château Barberac : La robe est plus claire que le vin précédent, tuilée. Le nez est marqué par des arômes fermentaires, une acidité volatile assez importante, du vernis et des fruits rouges cuits. La bouche est aigre et pétillante. Ce n’est pas du Lambrusco,  tout simplement on est face à un vin qui est tout simplement reparti en fermentation. On est quand même content en pensant aux méthodes de vinification, d’élevage et d’embouteillage qui ont donné tant de pureté à ce vin, lui permettant de repartir aujourd’hui en fermentation. Un vin sans souffre imbuvable est avant tout un vin... sans souffre  : -)

Châteauneuf du Pape 1998 – Domaine du Vieux Télégraphe : La loi des séries continue : le nez est fortement bouchonné, la bouche est encore plus bouchonnée avec des tanins secs. Bref, un vin bouchonné : seule la robe n’est pas bouchonnée !

Châteauneuf du Pape Sélection Reflets 1998 – Clos du Mont Olivet : La robe est un peu tuilée, brillante avec de belles jambes et des grosses larmes. Le nez est assez intense, avec des notes de grillé mélangées à une acidité volatile assez marquée. La bouche est fine et épicée, assez corsée avec des arômes de truffe en finale. Un vin surprenant, pas un blockbuster, et pas forcément sexy mais qui laisse curieusement une très bonne impression. A regoûter et analyser plus en détail...

Châteauneuf du Pape cuvée Vieilles Vignes 1998 en Magnum – Domaine de Villeneuve : la robe est rouge foncé avec des reflets acajou, les grosses larmes forment des jambes épaisses. Le nez est moyennement bouqueté avec des notes mentholées et des herbes séchées. La bouche est assez moelleuse, très fine, dense avec un léger moelleux perceptible. Un vin très plaisant.

Châteauneuf du Pape 1998 – Domaine du Pégau: la robe est dense, rouge profond, avec des jambes fines. Le nez est un peu animal, avec des notes d’encre, de farine, de havane. La bouche est souple et dense mais conserve ces notes animales.  Le vin ne se montre pas sous son meilleur jour, et s’il se rapproche de Beaucastel il est très loin du style plus fruité de certaines autres cuvées. 

Châteauneuf du Pape 1998 en Magnum – Etienne Gonet : la robe est à nouveau rouge sombre, avec des bords tuilés. Le nez est très mur, avec des fruits cuits et du pruneau, dans un style qui pourrait rappeler le banyuls ou le porto. La bouche est ronde avec des tanins présents, possède une bonne acidité et reprend ce style très mur : l’alcool et les épices rendent la bouche presque piquante, avec une finale un peu chaude sur le kirsch, le pruneau et le chocolat amer. Un beau vin très mur qui s’assagira avec le temps.

Châteauneuf du Pape Secret des Sablons 1998 – Domaine des Sablons : La robe est rouge assez dense, avec des bords tuilés. Le nez évoque une reprise de fermentation, avec pas mal d’acidité volatile. La bouche est acidulée, moelleuse, évoque des fruits rouges cuits, de la cannelle, du cuir. L’équilibre est un peu chaud (le vin titre 16.5 degrés quand même...), avec une fin de bouche curieusement courte. Le vin se montre très extrait et concentré, au détriment de la finesse. Pour amateurs du genre. 

Mes préférés : Bosquet des Papes Cuvée grenache, Rayas, Villeneuve, Mont Olivet.

Une telle dégustation est intéressante car elle permet de se faire une idée sur le dessus du panier de l’appellation dans un millésime réputé. Coté styles, on distingue plusieurs manières d’exprimer la région. Fruits frais et finesse pour des vins en dentelle, fruits cuits et alcool pour des vins chaleureux sans aspérité, épices et austérité, voir notes animales pour des vins plus austères.  Chacun peut y trouver son style préféré, et ajuster les temps de garde en cave en fonction du niveau d’évolution souhaité.

La bonne impression de cette dégustation concerne l’homogénéité qualitative des vins de ce millésimes. Bien entendu nous avons goûté les plus connus, mais certains vins se vendaient à moins de 15 euros à leur sortie, ce qui confirme l’étonnant potentiel de cette appellation. En particulier compte tenu de la disponibilité à la vente de la plupart de ces vins. Dur de trouver parmi les châteaux connus et largement distribués une finesse et un fruité aussi bon à bordeaux dans cette gamme de prix.

La surprise pour moi était de voir des vins souvent assez évolués, ce qui pour moins de 6 ans d’âge me surprend. J’ai toujours eu l’idée de Châteauneuf du pape comme des vins riches à garder longtemps avant qu’ils s’assouplissent.

Les vins du Rhône Nord – Des Côtes Rôtie 1999 aux vieux Hermitages

Le même soir, passage du coté Nord avec une  promenade sur les grands terroirs du sud de Lyon.

Mise en bouche avec un :

Saint-Jospeh 1995 – Bernard Faurie : Le nez est moyennement intense, assez simple sur des fruits noirs (pruneau, mûre, myrtille, cassis). La bouche est souple et fruitée, acidulée et assez sèche à cause des tanins un peu forts. La fin de bouche est acidulée et laisse une impression très nette.

Ensuite s’en suit une horizontale de Cotes Rôties 1999. Grand millésime qui a produit de belles syrahs, certaines se goûtant déjà merveilleusement bien.

Côte Rôtie Côte Blonde 1999 – Rostaing : La robe est colorée, presque noire. Le nez est un peu réduit, puis prend des arômes de vanille, de fraise, avec un peu de cassis frais. La bouche est très souple, avec des tanins fins et une grande pureté de fruit. Une jeune syrah qui s’apprécie déjà maintenant, comme seul Côte Rôtie sait en faire. Superbe ++

Côte Rôtie 1999 – Tardieu-Laurent : La robe est foncée. Le nez est assez parfumé, un peu réduit, boisé. La bouche est amère, boisée, assez souple mais sans beaucoup de fruit. « Tu bois quoi ? » - « du bois ! ». Un style qui ne m’inspire pas beaucoup.

Côte Rôtie La Landonne 1999 – Rostaing : Après la Côte Blonde, voilà le deuxième cru. LA robe est rouge très brillant. Le nez est fruité, lacté avec un peu de réduction. A l’aération on retrouve du laurier, du pain grillé et de l’olive noire. La bouche est assez fruitée, dense, souple avec une belle acidité. La fin de bouche est très longue, et donne un ensemble très minéral et fin. Superbe +++

Côte Rôtie  mélange 1999 – Rostaing : comme on a deux verres de Côte Rôtie 99 de Rostaing devant nous, la tentation est grande d’assembler Cote Blonde et  Landonne à part égales pour goûter un assemblage des deux terroirs, façon Brune et Blonde... Le résultat est intéressant et donne un bel équilibre entre fruit et terroir. Le coté épicé et dense de l’un s’associe à la pureté des fruits frais de l’autre pour donner un vin très complexe. A ce stade, l’assemblage est meilleur que chacun des deux vins bu séparément !

Côte Rôtie La Landonne 1999 – Delas : La robe est à nouveau très foncée, avec des larmes qui descendent très lentement sur les parois du verre. Le nez est marqué par de la prunelle, des fruits rouges, avec un coté rustique que renforce le boisé. La bouche est fruitée et fine, avec des tanins fins sensibles. La finale est longue mais un peu tannique. Le vin a déjà un bel équilibre.

Côte Rôtie Château d’Ampuis 1999 – E. Guigal : La robe est foncée, dense et très jeune. Le nez est parfumé, avec des notes d’olive noire, de caramel , de pain grillé. La bouche est dense, souple et fine, avec beaucoup de fruit et de pureté. La finale est longue. Le style que je préfère avec une jolie pureté en bouche, à peine plus austère que la Mouline 99 bu 3 mois auparavant. Superbe +++

Côte Rôtie 1999 – Jamet : La robe est foncée, opaque et intense. Le nez est un peu réduit, marqué par des arômes de viande séchée, de laurier, de girofle, de suie et de café. La bouche est dense et sèche, acidulée avec de la cerise aigre et de l’olive verte. La finale est un peu tannique. Un style un peu austère mais très épicé, qui rappelle plus un Hermitage qu’une côte rôtie.

Cote Rôtie Les Grand Places 1999 – Domaine Gérin : Le nez est un peu réduit, fruité et boisé. La bouche est plus souple, avec une légère sucrosité, une bonne acidité et des tanins gras. Un vin à maturité.

Une belle dégustation horizontale de vins qui deviendront des cuvées très haut de gamme dans 10 ans. Trouver un tel niveau de qualité à bordeaux demande d’aller chercher les meilleurs crus classés du Médoc à mon avis. Le charme des côtes rôties est qu’elles se goûtent souvent très bien jeunes et dévoilent des arômes de fruits rouges frais (framboise, groseille). A ce titre, le millésime 2000 est peut-être plus plaisant à boire maintenant pour ceux qui recherchent ce fruit. Le millésime 99 est très mur mais peut-être moins ouvert à ce stade.

On continue par deux Cornas pour faire la transition avec les Hermitages.

Cornas 1996 – Auguste Clape : la robe est sombre. Le nez est marqué par la syrah, avec des notes de cassis et un coté végétal. La bouche est sèche et épicée, presque un peu rêche au début, mais le fruit arrive lorsqu’on marie ce vin à table.

Cornas 19096 – Thierry Lallemand : Le nez est grillé et évoque des arômes de pierre à fusil. La bouche est corsée, acidulée et un peu amère, avec une acidité qui persiste en finale.

Cornas est une appellation souvent considérée comme austère en comparaison de Côte Rôtie, cependant les vins se montrent sous leur meilleur jours après quelques années de garde et sont parfait à table.

Dégustation d’Hermitages

Clou de la soirée, en accompagnement du dîner, une grande série d’Hermitage pour goûter différents styles et millésimes.

Hermitage 1998 – Le Colombier : Le nez est mentholé, marqué par des fruits noirs et de la pêche. La bouche est un peu sucrée, avec des tanins forts et un alcool assez marqué. Le vin est acidulé avec une longue finale sur le chocolat amer. Un style qui tranche avec les Côte Rôties précédentes.

Hermitage 1999 – Tardieu-Laurent : La robe est très foncée. Le nez est parfumé, avec du pain grillé, des arômes de torréfaction et un peu de bois. La bouche est souple et moyennement corsée, avec des tanins un peu secs. On retrouve l’équilibre Tardieu-Laurent rencontré avec la Côte Rôtie, mais ce vin parait un peu plus creux en milieu de bouche malgré le bois. Pas convaincant à ce stade, et cela ne me donne pas envie d’acheter et de stocker  ce genre de vin pour voir ce qu’il deviendra plus tard.

Hermitage les Bessards 1996 – Delas : Le nez est très fruité, avec des fruits rouges et du cassis. La bouche est acidulée, souple et assez fine avec une bonne concentration. Une longue finale vient compléter la bonne impression laissée par ce vin. Un Hermitage à maturité, plaisant à boire dès aujourd’hui.

Ermitage le Pavillon 1995 – Chapoutier : Troisième bouteille de ce vin dégustées ces 4 dernières années, et toujours la même déception.  Le nez est moyennement intense, grillé, marqué par des arômes de laurier. La bouche est très extraite, mais sèche avec des tanins grossiers. Le millésime 93 bu récemment semble plus souple et fin. J’ai du mal à croire qu’une garde supplémentaire va l’améliorer.

Hermitage le Gréal 1995 – Marc Sorrel : Le nez est un peu  liégeux, la bouche est plus parfumée, dans un style corsé qui reste assez souple. Je n’ai pas tellement bien goûté ce vin.

Hermitage le Méal 1995 – Bernard Faurie : Le nez est marqué par des arômes de viandes et des épices. La bouche présente encore un peu de gaz, montre beaucoup de finesse avec une bonne acidité, mais parait un peu creuse en milieu de bouche.

Hermitage le Gréal 1991 – Marc Sorrel : Le nez est très parfumé, avec des fruits noirs et des notes d’encre. La bouche est souple et très fine, avec un léger liège perçu un finale.

Hermitage La Chapelle 1996 – Jaboulet : La série des vins moyens se termine avec ce vin au nez cuit, presque éventé. La bouche reprend les arômes de fruits cuits et donne une impression oxydée. Le vin n’est pas conforme à son habitude, probablement un problème de bouchon. D’habitude il se montre beaucoup mieux.

Hermitage 1991 – JL Chave : Le nez est cette fois bien distinctif, avec des l’eucalyptus, de la naphte, de la menthe et du cassis. La bouche est riche, grasse et dense, avec beaucoup de souplesse en milieu de bouche. Du grand art.

Hermitage les Greffières 1990 – Domaine De Vallouit : Le nez rappelle cette fois plus une côte rôtie, avec des arômes de viande séchée et d’olive noire. La bouche est très souple et mure, avec des arômes d’olive et un léger boisé. Le vin se montre vraiment rond et souple en bouche, un peu plus sec en finale. Un très grand Hermitage à maturité.

Hermitage le Méal 1989 – Bernard Faurie : le nez se fait plus discret, un peu viandeux. La bouche est souple, fine et équilibrée, avec des tanins un peu sensibles en finale. Un peu d’aération lui aurait peut-être fait du bien.

Hermitage 1989 – JL Chave : Le nez retrouve les arômes de menthe et d’eucalyptus du 1991, avec de la menthe et des épices. La bouche est dense, avec un bel équilibre entre le fruit et les épices, et montre une bonne acidité. La fin de bouche est très longue. Superbe+++

Hermitage La Chapelle 1985 – Jaboulet : Le nez est complexe, avec des arômes de viande séchée, de cuir, de chocolat, de fruits noirs (pruneau) et des épices.. La bouche est souple avec des tanins fins, des fruits rouges et une bonne acidité. Le vin montre un bel équilibre, il est à peine évolué pour ses 19 ans d’âge et possède encore un bon potentiel de garde. Superbe +++

Hermitage La Chapelle 1983 – Jaboulet : Si le 85 se goûtait superbement bien, la fin de soirée se  sent plus avec ce dernier vin. Le nez est discret avec quelques épices. La bouche est acidulée, fine, presque un peu creuse. Les tanins sont présents et fins, ce qui donne un beau soyeux en bouche. Mais le palais est fatigué après tous ces grands vins à base de syrah, et ce n’est pas le grand moment attendu. J’avais un meilleur souvenir de ce vin bu en 1998 et 2000.

Conclusion générale : ce qu’on aime dans les vins rouges du Rhône. 

Du nord au sud, les vins rouges du Rhône sont marqués par l’influence des cépages utilisés. Du tout syrah au nord au tout grenache au sud, l’éventail des assemblages grenache/syrah/mourvèdre offre suffisamment de styles différents pour que chacun y trouve le sien.

Certains aiment le coté fruité du grenache : fruits rouges frais, fruits cuits, beaucoup de souplesse en bouche avec parfois un peu trop d’alcool et de chaleur, voire une certaine sucrosité, un moment donné dans la recherche du toujours plus on finit par atteindre sa propre limite. D’autres aiment le coté fruité des cotes rôties jeunes : les arômes de groseille associées à une grande pureté ont leur charme, même si un moment on finit par regretter ces épices et cette minéralité qu’on trouve dans certains Châteauneuf du Pape ou Hermitages. Enfin certains aiment l’austérité des vins, avec ce qu’elle cache souvent de minéralité : les arômes de viande séchés, la pierre à fusil, les notes animales, le coté rustique des vins du Rhône se retrouve en parfaite compagnie lorsque la saison de la chasse ramène du gibier à poil sur les tables. Comme souvent, il n’y a pas de style meilleur qu’un autre, le tout est de ne pas se tromper de vins lorsqu’on les sert à table, et de trouver son style pour acheter les bonnes bouteilles.

Comme dans d’autres régions, les grands vins atteignent des sommets par leur équilibre, et les tentatives de bluffer les guides et journalistes avec des vins très corsés à défaut d’être fins ne sont souvent pas à la hauteur des vins légendaires.

Thierry