Vins de Loire et Bordeaux à la Cave Rommes

Vins de Loire et Bordeaux à la Cave Rommes
25 octobre 2004

Passage rapide à la Cave Rommes à Esch/Alzette au Luxembourg pour une dégustation de vins de Loire et de Bordeaux. Voulant tout goûter, j’ai enchaîné les vins pour faire une première sélection correspondant à mes goûts. Je me suis rendu compte que le millésime 2001 n’avait rien à envier à 2000 du point de vue de la souplesse et de la maturité. Survol rapide des vins avec des notes un peu concises.

Loire Blancs

Muscadet de Sèvre & Maine sur Lie 2003 – Domaine Christ. Hallereau : Le nez est intense et floral, la bouche est dense, sèche avec une belle rondeur, sans que l’acidité soit mordante. Le millésime 2003 a produit un muscadet que je goutte mieux que d’habitude, même si je ne suis pas un amateur du genre. Bof (5.76€)

Sancerre Cuvée Prestige «la Grande Châtelaine » 2002 – Domaine Joseph Mellot : un nez très typé sauvignon avec du fruit de la passion et du bourgeon de cassis, dans un style qui rappelle les Pouilly de Dagueneau. La bouche est plus florale, acidulée avec une acidité citrique très agréable. A boire dès maintenant ou à attendre. Très Bien (16.02€)

Pouilly-Fumé Cuvée Prestige «Grande Cuvée des Edvins » 2000 – Domaine Joseph Mellot : Le nez se montre cette fois boisé, avec un peu de fruit de la passion qui peine derrière les notes toastées. La bouche est boisée, sèche et assez vive, avec une amertume en finale. Le bois est trop présent à ce stade, et je ne suis pas sur qu’il se fondra de manière élégante avec le vin dans quelques années. Bof (16.02€)

Loire Rosé

Sancerre « Le Rabaut » 2003 – Domaine Joseph Mellot : Le nez est parfumé avec des notes de fruits rouges et de fleurs. La bouche est assez ronde, dense et encore un peu marquée par l’élevage (notes lactées). La finale est un peu courte, mais l’impression d’ensemble est très plaisante. Le Pinot Noir donne décidément de jolis rosés en 2003, et pas uniquement en Alsace ! Bien (11.58€)

Loire Rouges

Sancerre Cuvée Prestige «Le Connétable » 2003 – Domaine Joseph Mellot : Le nez est à niveau boisé, avec des notes discrètes de myrtille à l’agitation. La bouche est tannique et encore fortement boisée, le pinot  noir se devine par des notes de cassis cachées derrière un toasté  généreux. Pas convaincant pour mon goût, fallait-il mettre autant de bois neuf ? Bof  (13.48€)

Bourgueil «Le Fretval» 2001 – Domaine Joseph Mellot : Le nez est parfumé sur des notes de poivron rouge, de mine de crayon. La bouche est plus souple, et assez légère. Bof (6.12€)

Saint Nicolas de Bourgueil «Le Moulin Genet» 2003 – Domaine Joseph Mellot : Le nez est parfumé mais un peu plus fruité que le vin précédent, la bouche est souple mais montre des tanins un peu plus présents en finale. Bof (7.28€)

Chinon «Les Morinières» 2003 – Domaine Joseph Mellot : Le nez parait plus mur, la bouche montre une concentration et une finesse au-dessus des vins précédents. Le vin se montre plus corsé, et garde des tanins bien présents. Bien (6.20€)

Je ne suis décidément pas un fan du cabernet franc, et ma maigre connaissance des vins rouges de Loire demande peut-être encore quelques expériences sublimes pour éveiller mon attention.

Bordeaux Blanc Sec

Graves 2002 – Château la Fleur Jonquet : Le nez est parfumé, boisé et mentholé, avec des fleurs blanches à l’agitation. La bouche est sèche, minérale, et encore boisée. Pas mon style de blanc sec. Bof (11.29€)

Pessac-Léognan 2002 – Château le Thil Comte Clary : une première bouteille se montre vieille, amère, avec une impression herbacée en finale. Après discussion, on décide qu’il s’agit peut-être d’un problème de bouteille. Le second flacon se montre complètement différent, avec un nez frais, floral, sur les fruits blancs, et une bouche croquante, avec des arômes d’agrumes. L’absence de bois est un  plaisir, de quoi se réconcilier avec l’appellation ! Très Bien  (13.48€)

Bordeaux Rosé

Bordeaux Clairet 2003 – Château de Fontenille : Le nez se montre très fruité, avec des notes de poivron qui font plus penser à un rouge qu’à un rosé, mais on est sur un clairet, un peu plus corsé qu’un rosé. La bouche est corsée et épicée, avec de la matière et des tanins. Bof (5.62€)

Bordeaux Blanc Moelleux

Ste Croix du Mont « Cuvée Virginie » 2001 – Château Les Arroucats : Le nez est très parfumé avec des notes d’abricot, un léger boisé, et pas mal d’acidité volatile. La bouche se montre mûre mais en gardant cette amertume due au bois. Bien (7.71€)

Sauternes 2001 – Château Gravas : La robe est jaune foncé, loin de la couleur cuivrée des deux autres vins moelleux. Le  nez est parfumé et doux, marqué par des arômes de pêche, sans boisé excessif. La bouche est souple, finement acidulée avec beaucoup de finesse. Certains trouvent que ce vin manque de corps pour un sauternes, j’aime au contraire beaucoup son équilibre, qui rappelle l’élégance d’un pinot gris VT alsacien. Très Bien (16.30€)

Sauternes 2001 – Château de Myrat : Le nez est cette fois très intense, c’est l’artillerie lourde : miel, pralin, grain rôti, du bois, de l’acidité volatile. La bouche est très liquoreuse avec l’acidité et le bois qui donnent suffisamment le change au sucre.  Il faudra attendre ce vin qui est encore un peu brut de décoffrage, surtout après le Château Gravas. Bien  (29.98€)

Bordeaux Rouge

Bordeaux Supérieur 2001 – Château Bel-Air : Le nez est parfumé, fruité. La bouche est souple et fruitée, équilibrée avec des tanins fondus. Une belle surprise. Bien (4.74€)

Bordeaux Supérieur 2000 – Château de Lestiac : Le nez est également très agréable mais les tanins sont un peu plus sensibles en bouche. La corpulence de l’ensemble laisse penser que lorsque les tanins seront plus fondus le vin aura perdu de son fruité. Bof (5.76€)

Bordeaux Supérieur 2000 – Domaine de Courteillac : La robe est profonde et dense, presque noire. Le nez est boisé, la bouche est corsée et boisée. Un bel effort de concentration qui ne me convainc pas. Bof  (10.20€)

Premières Cotes de Blaye 2000 – Château Maine-Tigreau : Le nez est marqué par des notes de poivron et quelques épices. La bouche est légèrement évoluée et assez souple, dans un style plutôt clairet. Bof (5.70€)

Côtes de Castillon 2001 – Château Lideyre : Le nez est fruité, mur avec des notes de poivron, avec un léger boisé. La bouche est fruitée et équilibrée, le bois étant bien intégré par rapport à la matière. Bien (8.96€)

Graves de Vayres 2001 – Maison Noble du Petit Puch : Le nez se montre discret, sur les fruits noirs. La bouche en revanche est très souple, concentrée avec des tanins gras. Il n’y a pas que Lesparre qui fait bon dans l’appellation, et ce dernier a tendance à trop boiser ses vins depuis 5 ans. Très Bien (11.29€)

Fronsac 2000 – Château du Fort Pontus : Le nez est parfumé mais semble vert, sur des notes un peu végétales. La bouche est corsée, tannique avec une amertume en finale qui ne me plaît guère. Bof (9.95€)

Graves 2002 – Château la Fleur Jonquet : le nez est discret, la bouche est plus corsée, assez fine, avec une jolie matière qui est encore jeune. Les autres millésimes m’ont fait une meilleure impression, il faudra regoûter. Bof (11.00€)

Pessac-Léognan 2000 – Château le Thil Comte Clary : Le nez est floral, aérien. La bouche est légèrement boisée, fondue avec un fruit plaisant. Bien (14.93€)

Médoc Cru Bourgeois 1998 – Château Terre Rouge : Le nez est assez fruité, mais si la bouche est fondue elle manque d’ampleur, les tanins présents servant à relever un peu la structure. Pas beaucoup de choses à raconter. Bof (7.66€)

Haut-Médoc Cru Bourgeois 1999 – Château Peyrabon : Le nez est floral, parfumé. La bouche est souple, donne des notes de poivrons, avec des tanins peu sensibles. Bien (10.86€)

Pauillac Cru Bourgeois 1999 – Château la Tour l’Aspic : Second vin du Château Haut Batailley, cette cuvée montre une forte maturité au nez avec des arômes de pruneau. La bouche est souple, concentrée, plaisante. A boire dès maintenant. Très Bien (11.73€)

Margaux 2000 – Château Cordet : Second vin du Château Monbrison, ce vin se montre sous son meilleur jour avec un nez très fruité et doux sur la fraise, et une bouche corsée, souple, mure et équilibrée. Un vin prêt à boire qui étonne par son équilibre. J’ai oublié de recracher, un phénomène automatique et incontrôlable de déglutition s’étant produit.... Très Bien (15.66€)

Margaux Grand Cru Classé  1999 – Château Prieuré-Lichine : Le nez est marqué par le bois, la bouche est fine et corsée, les tanins sont encore présents. On sent du potentiel mais le vin ne se goûte pas très bien en comparaison des autres. Bof (31.39€)

Saint-Julien 1997 – Château Saint-Louis du Bosq : Le nez est marqué par des notes chocolatées très agréables. La bouche est fondue, fruité et possède un bel équilibre. Loin des soi-disant 97 décharnés, cette cuvée est remarquable par sa corpulence, sa souplesse et  sa structure. A boire dès aujourd’hui. Très Bien (12.60€)

Saint-Julien Cru Bourgeois 2001 – Château Terrey-Gros-Caillou : Le nez est épicé et assez fruité, la bouche est corsée et un poil rugueuse, avec une acidité présente. Souffre de la comparaison avec le précédent. Bien (17.41€)

Saint-Estèphe 2001 – Château Petit Bocq : Le nez est assez discret, avec des notes de poivron. La bouche est acidulée et corsée. L’ensemble est assez concentré et plaisant, mais le vin doit être attendu. Bien (16.83)

Lalande de Pomerol 1999 – Château Haut Ballet : Le nez est parfumé, rappelant un peu de l’herbe séchée. La bouche est moyennement corsée, souple avec un joli fruité. Bien (9.55€)

Lalande de Pomerol 2000 – Château les Hauts-Conseillants : Le nez est mur et fruité, la bouche est concentrée, fine et souple. Un vin mur mais qui manque un peu de personnalité. Bien (17.55€)

Pomerol 2001 – Château du Couvent : Le nez est très parfumé, fruité avec des épices douces. La bouche est mure, souple et concentrée, avec des tanins de velours qui lui donnent un soyeux très agréable. Le meilleur bordeaux bu ce soir. Très Bien (14.64€)

Pomerol 2001 – Château Bonalgue : Le nez se montre plus floral, la bouche est corsée mais termine un peu court. Supporte mal la comparaison avec le précédent. Bien (927.75€)

Pomerol 2001 – Clos du Clocher : Le nez est épicé, la bouche est souple, corsée et assez fine. Un vin à attendre, qui a certainement du potentiel mais qui se montre un peu serré en ce moment. Bien (32.04€)

Lussac Saint-Emilion 2001 – Château la Grande Clotte : le nez est très fruité, sur de la myrtille et de la groseille. La bouche est souple et parfumée, déclenchant le réflexe de déglutition une fois de plus ! Très Bien (9.32€)

Saint-Georges Saint-Emilion 2001 Château Tour-du-Pas-St.-Georges : Le nez est floral, la bouche est fruitée avec des tanins fondus. Bien (9.84€)

Saint-Emilion 2000 – Château Saint-Brice : Le nez est plus discret, la bouche est fruitée, florale avec beaucoup d’élégance à défaut d’avoir de la concentration. Bien (9.98€)

Saint-Emilion Grand Cru Cuvée Prestige 2001 – Château Raby-Jean Voisin : Le nez est boisé, la bouche est fine et tannique, vraiment trop marquée par le bois au point d’apparaître presque creuse. Je préfère de loin la cuvée non-prestige, plus équilibrée. Cette cuvée super boisée est à ma connaissance apparue avec le millésime 2002, ce qui avait permis au château de la vendre deux fois plus chère que la cuvée normale. Apparemment, le public en redemande... Bof (14.27€)

Saint-Emilion Grand Cru Classé 2000 – Château Cap de Mourlin : Le nez est parfumé avec un boisé présent de bonne origine qui se mélange à du fruit concentré. La bouche est corsée, épicée, sèche avec des tanins fins et très présents. Le potentiel est là  et le bois est bien dosé, mais le vin est encore un peu trop jeune pour être apprécié aujourd’hui. Bien (26.59€)

La catégorie des bordeaux autour de 10 et 15 euros  est probablement la plus compétitive, il n’y a qu’à voir les rayons de la grande distribution  afficher des mètres de crus bourgeois. Pour avoir passé un samedi après midi chez Auchan à observer les consommateurs, c’est assurément vers cette catégorie que les femmes cherchent le vin du dimanche midi. La conception des étiquettes joue dont un grand rôle. Pou un caviste, faire la concurrence sur ce créneau relève du défi fou./ Pourtant, en sortant un peu des sentiers battus des crus bourgeois largement distribués en GD, il est possible de sortir des cuvées intéressantes à des prix similaires.

Finalement, qu’est-ce qui fait un bon bordeaux, le genre de vin qu’on paye 10-15 euros et qu’on ouvre en famille à 5-6 ans d’âge ? Pour moi, c’est la combinaison d’un nez parfumé, d’une bouche souple et légèrement tannique, dans un style qui ne donne pas dans la confiture pour qu’il passe très bien à table.

J’ai acheté les vins que j’ai préféré ce soir, à savoir :

  • Sancerre Cuvée Prestige « La Grande Châtelaine » 2002 – Domaine Joseph Mellot (16.02€)
  •  Sauternes 2001 – Château Gravas (16.30€)
  • Graves de Vayres 2001 – Maison Noble du Petit Puch (11.29€)
  • Pauillac Cru Bourgeois 1999 – Château la Tour l’Aspic  (11.73€)
  • Margaux 2000 – Château Cordet (15.66€)
  • Saint-Julien 1997 – Château Saint-Louis du Bosq (12.60€)
  • Pomerol 2001 – Château du Couvent (14.64€)
  • Lussac Saint-Emilion 2001 – Château la Grande Clotte  (9.32€)

Thierry Meyer