Les Vins de 2013 - Trimestre 1

Compte rendu des vins dégustés de janvier à mars 2013, dont deux grands vins du Domaine de la Romanée Conti.

Gewurztraminer Sélection de Grains Nobles 2005 - Cave de Turckheim : Belle robe claire et brillante, nez typé par le botrytis du millésime, marqué par les fruits secs, le miel, et une pointe vanillée. Une note lactée vient compléter de manière moins agréable ce tableau idyllique. La bouche est très moelleuse, liquoreuse avec une liqueur légère. Un vin bien fait, à boire dès à présent. Très bon accord avec la frangipane de la galette des Rois. Bien

Côtes du Jura Chardonnay La Bardette 2002 - Domaine Labet : robe dorée de nuance foncée, nez épicé avec une note de noisette, tirant sur l'oxydatif malgré lui. La bouche est dense, compacte, élégante avec une finale acidulée. Bien

Riesling Bruderbach Clos des Frères 2003 - Domaine Loew : fruité au nez avec une note d'hydrocarbure, assez riche en bouche sans grosse acidité, et encore moelleux, c'est un riesling tendre, à boire. Bien

Riesling Grand Cru Rosacker 2007 – Cave de Hunawihr : bel équilibre pour ce vin à maturité. Arômes de pierre chaude, de poivre blanc, légère touche florale, et une pointe d’hydrocarbure. La bouche est dense et profonde, acidulée. La légère amertume en finale suggère un léger déséquilibre qui ne destine pas le vin à une très grande garde. 2001, 2005, 2008 et 2010 sont les grands millésimes de la décennie sur ce terroir. A boire. Très Bien

Chambertin 2001 – Domaine Trapet : les amateurs de pinot noir seront forcément déçus par ce vin qui combine un des terroirs les plus puissants, dans un millésime connu pour son austérité : point de robe rubis, d’arômes de cerise rouge bien mûre ni de souplesse en bouche. Pour les aficionados du Chambertin, c’est en revanche un sommet : la robe rouge foncé prend des nuances café, tuilées sur les bords. Le nez est intense, ouvert et complexe, avec des arômes de suie, de fumée, de viande grillée, de mine de crayon et une pointe poivrée à l’aération. Un bouquet assez proche d’une grande mondeuse d’Arbin par certains aspects ! La bouche est souple en attaque, merci à une extraction mesurée, puis les tanins encore un peu fermes prennent le dessus, et accompagnent une bouche dense au fruit sur la réserve, qui fait la part belle aux notes fumées. La fin de bouche est longue, acidulée, avec des notes torréfiées. Une côte de boeuf bien mature et saisie sur une poêle très chaude en fait un compagnon de soirée idéal. A se demander si des millésimes très mûrs comme 2003 ou 2009 arrivent à produire une telle race sur ce terroir ? Un grand moment. Excellent

Sylvaner Mittelbergheim 2007 – Lucas Rieffel : la robe pâle est élégante, le nez typique du millésime avec des arômes de fruités à chair blanche légèrement compotés, une pointe de vanille, mais également un caractère légèrement oxydé inquiétant. L’aération apporte des arômes de lait d’amande, contribuant à l’impression légèrement oxydative. La bouche est ample, gourmande, de bonne densité avec du gras, on sent un bel élevage sur lie, mais la finale termine de nouveau sur cet équilibre oxydatif. Espérons qu’il s’agit là d’un problème de bouchage, car autrement la cuvée est très bonne et promise à une bonne garde.

Gevrey Chambertin 1er cru Craipillots 1990 – Faiveley : issu des vignes du domaine, c’est un vin très marqué par le millésime et le style du domaine : une robe dense, un nez ouvert et intense sur la suie, le champignon, avec des notes fumées. La bouche est franche en attaque, concentrée avec des tanins et une acidité présents qui donnent une jeunesse évidente au vin. Certainement rustique dans sa jeunesse, 23 ans plus tard l’équilibre est là, apporté par la patine du temps. Un vin corsé parfait pour accompagner la chair musculaire d’un morceau de hampe grillée. A noter, très beau bouchon de bonne longueur. Très Bien

Riesling Stein 2001 – Jean-Pierre Rietsch : un terroir calcaire peu connu par rapport à son Grand Cru Zotzenberg de voisin à Mittelbergheim, mais qui semble lui voler la vedette lorsqu’on plante du riesling. Ce 2001 est à maturité, complexe et encore jeune au nez avec des notes fumées, des arômes de fruits mûrs et une pointe d’agrumes confits qui signe la présence de botrytis. Le vin présente un caractère épuré en bouche, ample, profond avec une grande harmonie et une fine acidité. Le léger moelleux (environ 8g/l SR) est fondu. Pas de fatigue du vin, un équilibre tout en finesse pour ce grand vin. Excellent

Riesling Grand Cru Rosacker 2007 – Domaine Mader : un vin au fruité très acidulé qui exprime une maturité limite, corpulent en bouche avec une amertume présente en finale. Moins plaisant et moins abouti que la cuvée de la Cave de Hunawihr bue le mois dernier, c’est un vin à boire rapidement. Bien

Côtes du Rhône rouge 2005 – E. Guigal : la robe sombre montre peu d’évolution. Le nez est ouvert, simple mais parfumé avec des arômes de garigue, d’olive, de fruits rouges et une pointe fumée. La bouche est souple en attaque, puis corsée avec des tanins qui sont désormais fondus. Une belle bouteille de vin pour le samedi midi. Bien

Bonnes Mares Vieilles Vignes 1972 – Clair-Daü : un flacon vénérable dont l’état de l’étiquette laisse présager une bonne conservation du contenant. Le bouchon imbibé et cassant créée des inquiétudes, et le premier nez très terreux fait penser un instant à une bouteille foutue, juste bonne à mariner un bœuf bourguignon. L’aération va heureusement apporter de la confiance, avec des arômes plus nets de fraise écrasée, de fumée, et une pointe épicée assez exotique. La bouche est tendre, souple en attaque, avec des tanins présent mas fondus, et une acidité moins élevée que ce que le millésime laissait présager. Une belle bouteille bue à deux facilement le temps d’un diner, qui laisse présager de bien meilleurs moments avec la suivante qui semble avoir un niveau plus élevé. Très Bien

Pinot Gris Tradition 2007 - Domaine Pfister : fruité léger en intensité, elle pureté en bouche sur un équilibre sec non dénué de gras, une cuvée toujours aussi plaisante à boire. Très Bien

Bandol 1990 – Château de Pibarnon : bouchon impeccable, long et mouillé au tiers seulement. La robe est profonde et brillante, rouge-noir avec de légers reflets tuilés sur les bords. Un long carafage est encore nécessaire pour faire partir la réduction et laisser apparaître des arômes de petits fruits noirs, de cerise et des notes de fumée/suie. La bouche est tendre, souple en attaque, puis dense et raffinée avec une belle fraîcheur apportée par une combinaison de tanins et d’acidité. La fin de bouche est fine, de bonne longueur et très nette. Je continu de penser à Pauillac et à Château Latour en particulier à chaque fois que je bois ce millésime magnifique. Un flacon de légende pour toute la Provence. Excellent.

Côte Rôtie Brune et Bonde 1990 – E. Guigal : Comment se faire plaisir avec un ami autour d’un verre et d’un peu de fromage un dimanche soir ? Voilà une cuvée à point, à la robe dense qui montre des traces d’évolution, au nez très pur, délicat, avec de subtiles notes d’olive noire, de violette, de suie et d’épices douces. La bouche est tendre, concentrée et souple avec des tanins gras complètement fondus, glissant sur la langue sur un équilibre à la fois très mur sans rentrer dans le joufflu. Un vin qui délie les langues, et scelle les liens d’amitié. Excellent

Gewurztraminer Clos Windsbuhl 1998 – Zind-Humbrecht : la robe dorée indique une belle surmaturité. Le nez est ouvert, complexe, avec des arômes de miel, d’agrumes confits, mais aussi des fruits confits, de la noisette et des notes fumées. La bouche est concentrée, encore moelleuse mais dotée d’une belle acidité, de tanins présents, et de pas mal d’amertume en fin de bouche, renforcée par le niveau élevé d’alcool. Un vin puissant, parfait sur des nems frits ou une cuisine sucrée-salée. Excellent

Muscat Réserve 2010 – Domaine Weinbach : frais au nez avec des arômes intenses de raisin et de fleur d’oranger, sec et frais en bouche avec une belle acidité et un caractère guilleret, c’est un muscat léger et pur, très réussi pour le domaine. Deuxième exemple après le très bon 2009, qui montre les progrès du domaine sur ce cépage ces dernières années. Très Bien

Arbois Chardonnay Les Corvées sous Curon 2005 – Domaine de la Tournelle : Les grands vins du Jura sont souvent difficiles à appréhender, car en dehors du goût de jaune, on cherche à les faire ressembler à leurs voisins bourguignons. Pourtant, leur style souvent particulier ne fait que refléter leur terroir composé de marnes complexes parfois très argileuses. Issu de chardonnay récolté mûr et élevé 30 mois sur lies fines, avec ouillage des fûts, voilà un vin abouti qui reflète un des plus grands terroirs d’Arbois. Un vin comme je les aime, mur et abouti, légèrement surmûri au nez comme souvent en 2005 avec des arômes de fruits à chair blanche compotés, une pointe de cardamome et d’épices douces. Onctueux et sec en bouche avec du gras, le vin se montre puissant mais fin et élégant. Longue finale onctueuse. Ne cherchez pas le caractère oxydatif, ni un style bourguignon, on est ici à Arbois, et voilà un très grand vin qui part pour une grande garde complémentaire mais qui s’apprécie sans problème dès à présent. Excellent

Crémant d’Alsace Blanc de Noirs 2005 – Dopff au Moulin : un crémant vineux qui montre une légère évolution au nez, dense et corsé en bouche avec de la fraîcheur. A apprécier table plus qu’à l’apéritif, comme souvent avec un blanc de noirs. Bien

Sylvaner Finkenberg 2008 – Maurice Heckmann : robe pale, nez frais et intense, mais qui présente une légère évolution avec des traces de fruits blets et un léger début d’oxydation. La bouche est franche, sèche et acidulée, donnant un style léger et croquant. Avec quelques rondelles de saucisson et des cornichons, voilà le soutien moral du cuisinier… Espérons que l’évent soit dû à un bouchage moyen, et non à l’évolution globale de la cuvée. Bien

Saint-Emilion Grand Cru Cuvée Prestige 2000 – Château Raby-Jean Voisin : une belle bouteille élevée en partie en bois neuf, qui suggérait une garde de quelques années au début des années 2000. Nez très bordelais, toasté avec des notes de prune, de tabac et de réglisse. La bouche est souple, patinée, avec une acidité délicate. Comme souvent, après 10 ans de garde le boisé est encore légèrement présent, mais s’il a légèrement fondu, le fruit a lui disparu de manière plus significative, donnant un léger déséquilibre qui fait apparaître la légèreté du vin. L’ensemble reste cohérent mais aurait dû être bu il y a 5 ans. Bien

Marsannay Les Champs Salomon 2003 – Domaine Bart : une robe encore très jeune, dense et brillante aux reflets violets annonce un nez frais et fruité, sur des notes de mûre, de violette, avec une pointe épicée. La bouche est souple en attaque, de bonne densité et pure, avec ce caractère fruité très frais qui rappelle le nez. Belle maturité sans aucun caractère confit, et superbe élevage (après pré-macération à froid) qui donne un vin d’une grande jeunesse malgré ses 10 ans d’âge. Les Champs Salomon mériteraient certainement le classement en premier cru. Très Bien

Meursault 1er Cru Genévrières 1987 – François Jobard : après la déception de mes Charmes 1989 déjà oxydés, le millésime 1987 vient à la rescousse, et comme d’habitude il impressionne par sa fraîcheur, sa maturité, et son insolente jeunesse. Le nez est aromatique, expressif et complexe, avec des notes de noisette fraîche, de sous-bois, de fleurs séchées et de fruits à chair blanche. La bouche est ample, sèche et grasse avec une bonne concentration et une finale longiligne tirée par une acidité fine. Une belle bouteille qu’on savoure gorgée par gorgée. Très Bien

Côtes du Rhône 1996 - Château Mont-Redon : malgré le bouchon court, le vin se comporte comme un petit Châteauneuf du pape. La robe est tuilée, le nez légèrement réduit montre un florilège de fruits rouges et noirs compotés, agrémenté de notes fumées. La bouche est souple, légère et fine, avec des tanins mûrs qui sont fondus et se montrent discrets. Encore plaisant à boire. Bien

Côte Rôtie Les Jumelles 1985 – Paul Jaboulet : la petite sœur méconnue du domaine se déguste très bien dans une belle année 85 : robe tuilée profonde, élégant au nez avec de la suie, de l’olive noire, des notes fumées et lardées plus intenses à l’aération. La bouche est souple, pure et élégante en attaque, puis de bonne concentration avec un toucher de bouche très tendre. Les tanins sont fondus, et l’acidité encore présente contribue à la structure de ce vin fin. Très Bien

Pinot Blanc « B » 2007 – Albert Boxler : le nez floral très frais est marqué par une note variétale, mais aussi des arômes floraux qui trahissent son origine du Brand. La bouche est droite, dense et grasse avec une acidité fine qui donne une charpente verticale magnifique. Dans un grand millésime 2007 pour le Grand Cru Brand, ce 100% pinot blanc (sans auxerrois) se présente de manière très aboutie, encore très jeune. Grand Vin. Très Bien

Pinot Gris Château de Schengen 2002 – Thill Frères : un vin luxembourgeois remarquable en tout point : robe claire légèrement dorée, nez fruité, miellé sas notes d’évolution, bouche bien structurée, dense avec un léger moelleux. Facile à boire, peu évolué, seule une touche de sous-bois en finale rappelle que 2002 a connu un peu de pourriture (même noble). Les terroirs calcaires de Schengen sur les rives de la Moselle peuvent donner de beaux vins. Celui-ci pourra encore se conserver 10 ans sans problème, à l’image des grands vins produits en 1989. Très Bien

Graves Blanc 1962 - Domaine de Chevalier : si l’imaginaire collectif a une certaine idée de ce que peut être un vieux riesling alsacien, lorsqu’il s’agit des vins blancs de Graves c’est un peu plus compliqué. Produit par une petite récolte sur une surface réduite, ce 1962 a tout ce qu’il faut pour démontrer que les blancs secs bordelais peuvent bien vieillir. La robe dorée se montre encore claire, les arômes sont de pureté moyenne, les arômes de cire et d’herbe sèche sont complétés par une touche de champignon sec et aussi une déviation que j’associe au bouchon. La bouche est droite, de bonne pureté gustative, dense avec le gras qu’apporte la patine du temps. La finale se montre légèrement oxydée, confirmant le caractère abimée de cette bouteille sauvée par une belle bouche. Bien

Sylvaner Vieilles Vignes 2011 – Domaine Ostertag : Le « pain quotidien » fait vin selon André Ostertag, et en 2011 une version aérienne et tendre de ce sylvaner archi-connu, issu du terroir en partie gréseux du ban d’Epfig. Arômes frais marqués par le mousseron et l’herbe coupée, bouche franche et fraîche, sèche et légèrement saline, avec une belle pureté, un vin délicieux au succès plus que mérité, qui se boit très très facilement. Très Bien

Grand Cru Schoenenbourg 2007 – Marcel Deiss : Les grands vins de terroir sont souvent difficile d’accès sans un minimum d’explications et d’accompagnement, même s’ils se dégustent souvent très bien. Produit par deux vignes, l’une à majorité de riesling, l’autre complantée il y a très longtemps de tous les cépages alsaciens (par un pauvre vigneron qui a vidé les fonds de tiroir chez son pépiniériste plus que par conviction personnelle à mon avis), ce vin a longtemps été vendu par la maison Deiss sous l’appellation Riesling Grand Cru Schoenenbourg (VT ou SGN), avant que la disparition du cépage sur l’étiquette ne remette le terroir en avant. Les marnes à gypse du Schoenenbourg historique produisent des vins de grande salinité, et lorsque la maturation est parfaite comme dans le très grand millésime 2007, le vin se présent abouti, long et complexe. Des arômes de fleurs, de fruits très mûrs, de plâtre et une note de citron confit laissent place à une bouche longue, saline, au moelleux présent mais complètement noyé dans la minéralité. N’y cherchez pas un riesling sec pour accompagner une sardine grillée, c’est bien de Grand Cru Schoenenbourg 2007 qu’on parle, avec un profil gustatif finalement proche de celui du Gewurztraminer du même terroir produit en 2007 par Vincent Sipp au Domaine Agapé, ou de celui du Riesling Jubilée 2007 de la maison Hugel. Sur la version Deiss on est cependant sur une cuvée très aboutie, surmurie comme quasiment tous les grands Schoenenbourg qui ont fait la réputation du cru (riesling SGN 76 de Hugel par exemple). Un vin extrême qui demande un plat riche en goût. Jean-Philippe Guggenbuhl nous a proposé un œuf poché à la truffe noire servi sur une mousseline au jus corsé, pour un accord magistral. Que tous ceux qui ont eu la chance de déguster ce Schoenenbourg tentent un accord d’une telle audace, ils comprendront peut-être mieux la personnalité du cru. Excellent

Riesling Cuvée Frédéric Emile 1983 – Trimbach : parmi les vins qui ont marqués l’incroyable weekend gastronomique de mars 2013, il y en a un qui a mis tout le monde d’accord lors du déjeuner à la Taverne Alsacienne. Alors que le chef Jean-Philippe Guggenbuhl nous avait préparé son fameux filet de sole gratiné aux nouilles fraîches (façon Fernand Point), j’ai immédiatement pensé que la cuvée Frédéric Emile de Trimbach était de nature à compléter le classicisme de la recette avec un autre grand classique. Produit par une parcelle de vigne jouxtant le domaine et située à cheval sur les délimitations actuelles des Grands Crus Osterberg et Geisberg, mais aussi complétée par une parcelle de Geisberg appartenant au couvent de Ribeauvillé, la cuvée est produite à plus de 50 000 bouteilles, un volume important en Alsace pour un cru de ce niveau de qualité. Une sorte de Dom Perignon alsacien qu’on souhaiterait voir plus souvent… La taille de cette cuvée la rend disponible en France et partout dans le monde, mais permet également de conserver des millésimes anciens en cave. Pour avoir pu déguster quasiment tous les millésimes produits depuis 1976, l’évocation du plat ne m’a pas fait hésiter un instant sur le millésime à choisir: ce sera 1983. 2005, 2001, 1999 ou 1990 sont encore un peu jeunes, 1993, 1988, 1985 un peu austères. Restait 1989, mais je n’en ai pas bu depuis longtemps et n’en ai plus en cave... 1983 possède la maturité, le gras, et cette fine patine qu’apporte l’évolution sur une vendange saine mais mûre. Une grande VT et une fabuleuse SGN ont été produites en 1983, mais j’ai toujours eu une préférence pour la cuvée standard. La robe se montre dorée mais conserve ses reflets verts, avec un disque épais et des grosses larmes qui dessinent un jambage épais dans le verre. Le bouquet de ce vin trentenaire est parfait, mêlant miel, tilleul, fleurs séchées, beurre, fumée, épices, douces et cire avec une netteté et une symbiose. Même si le goût du vin et le terroir s’apprécient en bouche, on sent malgré tout qu’on n’est pas en Allemagne, pas en Autriche, mais pas plus à Bergbieten, Turckheim, Wettolsheim ou Thann : le nez à lui seul annonce « Ribeauvillé ». La bouche possède un caractère en ligne avec le nez, possédant du gras, de la finesse, une bonne densité, une acidité modérée mais suffisante car c’est le caractère de l’Osterberg qui apporte l’ossature au vin et lui permet de conserver un caractère aérien. La finale possède une bonne longueur et reprend la complexité aromatique du bouquet. Un vin typé, abouti, à maturité, qui possède la puissance juste pour créer un accord parfait avec un plat de légende.
Sur le filet de Sole aux Nouilles de Jean-Philippe Guggenbuhl (puisque c’est bien lui qui mérite désormais l’hommage), je crois qu’on atteint des sommets inégalés en matière d’accord met et vin. Si ce n’est pas encore fait, la famille Trimbach devrait faire un pèlerinage à Ingersheim rien que pour apprécier ce plat (sur commande seulement) et l’accord avec ce 83. Excellent

Gewurztraminer Grand Cru Mambourg Vendanges Tardives « S » 2003 – Marc Tempé : Pour clôturer notre repas de mars à la Taverne Alsacienne, rien de tel qu’un vin de caractère, profond et minéral, étonne par sa fraîcheur. La robe est éclatante, légèrement dorée sans excès de nuances topaze, signe d’un botrytis de grande pureté. Le nez est ouvert, parfumé, marqué par le miel, le citron, les fruits confits, mais aussi les épices (girofle en tête) et une pointe fumée. La bouche est franche en attaque, soutenue par une pointe de gaz carbonique, puis ample et profonde, moelleuse mais avec une énergie incroyable. L’ensemble est riche et puissant mais conserve une acidité élevée et une minéralité intense qui se traduit par une longue finale, et une énorme sapidité. On le boit sans peine. Le Grand Cru Mambourg est un des plus anciens reconnu en Alsace, puisqu’on parle de lui avant l’An 1000. Son sol marno-calcaire profond et riche en fer en font un terroir apte à produire des vins puissants, pour peu qu’on arrive à extraire son caractère. Marc Tempé a dans son patrimoine viticole plusieurs vieilles parcelles de Riesling et Gewurztraminer, dont une vieille vigne plantée avant la 2e guerre mondiale sur le lieu-dit « Steinigerweg », produisant une cuvée « S » lorsque les raisins sont vinifiés et élevé à part. Sachant que la colline du Mambourg a été le siège d’affrontements violents lors de la bataille de la poche de Colmar en 1944, on comprend que les vignes survivantes – en contrebas du cimetière militaire désormais situé sur le haut du coteau - sont très robustes. Marc Tempé est à la recherche des maturités physiologiques optimales, et partisan des élevages longs sur lies. En 2003 la récolte fut contre toute attente tardive, et l’élevage a duré plus que 3 ans avant la mise en bouteille. Le domaine a produit de nombreuses cuvées très abouties en 2003, qui présentent 10 ans plus tard des acidités impressionnantes et des équilibres parfaits là où la plupart des cuvées récoltées trop tôt « pour préserver la fraîcheur » sont fatiguées. Les vins du Mambourg se présentent majestueux, aboutis, taillés pour la longue garde, et fabuleux à déguster par leur équilibre entre puissance et finesse. Le Mambourg est un grand Seigneur parmi les terroirs d’Alsace, et comme de plus en plus de vignerons arrivent à en extraire le caractère dans des vins puissants et équilibrés, il revient sur le devant de la scène. Excellent

Riesling Cuvée Sainte Catherine 2010 – Domaine Weinbach : beaucoup a déjà été écrit sur cette cuvée originaire de la partie basse du Schlossberg, en grande partie sur le Grand Cru mais aussi sur les terres plus sablonneuses en contrebas. 2010 apporte une finesse et une salinité remarquable sur cette cuvée, avec une combinaison de maturité et d’équilibre sec qui rend ce vin magnifique pour ouvrir les papilles à l’aube d’un grand repas. A boire encore maintenant sur son fruit et ses arômes délicats de fleur d’oranger et de pamplemousse rosé, ou plus tard avec un bouquet plus complexe mais avec peut-être moins de cette fougue qui lui va à ravir. Excellent.

Sauternes 1971 – Château Filhot : Un sacré challenger des SGN 1971 alsaciennes… En comparaison du Gewurztraminer SGN 1971 de Beyer, la robe se montre plus ambrée, le nez rôti évoque les fruits secs, l’écorce d’orange, la fumée avec un boisé encore présent. La bouche est ample, riche avec une liqueur encore très présente mais complexe, et évolue sur une amertume qui rappelle l’écorce de mandarine. Plus corsé mais moins frais que le gewurztraminer alsacien, c’est une belle bouteille qui permet de comparer deux quadragénaires liquoreux, alsaciens et bordelais. Très Bien

Gewurztraminer Sélection de Grains Nobles 1971 – Léon Beyer : un grand vin d’Alsace dans une année immense.
La mention vendange tardive de l’étiquette a dû être repiquée pour y ajouter cette mention de sélection de grains nobles, pour des raisons d’impression à mon avis. Cette cuvée originaire de grands terroirs autour d’Eguisheim montre ce qu’un beau botrytis peut produire comme vin de grande garde. La robe est jaune or mais sans tomber dans les nuances cuivrées. Elle conserve un bel éclat, et une brillance telle qu’on pourrait croire à des reflets fluorescents. Le nez est une magnifique combinaison complexe de miel et de citronnelle, de fruits jaunes, de verveine et de notes fumées, marquant une évolution sans perdre de sa fraicheur initiale. La bouche se montre ample et moelleuse avec une liqueur fondue à ce stade, évoluant sur des notes beurrées avec une belle pureté. La finale est longue et laisse une empreinte parfumée très agréable en bouche. Toujours au niveau de sa légende, voilà assurément un grand vin d’Alsace du 20e siècle que tout amateur de grands vins devrait avoir dégusté. Excellent

Echezeaux 2002 – Domaine de la Romanée Conti : une bouteille dont l’étiquette fait rêver, mais qui malgré tout n’est que le premier vin dans la gamme des Grands Crus produits par le domaine, si on excepte la cuvée de Vosne 1er Cru. La robe se montre dense opaque, mais brillante avec de jolis reflets rubis. Le nez est très fruité ouvert et intense avec des notes de griotte, de mure, de violette et de cassis frais qui donnent une impression de vin beaucoup plus jeune que 2002. La bouche est ample, sphérique et très pure, avec de la souplesse et de l’élégance. Un toucher de bouche velouté porté par des tanins fins et gras, et une minéralité discrète qui allonge la finale. Dégusté à l’aveugle, ce vin étonne par sa fraîcheur aromatique et la pureté de sa bouche. Déjà très agréable à boire en 2013. Excellent, voire plus.

La Tâche 2002 – Domaine de la Romanée Conti : servi côte à côte à côté de l’Echezeaux 2002 du domaine, la comparaison est passionnante, et révèle la puissance sauvage de ce cru culte. La robe se montre très sombre, opaque, avec des reflets violacés sur les bords du verre. Le nez est puissant, de bonne intensité, sur un registre épicé et fumé, puis finement torréfié avec un boisé élégant mais encore présent. La bouche est massive, ample et corsée en attaque, puis portée par des tanins un poil rugueux à ce stade, qui lui apportent de la mâche mais donnent également un air rustique au vin. La finale est longue, austère, avec des arômes de réglisse sauvage et d’épices grillées. Si la Romanée Conti joue en finesse et en dentelle, La Tâche joue sur un registre plus musclé. Le vin présente un fort caractère qui ne plaira surement pas aux amateurs de pinot noir, et pour ceux qui auront un jour la chance de la déguster à l’aveugle, il rappellera surement les vins du Languedoc par leur caractère épicé. A garder. Excellent

Pommard 1er Cru Les Rugiens 1962 – Michel Gaunoux : une bouteille à l’étiquette bien conservée, mais gâchée par une touche liégeuse/oxydée due à un bouchage perfectible. C’est dommage car derrière une robe profonde à peine tuilée on devine des arômes de fruits mûrs, de fumée et de cacao, que vient recouvrir des notes de champignon sec. La bouche est tendre, presque moelleuse, avec des tanins fondus et une belle souplesse, mais termine plus raide avec cette note liégeuse. L’ensemble montre une très forte maturité, dommage que la bouteille ne soit pas en meilleure forme. Bien

Volnay Caillerets 1949 – Poulet : Une appellation prestigieuse que les connaisseurs reconnaissent souvent au même niveau que les plus grands crus de la côte de Nuits. Un vin bien conservé coté contenant, même si l’étiquette a fait les frais de la cave humide qui a su si bien préserver le bouchon. La robe est profonde, rubis et tuilée sur les bords, avec de l’éclat. Le nez est parfumé, initialement terreux il s’ouvre à l’aération sur des notes de framboise écrasée, de cerise noire, de pêche avec un pointe de fumée. La bouche est tendre, concentrée, veloutée par la finesse de ses tanins, avec une présence en bouche incroyable. La finale est très longue et portée par les arômes fruités, un style exceptionnel pour ce vin qui fête ses 64 ans. Que la Bourgogne est grande quand ses plus grands terroirs offrent des bouteilles de longue garde dans les grandes années. Un flacon qui rejoint sans peine mon top-10 des plus grands Bourgognes rouges dégustés à ce jour, et il y a peu de Cotes de Beaune dans cette liste.... Est-ce que les Volnay Caillerets 1999 arriveront à ce niveau ? Excellent, voire beaucoup plus.

Porto Tawny 1955 – Souza : une belle patine pour ce porto magnifique à l’étiquette surprenante car c’est un tawny millésimé. Une sorte de Colheita en fait. Le nez évoque la cerise noire, la liqueur de cassis avec une pointe chocolatée qu’on retrouve dans la bouche onctueuse et patinée. L’amertume tranche avec l’alcool pour proposer un bel équilibre, apte à accompagner fromages et desserts sans lourdeur. Très Bien. (stephanew)

Grand Cru Altenberg de Bergheim 2005 - Marcel Deiss : Au firmament des grands vins d’Alsace.
Dans mon panthéon personnel des millésimes récents, il y a pas mal de vins des millésimes 2007, 2005 et 2001. Si la première décennie du siècle a produit plusieurs très grandes années, 2005 est en général magnifique pour des vins de récolte tardive, offrant une maturité physiologique exceptionnelle couplée à un botrytis de très grande qualité. J’ai parlé du Gewurztraminer Clos Windsbuhl VT 2005 de Zind Humbrecht, un autre grand vin qui rayonne dans ce millésime est ce Grand Cru Altenberg de Bergheim, dont la surmaturité n’a d’égal que la forte expression du terroir qu’il exprime. Robe or soutenu, sans excès de nuances ambrées. Nez complexe, envoutant, offrant toute la palette des agrumes confits, du miel et des épices. La bouche est moelleuse, mais acidulée, fraiche et tendue par une fine salinité qui soulève littéralement l’équilibre massif du vin. Très longue finale, portée par les zestes et l’acidité. A boire sur un dessert pour le moment, sur un homard dans quelques années. Excellent

Pinot Blanc Croix du Sud 2007 – François Schmitt : une cuve 100% cépage pinot blanc, chose devenue assez rare en Alsace puisque l’Auxerrois remplace souvent le pinot blanc ans les vins secs, et le pinot blanc étant très demandé pour l’élaboration du crémant d’Alsace. Frédéric Schmitt produit cette cuvée à partir d’une vigne plantée dans le Coteau calcaire du Bollenberg, et élevé son vin en barrique. Dégusté il y a deux ans, le caractère lacté de la fermentation malolactique ainsi que le coté toasté du bois étaient encore très présents. A 6 ans d’âge, tout est rentré dans l’ordre et e vin présente un équilibre magnifique. Fleurs blanches et fruits à noyau forment un nez très frais, passée une légère pointe de levure encore présente qui disparait à l’aération. La bouche est ample et très pure, avec une profondeur digne des grands vins du Bollenberg, soulignée par le gras apporté par l’élevage. L’acidité de ce terroir calcaire est toujours présente, et accentue le caractère frais de la finale. Un vin à maturité, et ne vous laissez pas bluffer par le cépage, c’est une grande cuvée vende à prix très raisonnable. Très Bien.

Zind 2007 – Zind-Humbrecht : #DrinkAlsace cuvée produite depuis 2004 uniquement sur le Clos Windsbuhl avec du chardonnay et de l’auxerrois, élevée en grand foudre, voilà un vin qui ne paye pas de mine, avec son prix parmi les plus bas de la gamme sur le tarif, et son appellation en Vin de Table. Pourtant, C’est un vrai Windsbuhl, dans un millésime abouti et de longue garde. Le nez est parfumé, sur les fruits à chair blanche et la noisette mais encore marqué par les lies de l’élevage. La bouche est franche en attaque, portée par une légère trace de CO2, puis le vin se montre sec, dense et minéral, avec une finale de bonne longueur. Facile à boire dès à présent, mieux vaut le garder encore deux-trois ans ou le carafer avant service. Très Bien.

Meursault les Tillets 1985 – Guy Roulot : une belle étiquette pour un vin de grande finesse et pureté. La robe est dorée et très brillante, le nez est parfumé, délicat, avec de la noisette, une note de fleurs séchées et une pointe de vanille. La bouche est aérienne, franche en attaque, puis pure et de bonne densité, avec du gras qui vient un peu trancher dans cette tension. L’ensemble se montre encore très jeune, et d’une grande délicatesse avec une belle définition, loin des caricatures de meursault beurre-noisette. Parfait à table sur des mets pas trop puissants. Une belle bouteille. Très Bien

Riesling Clos Sainte Hune 1981 – Trimbach : millésime plus dense et roche calcaire oblige, on est là sur un vin de très grande garde, pour ceux qui ont la chance de tomber sur une bouteille en parfait état. Arômes de fleur d'acacia très typique de la cuvée, du beurre et de la fumée plus que la moindre trace de pétrole, voilà une cuvée ample à réserver à des plats consistants : un risotto au parmesan avec des saint jacques poêlées, accompagnée d'un beurre blanc au lard et vieux riesling (une bt de Riesling GC 95 a réduit dans la sauce...). Légendaire, et moins évolué que le 83 de la même cuvée. Excellent

Chambertin Clos de Bèze 1985 – Faiveley : Fleuron de la gamme du domaine en rouge avec le Musigny, et probablement un des plus vieux crus délimités de la Bourgogne, j’avais de grosses attentes sur ce riche 1985, ayant déjà eu l’occasion de déguster le très jeune 1990. La robe est encore dense, profonde avec des bords tuilés. Le nez est parfumé, fumé comme souvent chez Faiveley, épicé avec une pointe de fraise écrasée qui vient apporter une touche de fruit. A bouche est ample, puissante, mûre avec des tanins riches, gras et fondus. Longue finale sur le fumé. Moins austère que les autres millésimes de la décennie, ce 85 est un grand Clos de Bèze qui exprime toute sa force à bientôt 30 ans. Excellent

Ay Rouge La Côte aux Enfants 1985 – Bollinger : une bouteille rare dans un bon millésime, qui montre toutefois ses limites. Si la Champagne a produit nombre de rouges dans les siècles passés, il ne reste aujourd’hui qu’une poignée de cuvées rouge de Bouzy et d’Ay, dont la fameuse Côte aux enfants de Bollinger. Une cuvée qui tire son nom d’un vignoble tellement pentu et densément planté (40 000 pieds/ha à l’époque) que seuls les enfants s’y aventuraient…
Une cuvée issue de pinot noir a produit un vin clairet en 1985, marqué par une robe légère, légèrement rubis mais tuilée et à vrai dire fatiguée. Le nez est évolué, marqué par des arômes de champignon sec qui laissent la place un instant à des notes fugaces de cerise. Fermé par un bouchon à muselet déjà chevillé, cette cuvée montre une forte évolution confirmée par une bouche élégante mais mince et évoluée, avec des notes terreuses en finale. L’ensemble est frais mais se montre trop vieux à ce stade pour apporter un réel plaisir. A boire pour la culture. Bof

Gewurztraminer Clos Windsbuhl Vendanges Tardives 2005 – Zind-Humbrecht : Si les grands vins sont le résultat d’une vendange parfaite dans un grand millésime sur un grand terroir, ce Windsbuhl 2005 mérite sans aucun doute sa note parfaite accordée dans le guide B&D il y a plusieurs années, et confirmée plusieurs fois depuis. Les gewurztraminers sont situés en grande partie sur la partie basse du Clos, orientée Est/Sud Est, là où le sol se fait plus argileux par-dessus la dalle de calcaire Muschelkalk. La robe est claire et le nez parfumé, complexe, traduisant un botrytis d’une grande pureté : écorce d’orange, citron confit, miel, noisette, épices douces, depuis sa plus grande jeunesse le vin a toujours offert un bouquet délicat et sensuel. La bouche est bien entendu moelleuse, mais surtout profonde et très bien structurée, avec une acidité intense qui souligne un fruité charnu en milieu de bouche. La finale est longue, portée par des notes de pêche et d’abricot, et le vin laisse une impression de salinité importante. Très grand vin de terroir parfaitement abouti, taillé pour une très longue garde à l’instar du millésime 2001 qu’il supplantera certainement. Un vin de dessert à ce stade, voire un vin à boire en fin de repas pour lui seul, car la sensation minérale qu’il laisse en bouche fera paraître nombre de blancs ou de rouges bien minces en comparaison. Excellent

Blagny 1er Cru La Pièce sous le Bois 2005 – Thierry&Pascale Matrot : Jospeh Matrot a passé la main, et le nom de domaine a changé. La robe moyennement dense, aux reflets rouge violacés possède une belle brillance. Le premier nez est parfumé, sur la mûre, la cerise avec une note fumée, très agréable. La bouche est tendre, de bonne densité avec des tanins légers mais frais. Une bouteille très élégante, que j’ai pu apprécier sur de nombreux millésimes. Très Bien

Crémant du Jura – Philippe Vandelle : plusieurs années de cave pour ce non millésimé en pleine forme, qui possède la finesse de bulle d’un long élevage, et le gras et la profondeur des vins de la région de l’Etoile. Pur, frais et complexe aromatiquement, c’est un très beau réant qui a bien supporté le stockage en cave. Très Bien

Riesling Cuvée des Ecaillers 2007 – Léon Beyer : un bon riesling de brasserie dans un millésime particulièrement réussi dans le secteur d’Eguisheim. La robe est pâle, le nez se montre ouvert, fumé avec une note d’évolution, la bouche est sèche mais possède le gras du raisin bien mûr qu’on retrouve en 2007. Magnifique pour accompagner escargots et choucroute dans une brasserie parisienne, mais je reste quand même surpris par le caractère évolué de la bouteille dégustée. Bien

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2011 – E. Boeckel : Le difficile millésime 2011 recèle de pépites comme ce Zotzenberg au nez délicat de fleurs blanches et de fruits à noyau, avec une pointe herbacée. La bouche est charnue, saline et de bonne concentration, la longue maturation du sylvaner permettant au raisin d’être à parfaite maturité physiologique sans que le botrytis ne vienne concentrer le jus dans les baies et empêche de produire des vins secs au degré d’alcool raisonnable. Très bon jeune, il faudra l’attendre 3-4 ans pour voir son potentiel de vieillissement, mais il devrait être apte à la grande garde. Une très bonne réussite. 16/20

Sylvaner Finkenberg 2008 – Maurice Heckmann : fruité au nez avec un mélange d’agrume, de carambole et de fruits à noyaux, sec et léger en bouche avec du fond. C’est un sylvaner de soif mais de bonne tenue, grâce aux vieilles vignes sur le coteau du Finkenberg. Bonne évolution, et toujours aussi facile à boire. La mauvaise expérience du mois dernier est passée, c’était bien un problème de bouchage qui expliquait l’évolution rapide du vin. Bien

Saint-Joseph 1999 – Alain Graillot : initialement réduit, puis fumé avec des arômes de suie et de lard, sur un fruité plus discret. Léger en bouche avec des tanins mûrs, petit manque de densité et de gras pour en faire un grand vin. Un vin élégant plaisant à boire. Bien

Gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg 2009 – Wolfberger : Si les 1500ha en production par les coopérateurs de la plus grande cave alsacienne permettent la production d’une grande quantité de cuvées différentes, y compris sur une vingtaine des 51 grands crus alsaciens, la qualité est parfois hétérogène, fortement dépendante de la quantité et la qualité des vignerons présents sur chaque terroir. Parmi les valeurs sûres, le grand cru Pfersigberg est certainement le cru le plus régulier, de par sa situation à Eguisheim, juste à côté du siège historique de ce qui était la cave coopérative d’Eguisheim. Le grand nombre d’apporteurs sur ce cru permet de sélectionner de quoi produire un gewurztraminer Grand Cru Pfersigberg de bonne tenue, comme le montrent les cuvées Sigillées voire multi-médaillées des années 60 et 70 sises dans l’oenothèque de la Confrérie St-Etienne par exemple. Ce cru 2009 ne déroge pas à la règle, avec un nez parfumé évoquant le litchi, la pêche et le girofle, dans un style intense, pur et très élégant. La bouche est ronde en attaque, charnue et de grande pureté, avec suffisamment d’acidité pour donner une belle charpente et souligner la profondeur du terroir. L’équilibre est moelleux sans excès, et supporte déjà d’accompagner un munster chaud ou le poulet à l’ananas de la cuisine chinoise. 5-6 ans de garde lui donneront un équilibre demi-sec qui le rendra apte à accompagner avec élégance les nems et autres dim-sum. A découvrir si vos souvenirs concernant Wolfberger se résument à quelques préjugés d’autant plus faciles à retenir que la bienséance des amateurs encourage à les renforcer. Très Bien

Blaufränkisch trocken 2004 - Feiler-Artinger (Autriche) : un rouge simple mais bien fait, payé 6,5€ départ cave il y a quelques années, qui traduit le style des rouges autrichiens, décomplexés et d’une facilité à boire déconcertante. Nez fruité sur les fruits rouges, avec une trace lactée très discrète désormais. Bouche souple, fruitée, charnue et légère, avec des tanins très discrets, à la manière d’un beaujolais gouleyant. Un vin qu’il aurait fallu boire il y a 2-3 ans, mais qui tient bien la distance. Bien

Riesling le Bouquet de Clémence 2003 – François Bléger : Le vin est marqué par le millésime, avec des notes de mélisse et de raisin sec qu’on trouve fréquemment dans les rieslings ayant souffert de sécheresse, mais le bouquet reste équilibré, sans trop d’évolution. On retrouve les arômes d’infusion et de fumée en bouche sur un équilibre peu acide mais sec et de bonne densité. Une bouteille qui a bien tenu la distance, mieux en tout cas que le médaillé 2002 bu d‘année dernière qui était en bout de course, et ce malgré un léger liège sur cette bouteille, qui était couleuse de surcroit. A noter, belle étiquette, élégante et sobre. Bien

Côtes du Rhône 2004 – E. Guigal : loin de la puissance des 2003 et 2005, j’aime beaucoup la souplesse de ce 2004, qui a conservé une robe dense aux reflets violacés. La bouche est fruitée, encore jeune, dans un style simple et gourmand. Bien

Muscat 2010 – Meyer-Fonné : Certains muscats sont mûrs, riches et fruités, avec du gras en bouche. D’autres, cherchant un caractère plus herbacé et acidulé, proposent des styles plus secs et acidulés. Cette cuvée 2010 réalise la synthèse entre les deux styles, combinant un nez frais de raisin croquant avec une bouche sèche, acidulée, dense et grasse à la fois, apte à plaire aux amateurs des deux extrêmes. Un grand muscat apéritif dans un très bon millésime. Bien (échantillon)

Pommard 1964 – Leroy : Comme souvent avec cette série de millésimes anciens, le vin est fruité et soyeux, souple en bouche mais sans grande profondeur. On n’est pas sur un grand terroir type Rugiens ou un Epenots. Très bon malgré tout, le vin est très élégant, et a parfaitement bien vieilli. Très Bien

Sauternes 1970 – Château Rieussec : Pâte de coing et fruits confits se retrouvent au nez avec une note boisée bien patinée par le temps. La bouche est équilibrée, la liqueur d’intensité moyenne est fondue, et l’amertume apporte un caractère plus sec, sur un fond d’arômes de crème brûlée et d’écorce d’agrumes. Pas un grand botrytis, mais même dans les petites années, Sauternes sait produire des vins de garde, parfait pour des millésimes anniversaires - et de ce côté, 1970 est une grande année ;-). Parker a mis 82/100, je suis d’accord avec cette note pas terrible en absolu, mais je m’en accommode très bien car la conservation et l’évolution sont parfaites. Très Bien

 

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