Les Vins du Mois d'Août 2010

Compte rendu des vins dégustés en Août 2010 à différentes occasions, dont un très minéral Riesling Grand Cru Osterberg 2005 du Domaine Agapé

Muscat Cuvée Jean-Baptiste 2006 – Jean-Baptiste Adam : une cuvée de grande pureté, qui a conservé de la fraîcheur aromatique, sur un trame sèche et acidulée en bouche très apéritive. Avec l’âge le vin prend une légère amertume en fin de bouche. Bien

Pinot Gris Tradition 2007 – Domaine Pfister : un pinot gris sec (7 g/l de SR) qui possède la maturité suffisante pour offrir une belle pureté, bien équilibré en bouche avec du gras et de la fraîcheur. Le vin évolue bien  au vieillissement. Derrière quelques tentatives parfois maladroites - car astringentes - de produire des pinots gis secs, cette cuvée démontre tout l’intérêt de ce cépage lorsque le millésime permet de le récolter sain. Très Bien

Saint-Estèphe Cru Bourgeois 1995 – Château Coutelin Merville : un bordeaux mûr, au nez complexe de fruits noirs, d’épices et de fumée, assez dense en bouche avec des tanins soyeux bien fondus. Un vin à maturité qui se conservera encore, mais à quoi bon attendre ? Très Bien

Sylvaner Trois Châteaux 2008 – Kuentz-Bas : frais et profond avec de la surmaturité et un léger moelleux vite disparu grâce à l’acidité importante de ce vin. Bien

Muscat Réserve 2009 – Trimbach : une cuvée qui a conserve de la fraîcheur, tonique en bouche avec du croquant. Très apéritif. Très Bien

Riesling Burg 2005 – Gustave Lorentz : une cuvée qui fait le dos rond, fumée et pétrolée au nez, sèche avec de l’amertume en bouche. A garder quelques années pour que l’ensemble se fonde. Bien

Condrieu la Petite Côte 2008 - Yves Cuilleron : une demi-bouteille bue avec beaucoup de plaisir au restaurant gastronomique du Grand Hotel de Gérardmer, sur des nems de langoustines au wasabi et de l'araignée de mer en salade. La palette aromatique intense est dominée par les fleurs et les fruits à chair blanches, sans lourdeur, et la bouche possède le gras et la concentration nécessaire pour se marier avec les plats. Le vin a éclipsé par sa personnalité le Puligny Clavoillon 2005 de Leflaive qui a suivi. Très Bien

Puligny Montrachet 1er Cru Clavoillon 2005 – Domaine Leflaive : gras et beurré, profond en bouche avec une bonne pureté, c’est un bon vin qui gagnerait à montrer plus de salinité compte tenu du prestige de son étiquette. Très Bien

Pinot Noir Rosé 2009 – Claude Weinzorn : un rosé plein et gourmand, au nez de pivoine et de cerise mûre, souple en bouche avec un fruité éclatant. La légère douceur s’accommode très bien d’un service frais. Un vin d’été savoureux. Très Bien

Coteaux d’Aix en Provence « la Chapelle » 2009 Château Pigoudet : un rosé ample et fruité qui possède du gras, légèrement marqué par des notes amyliques qui atténuent le fruité en bouche. Bien frais, on ne boude pas son plaisir, surtout sur une salade de tomates au basilic et sa vinaigrette alsacienne au « Melfor ». Bien

Muscat Grand Cru Brand 2004 – Armand Hurst : frais et muscaté avec une note de surmaturité au nez, le vin se montre salin en bouche avec de la fraîcheur. L’aération lui apporte une évolution surprenante pour un vin si jeune, surtout quand on connaît les 1976 et 1985 à la stabilité exceptionnelle.

Riesling Grand Cru Brand 2005 – Cave de Turckheim : un vin élégant et fin, marqué par un équilibre harmonieux entre le fruit, le gras et une acidité fine. Un vin bien né qui arrive à son plateau de maturité. Très Bien

Riesling Grand Cru Osterberg 2005 – Domaine Agapé : un vin puissant, pur et très minéral tant au nez qu’en bouche. Parfaitement mûr, vinifié sec et élevé sur lies, c’est un vin qui débute une longue apogée. Excellent

Sylvaner Vieilles Vignes 2007 – Cave de Beblenheim : issu d’un grand terroir proche du Sonnenglanz, c’est un vin remarquable particulièrement réussi en 2007 à cause d’une maturation parfaite. Le nez de fleurs blanches prend des notes d’amande, la bouche reste ample, profonde, avec une finale de bonne longueur. Un vin de gastronomie qui se gardera encore longtemps. Très Bien

Gewurztraminer Grand Cru Furstentum Vendanges Tardives 2005 – Domaine Weinbach : Une cuvée riche au nez d’abricot mûr, profonde et d’une grande pureté en bouche avec un moelleux parfaitement intégré. Le vin commence à se mettre en place, offrant la finesse du Furstentum sur un équilibre surmuri qui prend de la patine avec le temps. Taillé pour un longue garde,  c’est un vin qu’on peut toutefois commencer à boire. Un vin charmeur qui s’est associé à merveille à un assortiment de spécialités vietnamiennes frites dont des nems aux crevettes. Excellent

Champagne Bollinger Special Cuvée BSA : la finesse de la bulle, la vinosité de la bouche marquée par le pinot noir, c’est une grande cuvée de Bollinger qui se boit facilement. Très Bien

Gewurztraminer Cuvée Laurence 2008 – Domaine Weinbach : L’équilibre est franc et frais en 2008, avec une acidité relevée qui souligne la puissance et le gras du vin, tout en équilibrant le moelleux qui se fait du coup discret. Un vin déjà délicieux à boire jeune. Très Bien

Gewurztraminer Cuvée Théo 2007 – Domaine Weinbach : la suavité du millésime 2007 se retrouve dans cette cuvée tendre qui possède de la densité et du gras. Moins frais que l’Altenbourg 2008 c’est un vin délicat parfait sur un munster affiné. Très Bien

Riesling Grand Cru Schlossberg Cuvée Sainte Catherine 2005 – Domaine Weinbach : discret au nez, fin et dense en bouche, c’est un cuvée de belle maturité qui évolue bien. Excellent

Riesling Grand Cru Schlossberg Cuvée Sainte Catherine 2002 – Domaine Weinbach : ouvert aromatiquement et marquée par une légère évolution qui lui apporte de la complexité, c’est un vin tender et beurré en bouche relevé par une acidité fine. La pourriture noble apporte une touche de gras très appréciable, qui donne un charme fou au vin. Excellent

Gewurztraminer Altenbourg Sélection de Grains Nobles 2002 – Domaine Weinbach : le fruité de l’abricot mûr, la profondeur de l’Altenbourg et une liqueur parfaitement fondu font de cette cuvée un vin parfait pour accompagner des fromages affinés mais aussi un dessert. Superbe à boire jeune, le vin est parti pour un long vieillissement. Excellent

Riesling Grand Cru Schlossberg Sélection de Grains Nobles 2004 – Domaine Weinbach : les arômes de fraise des bois et d’agrumes confits laissent place à une bouche cristalline, à la liqueur présente mais bien intégrée. Belle salinité et grande longueur pour ce vin d’exception. Excellent

Imagine 2007 – Jean-Marie Haag : un assemblage de plusieurs cépages  vinifié sec, fruité au nez et gras en bouche avec une acidité fine. Plaisant à boire. Bien

Riesling Grand Cru Rangen 2005 – Wolfberger : première cuvée de riesling produite sur le cru par la maison d’Eguisheim, le vin est racé mais manque d’harmonie : le nez reste discret, la bouche est ample, ronde avec une acidité forte, finissant sur une légère minéralité. Assez brut de décoffrage à ce stade, espérons que quelques années de garde supplémentaire lui apporteront un peu plus de finesse. Bien

Arbois Tradition Château Béthanie 2002 – Fruitière Viticole d’Arbois : les fleurs jaunes et une note de curry dessinent un nez élégant, qui prend même des notes fruitées à l’aération. La bouche est tendre, légère avec du gras, finissant sur une touche légère de goût de jaune. Un vin facile à boire, même pour ceux qui n’apprécient pas trop le vin jaune. Bien

Arbois Vin Jaune 1999 – Morel-Thibaut : un vin jaune légèrement oxydé, moyennement corsé en bouche avec une belle finale aromatique. L’ensemble manque de pureté et de gras pour faire partie des meilleures cuvées produites en 1999, mais le vin se boit assez facilement. Bien

Macvin du Jura - Elisabeth et Bernard Clerc : un macvin puissant au nez de gentiane, riche en bouche avec de l’amertume en finale. Très apéritif si servi frais, mais un peu trop rustique sinon. Bien

Saint Chinian Les Terrasses Grillées 1998 – G. Moulinier : un grand rouge du Languedoc, à carafer pour faire passer les traces de réduction. S’ouvre ensuite un florilège d’live, d’épices, de fumée laissant place  une bouche ample, très pure, et de grande concentration. L’équilibre est magistral pour cette cuvée  bien née, qui vieillit admirablement bien. Très Bien

Sancerre La Châtelaine 2002 – Joseph Mellot : un vin décevant, encore frais et acidulé mais manquant de maturité, l’élevage sous bois discret n’arrivant pas à apporter le gras nécessaire pour que cette cuvée soit grande. Bof

Sylvaner Zellberg Vieilles Vignes 2005 – Armand Landmann : un sylvaner très mur au nez de fruits compotés, de miel avec un ointe fumée, tendre en bouche avec une acidité fine. Les 14 g/l de sucre résiduel sont encore perceptibles mais quelques années de garde l‘ont rendu plus équilibré. Bien

Pinot Gris Grand Cru Kitterlé 1998 – Domaines Schlumberger :  un vin surmuri au nez de fruits à noyau et de miel surmonté de notes fumées, au moelleux fondu en bouche avec une texture fine de bonne pureté qui laisse apparaître une légère salinité en finale. Une demi-bouteille qui a bien évolué mais qu’il faudra finir rapidement compte tenu de l’état du bouchon. Très Bien

Quatre Bourgogne 97 dégustés à l’aveugle ont montré que le terroir et l’élevage sont deux dimensions complémentaires du vin.

Pommard les Noizons 1997 – Jean-Luc Joillot : un vin d’une belle jeunesse aromatique sur la cerise noire, charnu et tendre en bouche avec un boisé bien intégré. Une vieille vigne qui donne toujours un vin concentré, qui évolue très bien. Probablement un des meilleurs rapports qualité prix du secteur pour une cuvée très régulière. Très Bien

Blagny 1er Cru La Pièce sous le bois 1997 – Joseph Matrot : Un vin à maturité, élégant au nez avec de fines notes d’épices et de cerise noire, tendre en bouche avec beaucoup d’élégance. Un vin parfait à boire dès à présent. Très Bien.

Gevrey-Chambertin 1er Cru Craipillots 1997 – Confuron-Cotetidot : la robe est assez terne, le nez est marqué par de l’acidité volatile, puis par des arômes fumés et épicés, avec une note de chou peu avenante. La bouche est riche, de bonne concentration, mais reste rustique avec des tanins durs. Compte tenu du mauvais état du bouchon, est-ce un problème de bouteille ?

Chambertin Clos de Bèze 1997 – Domaine Thomas : un vin coloré au nez qui demande de l’air pour s’ouvrir sur les fruits cuits, puissant et concentré en bouche avec une belle trame tannique qui demande encore du temps pour se fondre. Ce n’est pas le vin le plus fin de la série, mais il vieillira bien et il faudra la consommer à sa maturité idéale, dans 5-10 ans. Bien

Volnay 1er Cru Santenots 1996 – Joseph Matrot : un volnay magnifique qui a conservé un joli fruité sur le mûre et le cassis, riche et dense en bouche avec des tanins frais et l’acidité du millésime qui lui donne du tonus. Facile  boire après un peu d’aération, c’est un vin à point qui se gardera encore. Très Bien

Cotes du Rhône rouge 2005 – E. Guigal : un millésime très réussi qui arrive doucement à maturité, le fruité se montrant ample à ce stade avec des tanins présents qui gagnent en équilibre. Très Bien

Crémant d’Alsace Sub Rosa 2004 – Cave de Beblenheim :  belle évolution pour ce crémant d’Alsace à maturité, à la bulle fine et au nez floral, dense en bouche avec une mousse compacte et une longue finale sur les fruits acidulés frais. Très Bien

Vin de Savoie Cru Cruet Vieilles Vignes 2005 – Domaine de l’Idylle : un vin à base de jacquère parfaitement vinifié sec, élevé en fût pour lui donner du gras sans apporter de notes boisées. Les arômes de fleurs et d’anis prennent une note de fruits à chair blanche, et la bouche se montre pure, équilibrée avec une harmonie entre le gras et la fraîcheur. Seul bémol, le bouchage synthétique apporte une légère note de plastique en finale, et laisse présager une évolution rapide du vin qui autrement aurait encore supporté plusieurs années de garde. Une cuvée à boire, mais qui en a encore en cave ? Très Bien

Thierry Meyer

Pour connaître la signification des appréciations (Bien, Très Bien...) et des notes chiffrées, cliquer ici